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  • Visage chic

    … Ils ne sont guère communs, ne surgissent dans nos vies le plus souvent, qu’une seule fois dans la durée d’un instant, d’une journée, au mieux un temps assez long, peut-être celui d’une saison, d’un « petit tout de génération », rarement la génération toute entière – une vingtaine d’années…

     

    Ils font ces « visage chic » comme une piqûre d’héroïne direct dans la veine, sans autre effet difficilement soutenable que celui du souvenir qu’ils laissent telle une trace ineffaçable mais à jamais inatteignable, enfuie dans une histoire de nos jours qui s’éteindra l’on ne sait quand ni comment , lorsqu’ils se sont envolés ces visages…

     

    Pour un homme ce sont souvent des visages de femme,  pour une femme ce sont souvent des visages d’homme… quoi que…

     

    Et à chaque fois que se produit ce « miracle » - celui de la vue de l’un des ces « visage chic » , nous vient le vœu que les yeux de ce visage se posent sur les lignes, sur les mots, que l’on écrit ; et à défaut sur ce qui se « lit » dans notre regard… Ce regard « immense livre » s’ouvrant tout entier »…

     

    Un « visage chic » dont on reçoit le regard qui répond à notre regard… «Ça fait comme un p’tit trou dans « tout-seul-dans-sa-peau-jusqu’à la fin d’ses jours » par lequel « lumine » un ailleurs dont on n’a jamais été exclu… Alors que l’on croit toujours en avoir été retranché, de cet ailleurs…

    L’envol de ces visages dans lesquels on aurait aimé se jeter, c’est l’une des choses les plus poignantes qui nous arrivent dans notre vie…

     

    Vous me direz – Et c’est ce que je dis aussi- qu’un seul de ces visages qui, toute notre vie durant, nous accompagne, c’est sans doute ce qu’il y a de mieux et de plus heureux.

    Tout le monde – loin s’en faut- n’a pas cette chance, c’est vrai…

    Mais… « Être tout seul dans sa peau jusqu’à la fin de ses jours » c’est l’être une seule et unique fois dans toute l’éternité, le temps de la traversée de sa vie… Au milieu de visages qui eux, très nombreux, ne nous accompagneront jamais.

    Car « il faudrait » vivre autant de vies qu’il y a de ces « visage chic » et être avec chacun d’entre eux une vie entière…

     

  • Tu es mort ...

    … Mais tu es de ces morts que je ne vénère point… Et « qu’à vrai dire » je « dévénère »…

    Tu étais de 34, quatorze piges de plus que moi ; retraité et ancien contre-maître d’une usine du coin…

    Tu étais « le papa Duveau »…

     

    Du temps où j’étais conseiller clientèle à la Poste de Bruyères, un beau jour tu débarques chez moi sans crier gare, à 7h du soir – j’avais « quelquechose sur le feu » - et, tu commences d’emblée à me passer ce qui ressemblait à un savon – en y mettant tout de même des formes – au sujet d’un « Evolys » à 8 % garanti, que tu avais en partie liquidé et qui t’avait fiscalisé, toi qui « ne payait pas d’impôt »…

    C’est que l’Evolys » là, il était du « petit seuil » - de 50 000- et tu m’avais pas dit qu’à la BNP et à l’Ecureuil, tu avais aussi quelque chose qui s’apparentait à de l’Evolys de la Poste et qu’ainsi en effectuant des retraits partiels, tu avais dépassé les 50 000… D’où l’obligation pour toi de déclarer les intérêts de ton Evolys, et « adieu » le « net d’impôt », du coup, il te fallait payer la taxe d’habitation…

     

    Ce « papa Duveau » il était connu comme « pinailleur » et très procédurier… Je le revois encore, un mercredi jour de marché à Bruyères, passer « fier comme Artaban » dans la rue du Cameroun avec sous le bras, un énorme calendrier de la BNP…

    Furax le « papa Duveau » ! Il « sous-entendait » dans le propos dont il me gratifia vertement, que je devais me débrouiller pour que la Poste l’indemnise !

     

    Il est mort en 2020, l’année du covid… Mais je crois, « d’autre chose que du covid » et 4 ans avant en 2016, il faisait partie de ces gens demeurant dans des maisons anciennes et soumis à l’obligation de devoir mettre aux nouvelles normes en vigueur ses sorties d’eaux usées – plus de 10 000 euros de travaux en grande partie pris en charge, mais pour lui ça devait représenter au moins 2000 euro de dépense…

     

    « Pinailleur », procédurier et « près de ses sous », le « papa Duveau »… (rire)…

     

     

     

    Au « paradu » où il ne fréquente pas - j’imagine - d’autres morts que eux je vénère… Je gage que les calendriers successifs de la BNP qu’au 2 de l’An l’on lui remettait, n’indiquent pour aucun d’entre eux la date du « Jugement dernier » (rire)…