compteur

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Cinéma et télé - Page 2

  • Louise Violet, film de Eric Besnard

    Louise Violet.jpg

    Sorti le 6 novembre 2024, drame historique, film réalisé par Eric Besnard, avec Alexandra Lamy, Grégory Gadebois, Jérôme Kircher

     

    Dans la « France profonde – et campagnarde » de 1889, huit ans après la Loi de Jules Ferry (1881) imposant partout en France l’école publique, républicaine, gratuite, laïque et obligatoire ; il est certain que, dans de nombreux bourgs et villages des campagnes et selon les régions de notre pays, il n’existait pas encore en 1889, de locaux adaptés, ni de « matériel scolaire »…

     

    Louise Violet qui « débarque » dans le village se voit attribuer par le Maire une grange dans un bâtiment de ferme, qui sert à la fois de logement pour l’institutrice et de salle de classe pour les élèves…

     

    Le décor, l’atmosphère, l’environnement… Ainsi que l’accueil fait par les gens du village (froid, indifférent, hostile) à Louise, cette Parisienne rescapée de la Commune de 1871 (et qui avait été emprisonnée, prise sur les barricades) sont d’un réalisme cru et dur, à la mesure exacte de ce qu’était la France rurale et sociale de 1889… Un réalisme qui, à nos yeux de citoyens Français de 2024, nous paraît « exagéré » et « non crédible »… Mais c’était cependant la vérité de l’époque où dans les campagnes – et même dans les villes – régnaient obscurantisme, ignorance, supersticions et religion rythmant la vie quotidienne du pays…

     

    Rappelons que, dans la France d’alors, en 1889, pour des millions de gens de tous milieux sociaux, la Commune de 1871 « n’avait pas bonne presse » et que l’on disait « La Commune ç’a a été un ramassis de voyous, d’alcooliques, de feignants » … Et qu’en est-il, d’ailleurs, du jugement sur la Commune, de nos jours ?…

     

    À notre époque, du numérique, de l’internet, de l’Intelligence Artificielle, des Facs, des Grandes Ecoles, de l’info accessible à tous et instantanée, de tous ces équipements et appareils technologiques hyper sophistiqués, de toutes ces applis sur smartphone, de la bagnole, du TGV, de l’avion, des autoroutes et des Grandes Surfaces commerciales, de milliers de bouquins, des télés, des magazines, d’un mode de vie au quotidien de robotique, de domotique… Les obscurantismes, l’ignorance, les croyances empiriques, les préjugés, les modèles proposés, les clivages, les haines, les violences, les exclusions et rejets… Tout cela en vérité est à deux pas de nous, nous talonne, nous ratrappe…

    Et les ordres dominants avec leurs codes, leurs procédures, leurs principes, leur formatage, leur manière de gérer et de niveler la société… Portails électroniques et programmés de contrôle, caméras de vidéosurveillance, profils algorythmés… Tout cela nous écrase, nous conditionne…

    Et le pire dans tout ça, c’est que l’École est bien plus celle des Ordres dominants, que celle de la transmission des savoirs, de la liberté de penser et de réfléchir par soi-même !

     

     

     

  • "Tout simplement noir", film de Jean Pascal Zadi et John Wax

    ... Sur ARTE mercredi 11 septembre 2024, sorti en salle en 2020

     

    Noir.jpg

    Une narration saccadée, rapide ; un dénouement limité – qui n’est pas tout à fait celui auquel on aurait pu croire…

    Et, au-delà de ce que l’on voit dans le film, du début jusqu’à la fin, se dégage – si l’on peut dire – une « poésie populaire » assez proche de ce que produisent dans leurs textes, les rappeurs…

    Ce film fait ressortir ce qu’il y a de vain et de polémique dans les débats et les échanges au sujet des communautarismes.

    Nous sommes dans une société qui évolue peu dans ses conflits sociaux, dans les opinions véhiculées, dans les comportements des uns et des autres en grande partie conditionnés dans un « ordre de culture » où dominent les préjugés et les effets d’image.

    Faire vivre ses valeurs et les véhiculer, de nos jours, est difficile, hasardeux, et assez souvent dans la manière de les exprimer, ces valeurs auxquelles l’on croit, « peu heureux » dans la mesure où l’on a tendance à les surestimer…

     

    Le film m’a « amusé »… Mais « pas trop convaincu »…

     

     

  • Music Box, film de Costa-Gavras, sorti en 1989

    Sur France 5 vendredi 7 juin 2024 à 21h 10, durée 125 minutes. Avec Jessica Lange et Armin Mueller-Stahl.

    Le 20 novembre 1940, le premier ministre du royaume de Hongrie, Pal Teleki, adhère au pacte Tripartite aligné au IIIème Reich d’Hitler. La Hongrie devient donc l’alliée, avec le Japon et l’ Italie, du IIIème Reich Hitlérien.

