… Dans un monde qui, depuis un an ou deux en gros, est en pleine mutation de hautes technologies et d’intelligence artificielle, de robotique, de numérique, d’automatismes, de toutes sortes de machines et d’appareillages – tels que par exemple les drones – qui mettent les gens devenus des « individus » et la société toute entière « sous contrôle », tout cela dans une nouvelle forme de totalitarisme, de dépendances et de conditionnements…
Et dans cette mutation qui s’opère sur le mode accéléré d’ une évolution et d’ un développement aussi rapide que généralisé…
Quelle va être désormais, dans les années qui viennent, tout au long du 21 ème siècle, la place du penseur, du poète, de l’écrivain, de l’intellectuel, de l’artiste… Dans « ce monde là » ?
Que vaudront un Baccalauréat des lycées, un « cursus » de formation tout d’abord d’école élémentaire, puis de collège puis de lycée, ensuite de formation universitaire, de grandes écoles d’ingénieurs ?
Et, ces gens de télévision, chroniqueurs, journalistes, meneurs de débats, présentateurs d’émissions de spectacle, de divertissements… Dans « ce monde là » qui, quels personnages en tant qu’humains (ce qu’il demeurera d’humain en eux) seront-ils ?
Que vaudra tout ce que l’on verra – ce que l’on voit déjà d’ailleurs – sur l’écran d’un smartphone, d’une tablette, d’un ordinateur (l’on imagine même que l’écran à cristaux liquides tel que celui que l’on connaît aujourd’hui, sera remplacé par une image en 3 dimensions, holographique et comme « suspendue dans l’air ambiant au dessus ou à côté d’un « appareil » tenant dans le creux de la main, voire fixé autour du poignet ou au bout d’un doigt – pourquoi pas dans l’œil- et avec non plus un clavier mais une transmission vocale voire par la pensée)…
Que vaudra donc ce que l’on verra ainsi d’un « contenu » produit et diffusé, d’un contenu d’image, de photo, de clip vidéo, généré par de l’intelligence artificielle en fonction de l’effet que l’on cherche à produire auprès de ses « amis » ou « followers » ?
Quel sera le sens du contenu ? Quelle sera la finalité ou le but de ce contenu ?
Ne sera-ce point tel un flash qui s’imprime sur la rétine quand on ferme les yeux, et disparaît, suivi d’un autre flash et ainsi de suite ?…
Que restera – t – il de la pensée vraie en soi, de la capacité de réflexion, d’analyse, de mémorisation, de choix, de la possibilité de résister, de « faire, dire, se comporter autrement »… Dans « ce monde là » ?
Dans les temps anciens – des civilisations qui nous ont précédé ( Égéenne, puis grecque, puis romaine) ; dans le temps des sociétés qui étaient celles des guildes marchandes des 17ème et 18 ème siècle en Europe autour des cités portuaires ; dans le temps des dominations par les rois, par les princes, par les grands bougeois et grands propriétaires terriens, des capitaines d’industrie et des familles régnantes… Dans « ces temps là » pouvait exister une résistance à la domination, certes très souvent empêchée cette résistance, mais existant tout de même…
Or, dans la nouvelle domination qui s’opère et s’accélère, celle des hautes technologies, de l’intelligence artificielle, de la robotique, des drones, du numérique, des outils et appareils de contrôle des « individus » et de la société…
… Quelle résistance ? Quel choix ?