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Floriane et Isidore (petit conte)

C’était un dimanche de pentecôte en cette deuxième année de Valéry Giscard d’Estaing président de la République Française élu avec 50,8 % le 20 mai 1974…

Il y avait alors le « lundi de pentecôte » assurant ainsi un « long week end » aux travailleurs de notre « beau pays de France »…

Ce « lundi de pentecôte qu’à la suite de la canicule de 2003 – qui fit 15 000 morts parmi les « vieux », le « papa Raffarin supprima (mesure appliquée en 2005) afin de doter désormais les « vieux » de l’équivalent du produit d’une journée de salaire à titre d’aide et d’assistance à la « grande vieillesse »…

En ce très beau dimanche de pentecôte donc, par un ciel d’un bleu absolu et par une températre estivale, Isidore et Floriane, un jeune couple à peine depuis un an marié, demeurant dans une cité HLM du gros bourg de Rambervillers dans les Vosges, avait invité pour ce « week end prolongé » leurs jeunes amis, un couple lui aussi de jeunes mariés, avec leur bébé, Pierre et Isabelle « la trentaine chic et classe » toux deux venus de Metz…

Ce fut durant deux jours un « grand moment d’amitié, de convivialité, de conversation tout autre que celle portant sur des « bintzeries quotidiennes » - ou sur les voitures, les matches de foot, la vie chère, etc. …

À cette époque Isidore, en bon guitariste qu’il était, et compositeur de ses textes, depuis son adolescence, n’avait pas certes, un « grand auditoire » mais il était reconnu dans sa famille et par quelques connaisances et amis autour de lui… Et bien sûr il n’avait point manqué de produire, en soirée du samedi dans le salon de l’appartement, quelques unes de ses compositions devant ses amis Pierre et Isabelle… Et « l’on s’était couché fort avant dans la nuit »…

Il faut dire qu’en vérité, Isabelle mariée à Pierre récemment, était l’amie de longue date de Floriane, du temps où l’une et l’autre, Isabelle et Floriane, partageaient ensemble une chambre d’étudiant à la « cité U » de Nancy…

Isidore avait dit à sa jeune femme « tes amis, ils sont vraiment très chic, je les apprécie beaucoup »…

Après le temps de la « cité U », chacune étant « entré dans la vie active », Floriane et Isabelle avait correspondu par lettres – à chaque fois d’au moins 4 ou 5 pages d’une « belle écriture au stylo plume » et sur du papier bleu… (à cette époque là on était encore très loin des « mails » et des « SMS » par téléphone portable) – d’ailleurs quand on se téléphonait c’était de la « téléphonite » (rire)…

 

Nous sommes en l’« an de grâce » 2026…

Cinquante années ont passé depuis ce « très beau dimanche de pentecôte de la deuxième année de Valéry Giscard d’Estaing…

Floriane et Isidore demeurent à Talence en Gironde en pleine périphérie bordelaise…

Une fois, une seule fois – c’était il y a 25 ans, peut-être en 2000 ou 2001- sur l’insistance d’Isidore, Floriane, n’ayant depuis plus de 20 ans, aucune nouvelle de Pierre et d’Isabelle, se décida à écrire une lettre à Isabelle… Qui répondit peu de temps après pour dire ce que l’un et l’autre Pierre et Isabelle, étaient devenus… « Quelques malheurs... »… Ils demeuraient encore à Metz… L’écriture d’Isabelle n’avait point changé : toujours aussi belle, aussi féminine, au stylo plume et… même papier bleu…

Les années Chirac – UMP, puis les années Sarkosy, Hollande, Macron… Les années d’abord des modem pour l’internet, puis des « box » à partir de 2008, et à présent de « Chat Box » et de l’« IA »… Et d’Instagram, de Tik-Tok…

Isidore depuis plus de 15 ans, il est sur Youtube 1243 abonnés, il est sur Facebook 464 « amis », il tient un blog 200 à 300 visites par jour en moyenne…

Là où il habite à Talence, de temps à autre quelqu’un lui dit qu’il a entendu – et écouté- un de ses textes…

Il a « imaginé », Isidore, qu’un jour ou l’autre, à Metz… Que « peut-être » Isabelle et Pierre les amis perdus de vue et de contact… « D’aventure » tomberaient sur l’une de ses productions sur Youtube, ou un « post » de sa page Facebook – ou de son blog…

 

La visibilité, la notoriété, le fait d’avoir « mille et mille abonnés et suiveurs si ça se trouve »… Ce n’est pas forcément en rapport avec le fait de vouloir par orgueil, par ambition, édifier une stature de sa propre personne…

C’est « peut-être » un moyen de « conjurer » cette « solitude en soi », ce « tout seul dans sa peau jusqu’à la fin de ses jours » qui nous suit du jour même de notre naissance jusqu’à l’heure du « grand saut dans une éternité qui n’existe pas ou qui n’existe que provisiorement »…

Au travers de « c’est comme ça pour moi »… C’est « comment pour toi »… Et « si nos bulles ne peuvent n’en faire qu’une autrement que par les mêmes choses que l’on retrouve dedans mais enfermées les unes dans ta bulle, les autres la bulle de toi, toutes mêmes qu’elles sont les choses à l’intérieur … Est-ce que les bulles peuvent au moins se toucher (et parfois s’étreindre) ? Et est-ce que c’est pas « se toucher » (et encore mieux s’étreindre ») qui, en quelque sorte, fait « comme un doigt d’honneur » à « tout seul dans ta peau jusqu’à la fin de tes jours » ? …

 

 

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