    Il s’ensuit en Hongrie une politique identique à celle de l’ Allemagne, dans les années 1940 à 1944, pour les Juifs qui sont interpelés, exclus, internés dans des camps et assassinés ; avec le concours d’une partie de la population hongroise, hostile aux Juifs…

    Dénonciations, tortures, meurtres délibérés perpétrés en des lieux publics fréquentés…

    Michel Laszio qui vit aux USA depuis 1945, année où il a quitté la Hongrie, auprès de sa fille Ann, mène une vie aux Etats Unis d’Amérique, de « bon citoyen » … Jusqu’au jour où son passé de criminel en Hongrie au début des années 1940, le rattrape et lui vaut d’être poursuivi par la Justice américaine…

    Sa fille Ann, avocate, se rend en Hongrie et découvre les preuves des crimes commis par son père.

    Par ce film, ce sont tout ce que les collaborateurs en France de Vichy et dans les pays occupés et la Hongrie alliée au Reich Allemand, tout ce que les polices et auxiliaires et dénonciateurs ont commis, qui apparaît… De ces gens qui à l’ époque étaient âgés de 16/17 ans pour les plus jeunes… Et dont certains sont encore vivants en 2024, âgés de 96 à 105 ans (au delà de 105 et à la limite 108/110, ils sont tous morts)…

    « Par extension » on peut dire – et je le dis – que les « collaborateurs » d’ aujourd’hui sont ceux qui adhèrent – délibérément ou tacitement c’est selon – à l’Ordre du monde tel qu’il est avec ses dominants, ses décideurs, ses conglomérats du marché de l’économie mondialisée, ses polices, ses armées, ses gouvernants ; et avec tous les bénéficiaires du « Système » - dont beaucoup sont dotés, outre de baraques et de bagnoles cossues, de biens immobiliers ; de portefeuilles financiers à revenus périodiques.

    Les discriminations, les exclusions, les mauvais traitements, ne font plus – sauf en Russie, en Chine ou dans les pays de dictature – des camps de la mort comme en 1944… Mais ils font des ghettos et des communautarismes, ils font des fanatiques, des crispés, des donneurs de coups de bâton par derrière, – et de « leçons de morale » ; et des êtres humains des individus ou des « variables d’ ajustement » dans le monde du travail… Autrement dit la barbarie s’est « édulcorée corniflardisée olivetroudebalisée » et elle fait « crever à petit feu » des millions de gens…

    Dans les cérémonies commémoratives il n’en est jamais trop question, de la barbarie version 21ème siècle ! En costume cravate… Ou en décontracté à la mode et du grand faiseur !





  • Il faut sauver le soldat Ryan

    Ryan.jpg

    Film de Steven Spielberg, sorti en 1998… Mise en scène d’une histoire vraie, celle des soldats Sullivan et Niland, qui ont réellement existé.

    Les cinq frères Sullivan, lors de la bataille de Guadalcanal dans le Pacifique, sont tués tous en même temps…

    Les parents Niland perdent trois fils, l’un abattu dans le Pacifique en mai 1944, et les deux autres lors du débarquement sur les plages Normandes, le 6 juin 1944… Il leur reste un autre fils, Frederick Niland, que les autorités militaires en haut lieu décident de récupérer vivant…

    Comme on peut le voir (l’ image ci jointe) dans ce film, l’on mesure l’horreur absolue de ce qu’est la guerre, de ce que fait la guerre à des êtres humains… Que ce soient la guerre de cent ans (1346 -1453), la guerre de trente ans (1618-1648), la guerre -sous Louis XIV- européenne ( 1701-1712), la guerre de sept ans (1756-1763) sous Louis XV, les guerres Napoléoniennes (1805-1815), la guerre de 1870, la guerre de 1914 à 1918, la guerre de 1939-1945… Puis enfin – et c’est loin d’être terminé en ce sens que le siècle présent est « prometteur » en perspective d’horreur – la guerre du Vietnam ( 1967-1975) la guerre de Yougoslavie (1995-1998) dans la seconde moitié du 20ème siècle… Et toutes les guerres du 21ème siècle au Moyen Orient, en Afrique, en Ukraine…

    À l’origine de toutes les guerres depuis l’antiquité Gréco Romaine (et avant si l’on remonte encore plus loin) il y a systématiquement, perpétuellement, cette aspiration des dominants, des puissants, des conquérants, avec leur propagande, leurs idéologies, à envahir, à occuper, à éliminer, à massacrer, à réduire en esclavage (dans les temps d’aujourd’hui dans de nouvelles formes d’esclavage)… Et en face de l’attaquant, il y a celui qui se défend, qui résiste… Ce qui implique forcément de la violence qui répond à la violence…

    Le 20ème siècle a inventé la Société des Nations (SDN) puis L’Organisation des Nations Unies (ONU) – avec les « casques bleus » - afin – soit disant- de « moraliser et de règlementer »… On « mesure le résultat » (sans commentaire)…

    Lors des cérémonies en 2024 en Normandie pour célébrer le 80ème anniversaire du débarquement du 6 juin 1944, il a été question de reconstitution des combats tel que cela s’ est passé sur les plages normandes le 6 juin 1944…

    Une reconstitution comme son nom l’indique n’est – et ne sera jamais – qu’une reconstitution aussi proche du réel qu’elle s’efforce d’être ( que l’on lui fait être)… L’on a bien, en 2015 « reconstitué la bataille de Waterloo »…

