… Le désespoir est comme une maladie très contagieuse qui se transmet aussi rapidement que directement, aussi bien de proche que de loin.
En s’insinuant comme il le fait, le désespoir, dans nos esprits déjà bien tourmentés, devient dangereux en ce sens qu’il nous incite à réagir dans la violence.
En face d’un néant qui est le fond du tableau et va jusqu’à l’effacement de ce qui demeure encore visible, il ne reste plus que le heurt qui détruit, qui brûle, qui agresse, qui violente ; il ne reste plus que la tentation de ce heurt ; et la tentation même de ce heurt, commence par l’acceptation de ce heurt, puis gagne peu à peu l’ensemble du « corps social » - à l’exception des « plus raisonnables » et des « moins enclins » à la violence…
Les bibliothèques, les offices du tourisme, les boutiques, les mairies et les préfectures, le mobilier urbain, les écoles… Saccagés… C’est l’expression du désespoir – mais d’un désespoir pour ainsi dire inconscient, parce que détruire, casser, brûler… N’ a rien d’un acte réfléchi, d’un acte « dans le but de… » (ou « dans le but de remplacer par quelque chose d’autre de différent et de sensé être mieux)…
Et il a en France ce paradoxe « incroyable mais vrai , et totalement absurde » : d’un côté on a vu 800 000 personnes entre la place de la Concorde et l’Arc de triomphe place d’ l’Etoile pour écouter le message du pape Léon XIV ; et d’un autre côté on a vu les 17 et 18 octobre derniers, plus de 3000 commerces pillés, une mairie brûlée, et des violences urbaines d’un niveau encore jamais atteint dans notre pays ces 50 dernières années…
Et le paradoxe c’est aussi tout ce qui suscite de la contestation, du refus, de l’opposition, des choix que nous faisons dans nos habitudes et modes de consommation, mais en face, omni présent et omni dominant, dont on jouit, dont on profite, accros et conditionnés que nous sommes…
C’est « à n’y rien comprendre » !