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Journal

  • 37 ème édition du Festival International de Géographie à Saint-Dié dans les Vosges

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    … Sur le thème «  paysage » avec pour pays invités la Roumanie et la Bulgarie, deux états de l’Union Européenne séparés par le fleuve Danube qui, au temps des Gravettiens et des Solutréens ( des Sapiens comme nous aujourd’hui) au Paléolithique Supérieur, soit entre -35 000 et – 22000, était appelé « La Grande Rivière Mère »…

    En cette fin d’été et de début d’automne 2026, après plusieurs mois de sécheresse et de canicules à répétition de la mi mai jusque fin septembre, ce fleuve qui traverse le continent Européen en longueur depuis le massif de la Forêt Noire en Allemagne du Sud Ouest jusqu’à la mer Noire, se trouve à son plus bas niveau, ce qui devient gênant pour la navigation et a un impact sur le transport, sur l’économie Européenne et au-delà dans le monde…

     

    Une conférence en particulier, animée par le géographe Pascal Clerc, lauréat du Prix du Livre de Géographie 2026 ; « Se perdre », pose cette question de la disparition des repères urbains tels que nous les avons connus avant l’uniformisation des paysages urbains – non seulement des villes mais aussi des villages en France et en Europe et dans le monde…

    Pascal Clerc également dans cette conférence, met en évidence l’uniformisation excessive et accélérée au-delà des villes et des villages – ce qui est encore plus préoccupant- des paysages… Rejoignant ainsi l’ « éthique camusienne de la mesure » qui, en géographie, invite l’Homme (l’humain) à nouer une relation équilibrée, réfléchie et responsable – et sensorielle aussi- avec le territoire (son environnement)…

    Le rond-point Albert Camus avec son bassin, à Saint-Dié, s’inscrit, lui, dans une géographie urbaine celle là « bien pensée », et qui « tranche » avec cette uniformisation et avec ces aménagements et architectures 21 ème siècle que l’on retrouve partout en France, en Europe et dans le monde…

     

    Les paysages tels qu’ils sont par eux-mêmes et évoluent naturellement dans le temps, d’une part ; et tels que l’activité humaine les fait devenir, d’autre part… Nous racontent mieux le monde que ne le fait l’Histoire écrite par les historiens et par les auteurs des romans historiques…

    Les paysages, de tout ce dont ils sont faits – de terre, de pierre, de plaines, de montagnes, de plantes, d’arbres, d’êtres vivants et donc d’humains, d’étendues d’eau… Avec les êtres vivants qui habitent les paysages…

    Ne sont jamais, n’ont jamais été, ne seront jamais, comme l’humain – le Sapiens- « dans l’anthropocentrisme » c’est à dire dans la comparaison et dans le référencement « en rapport avec l’Homme (l’humain) » qui lui, est le seul être vivant sur la planète Terre à « tout voir, tout comparer, tout ramener à lui – entre autre à comparer intelligence par intelligence de chaque être vivant… Alors qu’il n’y a aucune, absolument aucune « hiérarchie des intelligences »… (Il n’y a que des différences, et avec les différences, la diversité)…

     

    Et, en ce qui concerne tout ce que nous avons découvert ( par la connaissance scientifique et par les travaux de recherche), nous nous fondons sur des traces (des objets en général en pierre ou en des matériaux « qui durent »), des ossements, des fresques, des peintures, des gravures… Mais ces traces, aussi nombreuses soient-elles, de matériaux – pierre, ossements – qui durent… Ne représentent qu’une « infime partie » de toutes les traces que l’on n’a pas encore trouvées (et que l’on ne trouvera sans doute jamais)…

    Et pour « arranger les choses », les traces on ne sait pas forcément les lire, alors on les interprète…

    Parce que pour les lire les traces, il faudrait retrouver tout l’« historique » détaillé, complet, tout le pourquoi et le comment de ce qui a fait la trace de ce qui a été en un temps très éloigné du nôtre…

     

    En 2027 le thème sera « consommer » et le pays invité le Canada… Et… En 2100, « on verra »…

     

     

  • Le sens premier d'un mot

    … Ainsi donc le prochain thème annoncé pour 2027 à la séance de clôture du Festival de Géographie sera « Consommer »…

     

    Je m’interroge sur ce terme « consommer » qui, « à priori » ne me semble pas en rapport avec la géographie…

    À moins de parler de « géographie de l’humain » … Auquel cas la consommation « en général » fait partie des habitudes – et des activités- des humains ; et en ce sens « procède » d’une « géographie de l’humain ( de ce qu’est l’humain – de ses comportements, de la manière dont il établit une relation avec son environnement et avec ses semblables)…

     

    « Consommer » dans son sens premier, c’est absorber des aliments (se nourrir) et donc, les acheter, se les procurer, ces aliments – de la viande, des légumes, des céréales, des fruits, tout ce que l’on trouve dans les magasins, les supermarchés, sur les étals des marchés de quartier, de village…