    Reconstituer c’est une « parodier » le réel… Presque -dirais-je – une « insulte » au réel, à la tragédie du réel… Avec – comme j’ai pu le constater en 1988 en me rendant durant une semaine en Normandie en été – à proximité des plages, bâties sur les hauteurs… De grands hôtels, des casinos – enfin « de tout pour le tourisme autant de luxe que de masse »… Les cimetières sont pas très loin…

    Les cérémonies – toujours grandioses et médiatisées…

    Et la réalité tragique, d’une extrême violence, du monde qui plus que jamais, toujours plus que jamais accru et perpétué, nous rattrape…

    Les Décideurs et les dominants ont fait des êtres humains non plus des personnes humaines ( des femmes, des hommes, des enfants, des familles, des ethnies, des communautés humaines)… Mais des « individus » …

    Et l’« individu » c’est une abstraction, quelque chose qui n’a qu’une réalité virtuelle, une réalité « comptable »… On peut donc assassiner, éliminer, faire disparaître l’individu ( les individus)…

    Mais la bombe qui éclate à 2 mètres elle répand de la cervelle et des viscères par terre… Et ça, c’est de la réalité… De la réalité dont l’ Histoire ( celle de ceux qui écrivent en « arrageant » selon « l’air du temps ») fait de la cervelle et des viscères par terre des « dégâts collatéraux » - sans les montrer dans les détails…

    Le 21ème siècle en « matière d’ évolution de la civilisation » c’est un siècle où en plus de l’hypocrisie telle qu’elle a existé depuis Rome et Carthage – et telle qu’elle s’est accrue aujourd’hui – se sont ajoutés l’abstraction, la virtualité, l’ imagerie fabriquée, tout cela « alchimisé » par la technologie de la communication, de l’instantané, de l’effet produit, de la diffusion à grande échelle…



  • Border Line

    Border Line.jpg

    Film en VO sorti en salle le 1er mai 2024, réalisé par Juan Sebastien Vasquez et Alexandro Rojas, avec pour acteurs Alberto Ammann, Bruna Cusi, Ben Temple et Laura Gomez.

    L’action se passe en 2019 durant le mandat présidentiel aux USA, de Donald Trump axé entre autres sujets sensibles sur une politique d’ immigration restrictive et stigmatisante notamment en ce qui concerne les personnes venues du Mexique, du Vénézuella et autres pays d’ Amérique du Sud…

    Diego et Elena quittent Barcelone pour les États-Unis où ils envisagent de s’installer à Miami. Sauf qu’une fois arrivés sur le sol américain, la police aux frontières les interpelle. Ce qui n’était alors qu’un simple interrogatoire va se transformer petit à petit en un véritable cauchemar éveillé…

    L’ interrogatoire est si stressant que le spectateur se trouve angoissé à chaque instant, et l’on mesure à quel point « venir aux États Unis d’Amérique  actuellement est devenu un parcours du combattant particulièrement éprouvant, dont on ne connaît pas l’ issue mais dont on pense que cette issue sera celle d’une détention à durée indéterminée dans un centre fermé avant d’être reconduit dans le pays d’origine, pays où aucune sécurité n’est garantie, où l’ on peut être tué, torturé et où la vie au quotidien est très précaire, dans une grande pauvreté…

    Le « bienvenu aux États Unis d’Amérique », au final, avec l’apposition du visa officiel, est tout à fait surprenant vu ce qui précède en investigation, contrôle, questions posées, menaces, intrusion dans la vie privée de Diego et d’Elena… Et, d’ une certaine manière traduit bien ce qu’ il y a d’absurde dans ces contrôles à l’ aéroport de La Guardia de New York, et au-delà même de l’absurde, il y a cette face perverse, tout à fait ignominieuse de l’ hypocrisie du « Système » qui consiste à maltraiter selon les méthodes en vigueur ( toutes dans le même ordre) que la technologie investigatrice et intrusive a mis en place pour interdire, limiter, mettre à mal les libertés individuelles, soit-disant pour le bien et pour la sécurité des personnes et en vertu d’ un principe « moralisateur », tout cela avec menaces, isolement, inhumanité… Mais, paradoxalement, au final, laisser entrer des personnes pouvant être suspectées à juste titre en leur faisant ainsi croire en une relative impunité… Et du coup, l’ impunité devient quasiment, hélas, la règle « au bénéfice du doute »…

    On voit bien, aux USA comme en Europe, que la police, les lois, les contrôles, les interpellations notamment avec garde à vue ; que de « nouvelles lois plus sévères et plus restrictives » ne changent pas grand-chose question sécurité des biens et des personnes… Du fait de cette hypocrisie version 21ème siècle sur fond de technologie investigatrice à multiples faces toutes aussi pernicieuses les unes que les autres… (D’ un côté on instaure, on met en place ceci, cela… Mais d’un autre côté on laisse passer… Ou on isole, on enferme, on rejette, on condamne… « Pour l’ exemple » ou dans une prise de décision discutable voire injuste…

    Ainsi va le monde ! (L’ Ordre du monde)…