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En ces années-là, fin du 20 ème siècle

Du temps où j’étais conseiller clientèle à la Poste de Bruyères dans les Vosges, du 2 octobre 1989 au 12 janvier 1999, en ces années là, j’avais pour les deux-tiers de mes « clients » se rendant dans mon bureau ou visités à domicile, des retraités dont les plus âgés avaient 90 ans et plus certains, et les plus « jeunes » on va dire, des « rassis » ayant tout juste cessé leur activité professionnelle…

 

C’étaient ces « rassis » - « jeunes retraités »- qui « me donnaient le plus de fil à retordre » (rire)… Mon rapport avec les « très vieux » était en général meilleur – un peu comme si ces gens là auraient pu être mes grands voire arrière grands parents…

J’avais aussi, cependant, pour un tiers environ, de jeunes personnes – en majorité femmes – et même des très jeunes… Et avec ceux-là en général le « courant de communication » s’établissait « assez facilement » …

 

Les « rassis » quant à eux, étaient « bourrés de certitudes confortables et rassurantes, de genre souvent « assez individualiste », toujours pressés, impatients, parfois arrogants et « donneurs de leçons de morale »… Je les revois encore « tambouriner du bout des doigts » sur le comptoir des deux guichets où « officiaient mes petites fées Marie José et Françoise » (rire)…

 

Ils avaient tous, ces « rassis » de « coquets livrets d’épargne » - livret A, voire B, Codevi… Pleins, et des placements financiers en majorité d’obligations et certains autres « peut-être plus avisés » d’actions avec dividendes annuels…

 

Tout juste en face de la Poste – un grand bâtiment ancienne halle aux grains puis ancien lycée, reconverti en centre postal courrier et guichets ( inauguré et mis en service postal le 11 janvier 1982 et ayant nécéssité à l’époque pour sa rénovation complète plus de 700 000 Francs de travaux durant au moins deux ans) – de l’autre côté de la place Jean Jaurès, se tenait un coiffeur pour hommes ouvrant à 8h sans rendez-vous le mardi…

 

Eh bien, tous les mardis matin dès 7h et demi, l’on pouvait voir « une brochette de cinq ou six retraités » dont certains n’avaient qu’une couronne de cheveux autour de leur tête, casquettés ou non, visages « plus ou moins ravagés mais encore portant beau » (rire), devisant sans doute « patates-salades-le monde qui va mal- la météo » et « faisant le pied de grue » en attendant que le coiffeur ouvre son salon à huit heures tapantes…

 

En 2026, quelque plus de trente ans plus tard, tous ces « très vieux » de l’époque, ainsi d’ailleurs que les « rassis » sont morts… Et « reposent » au cimetière de Bruyères sous de « grands pieux de marbre »…

 

 

 

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