    « Consommer » c’est aussi consommer de l’énergie – de l’électricité, du gaz, de l’essence, de l’eau…

    « Consommer » c’est encore, « par proche extension » du « sens premier » de consommation, utiliser, avoir recours à un service (un service « marchand ») ; c’est aussi acheter ou se procurer des vêtements pour s’habiller, des appareils dont on a besoin, ou des objets de décoration ou d’usage courant; des outils, etc. …

     

    Alors oui, tout cela procède de la « géographie humaine »…

     

    … Pour en revenir au « sens des mots », il est clair que de nos jours, l’on donne aux mots un sens élargi qui les dénature et dont on leur fait prendre un autre sens parfois… Et que  parallèlement à une géographie de humain, s’établit une « géographie du langage » (laquelle « géographie du langage » induit une « géographie des comportements, des habitudes (habitudes de consommation notamment)…

     

    Et nous sommes dans un « Ordre du monde » - de dominations ( par les technologies du numérique, de l’intelligence artificielle, des logiciels et des applications sur smartphone, par la « mise en conditionnement », par l’uniformisation – et jusque dans l’incitation forcée)… Qui s’empare de cette « géographie des comportements et des habitudes » ( et à cette fin s’empare de la « géographie du langage, faisant en sorte que le langage soit délité, galvaudé, « lissé » ) - et cela dans le dessein de renforcer, de pérenniser, la domination exercée par une minorité de décideurs, de détenteurs de pouvoir et d’argent…

     

     

  • Une trace "c'est une trace" !

    … L’on ne sait pas forcément la « lire », la trace ; et donc l’on peut « interpréter »… Mais « une trace » c’est du réel, du concret, et « ça ne s’invente pas » - quoique l’on puisse faire de « fausses traces » pour « prouver que… »

    Au vu et au su des toutes dernières découvertes scientifiques, notamment celles d’archéologues, de paléontologues anthropologistes ; j’ai de plus en plus de mal avec le « récit » qui est fait, de l’origine de l’Homme et du monde, par les religions, ce « récit » biblique, coranique ou autre…

    Et de même je n’accrédite pas non plus toutes ces « légendes » qui « racontent » l’origine du monde, transmises de génération en génération et faisant l’objet, elles aussi ces « légendes » d’un « récit »…

     

     

  • Comme cela s'est passé, ou comme cela aurait pu être ?

    … Aurais-tu pu être un autre personnage que celui que tu es toute ta vie durant c’est à dire tout autre qu’un personnage d’écriture sur la Toile ?

    Avoir eu à tes côtés toute ta vie durant depuis que tu es marié, une autre femme – ou un autre homme ?

    Avoir eu durant les quarantes années de ta vie active, une autre profession que celle que tu as exercée ?

    Un « parcours de vie » - famille, environnement social, métier, aspirations, réalisations, rencontres – différent de celui que tu as eu ?

    Ce que l’on appelle « prédestination » n’est-ce point une « pure vue de l’esprit » ? Une « non-réalité » comme « instituée » réalité (réalité découlant d’une « logique d’enchaînement-entraînement de situations, d’événements « qui font que... ») ?

     

    Ainsi, dans un conte (une histoire) que j’ai imaginé « Paris-Colmar » ( texte dont j’ai réalisé une version audible avec ma voix), vers la fin du texte je présente deux « voies » (destins) différents : l’une réelle « comme ça s’est vraiment passé » et l’autre fictive « comme cela aurait pu être »…

     

    Le « comme ça s’est réellement passé », il est ce qu’il est avec ses aléas, son pire et son meilleur, tout cela d’une seule et unique fois et qui est « ton histoire à nulle autre pareille autour de toi, des autres »…

     

    Dans le « comme cela aurait pu être » s’il avait été, tu serais peut-être mort depuis pas mal d’années… Ou être une vedette sur Youtube ou sur un réseau social, ou encore un grand écrivain reconnu dont les ouvrages sont publiés par centaines de milliers d’exemplaires… Ou cocufié bafoué par ton conjoint… Ou dans un fauteuil roulant… Ou « héros du jour » d’un Toro-piscine à Saint Julien en Born dans les Landes au mois d’août… Ou lauréat d’un concours Lépine… Ou caissier dans un supermarché… Ou l’un des rares « recalés au Bac »…

     

    Ce qu’il y a de sûr c’est que le « comme ça s’est réellement passé » et le « comme cela aurait pu être » se rejoignent « comme dans la chevelure d’une comète dont le sillage n’est visible à l’œil humain qu’un bref instant… Mais ne cesse de suivre sa trajectoire orbitale durant un temps indéfini »…

     

     

  • Y-a-t-il une mécanique de la violence ?

