
… La population humaine sur Terre était, en 1871, de un milliard et trois cent millions de personnes…
En dépit des progrès de la science, de la technologie, de la médecine, de l’évolution des modes de vie ; et en dépit, aussi, du fait que davantage, bien davantage de personnes aujourd’hui, qu’en 1871, ont accès aux biens de consommation – dont les produits alimentaires en particulier – il n’en demeure pas moins vrai, pas moins réel, qu’avec un peu plus de huit milliards d’humains sur Terre, forcément, les gens sans asile, sans vêtements, sans pain, vraiment miséreux… Sont plus nombreux aujourd’hui en 2026, qu’ils ne l’étaient en 1871…
En face de cette très grande misère – d’aujourd’hui d’environ deux milliards de personnes- si l’on « compare » les millions de gens qui en 1871 dépensaient en turpitudes et possédaient à eux seuls 90 % des richesses de la planète, avec les quatre vingt millions les plus riches d’aujourd’hui…
La différence – en moyens de réduire la grande misère – est bien plus évidente aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1871 : en effet, en 1871, proportionnellement à la population de l’époque il aurait été plus difficile de réduire la grande misère… Et sans doute de ce fait, les riches de 1871, confortés qu’ils étaient dans l’idée que « partager n’aurait pas suffi », étaient-ils si accrochés à leur argent, à leurs privilèges… Et si ennemis du partage…
Mais en 2026, les riches étant cent fois plus riches qu’en 1871, l’idée que le partage pourrait peut-être suffire en 2026 indispose bien plus les riches d’aujourd’hui, qu’il ne les indisposait en 1871.
Habitants des campagnes – ou plus communément habitants des « campagnes urbanisées » - avez-vous vu autour de vous, de ci de là, ces couples de retraités passionnés de jardinage, entretenant dans leur jardin un carré de douze, quinze énormes potirons alors qu’ils ne sont que deux dans la maison, leurs enfants à mille kilomètres ne venant les voir qu’une fois par an ; pas spécialement diserts et conviviaux avec leurs proches voisins… Mais néanmoins « très fiers de leurs gros potirons » et peu désireux de les distribuer autour d’eux et vous déclarant si vous vous risquez à une critique à leur égard : « Au restaurant du cœur ils n’en voudraient même pas ! »