    … S’il y en a une – et il y en a vraiment une – elle est, la violence d’une mécanique, très complexe :

     

    Par exemple, si, en tant que « personnage d’un certain niveau de culture, ayant acquis des savoirs, des connaissances, et homme ou femme de réflexion, de pensée »… Tu ne sais pas résoudre une équation du second degré, et que dans ta vie au quotidien depuis tes seize ans, cette incapacité qui est la tienne de résoudre une équation du second degré, à aucun moment de ta vie ne te gêne, n’est pour toi un handicap… Ce n’est point pour autant que tu vas agresser, violenter une personne qui elle, sait résoudre une équation du second degré…

     

    En revanche, si, « prenant de l’âge » tu es impacté par une déficience auditive se traduisant par une difficulté de compréhension à l’écoute de l’autre… Que tu te trouves assis dans une cathédrale où se tient une conférence, « pas trop mal placé », muni de prothèses auditives ; le conférencier s’exprimant dans un micro « bien réglé » et que, sur les piliers de la cathédrale, sont installés des haut-parleurs diffusant le son partout… Mais qu’il y a manifestement une résonnance assez forte pour rendre difficilement compréhensive la parole du conférencier, et qu’en conséquence tu ne comprends absolument rien de ce que dit le conférencier… Alors que le monsieur qui est assis à côté de toi, lui, n’ayant pas l’air d’une personne spécialement antipathique, semble parfaitement comprendre et applaudit le conférencier… Quelque chose en toi surgit qui t’incline à de l’agressivité à l’égard de ce monsieur qui a la capacité que tu n’as pas, à comprendre le conférencier…

    « Pourquoi lui il comprend, et moi pas ? » tu te dis… Il y a là « comme une aberration », et de l’inacceptable en somme, d’où ce sentiment d’injustice qui te fait réagir dans l’agressivité, dans la contestation de la capacité de ce monsieur qui lui, perçoit et comprend, «arrive à comprendre en dépit d’une résonance rendant difficile la compréhension de ce qui se dit »…

     

    Dans une manifestation qui « dégénère » dans la violence, un jeune de 16 ans qui n’est pas ordinairement, un « casseur » ni un voyou… Dans une incapacité qui est la sienne d’accéder à ce que l’ordre du monde met en place pour lui (fait l’effort de mettre en place en fonction des moyens dont dispose cet Ordre)… Réagit dans l’agressivité, dans une violence le poussant à détruire, à casser, ce qui matériellement représente ce à quoi il ne peut accéder et qui lui est en fait refusé par un Ordre prétendant le lui offrir…

     

    Car c’est bien là le paradoxe ( l’aberration, l’inpensable) : d’un côté « tout ce qui est fait » (pour ou contre) et qui « devrait » résoudre, remédier – les médiathèques, les écoles et les lycées « de la modernité », les infrasctructures pour le sport, pour la culture – et les personnels formés au service des populations, des jeunes notamment…

    Et d’un autre côté l’impuissance de tout ce qui est mis en place, de tous ces agents formés, de ces éducateurs, de ces initiatives de la « puissance et de l’ordre public »…

     

    En somme « à la base même de la mécanique de la violence » il y a cette « énorme fossé », ce « vide », cette « inadéquation » entre d’une part la « volonté de faire – de faire au mieux – qui émane de l’Ordre (ou de l’Autorité)… Et d’autre part, la réalité sur le terrain, le « dans sa peau dans son ressenti de chacun », toutes les difficultés, tous les manques, tous les besoins, toutes les aspirations qui ne sont « pas prises en compte » ou « repoussés sous le tapis » … Et tous les obstacles, toutes les barrières dont à la base, à l’origine l’on trouve la ségrégation par l’argent, par le fait d’être « mieux né qu’un autre », issu de tel ou tel environnement social, milieu familial… Tout cela dans un contexte de déliquescence de la société… Et de surcroît encore, dans le contexte des dangers qui pèsent sur le monde, la planète, la société, la civilisation humaine, avec les guerres – Ukraine/Russie, Moyen Orient- avec les désastres liés au changement climatique – incendies, inondations, ouragans et pénuries alimentaires, impact sur les approvisionnement, conséquences des sécheresses et des guerres…

     

    Au salon du Livre lors de la 37 ème édition du Festival Internationnal de Géographie de Saint Dié dans les Vosges, figurait cet ouvrage de Magali Reghezza-Zitt, grand témoin de ce FIG 2026 : Bienvenue en 2055 (Le Seuil 2026)…

    Ce monde « possible », donc, de 2055, complètement décarbonné et – si l’on veut- « meilleur » (avec des technologies « adaptées » et de « nouveaux modes de vie plus éco-responsables ») … L’auteur le reconnaît elle-même « il n’existera peut-être jamais »… Du fait que pour qu’il soit, ce monde, cela implique que la société actuelle dans laquelle on vit, cesse de se déliter dans la violence, dans l’individualisme exacerbé, dans la décomposition de ses « tissus et structures » : famille, éducation, état, institutions, autorité ( confondue ou remplacée par la domination)…