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  • Le premier pas

    Lorsque tu te dis «  ce n’est pas forcément à moi de faire toujours, à chaque fois, dans la relation, le premier pas vers les autres » ; réfléchis à ceci :

     

    Il y a des gens qui font toujours ou très souvent le premier pas vers les autres, parce que c’est dans leur naturel, dans leur tempérament, dans leur caractère…

     

    Il en est d’autres au contraire, qui ne font jamais ou presque jamais, le premier pas… Mais qui ne sont pour autant ni meilleurs ni plus mauvais qu’un autre et qui peuvent même « avoir une belle âme »… C’est dans leur naturel, leur tempérament, leur caractère, de ne pas faire le premier pas vers les autres…

     

    Il y en a quelques uns – peut-être les plus nombreux – qui font une fois, deux fois le premier pas vers les autres, et, constatant que « ça ne répond ou ne réagit pas » ou que « ça réamorce tant soit peu sans vraiment durer ou réexister »… Ne vont plus du tout par la suite, faire une troisième, une quatrième fois le premier pas… Et, en conséquence, la relation se distend et disparaît…

     

    À noter que les gens qui font, naturellement et parce que c’est dans leur tempérament, toujours le premier pas vers les autres ; ne se posent jamais la question de savoir pourquoi, ou dans quel but ils le font, le premier pas : ils le font, c’est tout…

    Et il en est de même pour les gens qui ne font jamais le premier pas vers les autres : ils ne se posent pas la question non plus, ils ne font tout bonnement jamais le premier pas, c’est dans leur naturel, dans leur tempérament…

     

    Si tu te situes dans la catégorie des gens qui font une fois, deux fois – mais pas trois ni quatre fois- le premier pas… Tu ne peux (cela devient d’ailleurs une nécessité) que te faire à l’idée du caractère aléatoire de la relation, si « solide » et « durable » qu’elle t’as paru être durant un certain temps…

     

     

  • Une société de provocation

    Selon Romain Gary qui en 1969 écrivait dans « Chien Blanc » publié par Gallimard en 1970 :

     

    « Cette ruée au pillage est une réponse naturelle d’innombrables consommateurs que la société de provocation incite de toutes les manières à acheter sans leur en donner les moyens. J’appelle "société de provocation" toute société d’abondance et en expansion économique qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu’elle provoque à l’assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu’elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit. »

     

    L’on peut en dire autant de la ruée au pillage qui, 54 ans après des émeutes en 1969 dans une Amérique de l’époque encore blanche et dominante et où dans les bus les Noirs n’avaient pas accès… Soit en 2023 lors des émeutes dans plusieurs grandes et moyennes villes de France à la fin du mois de juin, a vu nombre de vitrines saccagées, commerces et boutiques et Grandes Surfaces vandalisées et pillées… Par des jeunes – et des moins jeunes – quasiment tous exclus de la société de consommation (quoique certains de ces jeunes et moins jeunes soient des voyous, des « casseurs » et acteurs d’une « économie souterraine » -drogue, vols, prostitution, trafics de toutes sortes), agissant en bandes plus ou moins organisées, dominant des quartiers entiers de « cités » et grands ensembles résidentiels en banlieue de grandes villes)…

     

    Les voyous, les perturbateurs, les contestataires, les associaux, les révoltés, les voleurs, les agresseurs, les exclus réagissant par la violence… Ont toujours existé à travers les âges, les époques…

    Mais ce qui est nouveau dans la société d’aujourd’hui, et qui s’accentue et s’étend, notamment et en particulier en ce qui concerne les moins de trente ans d’âge, c’est cet individualisme dépourvu de toute considération voire de respect de l’autre, un individualisme renforcé, soutenu et entretenu dans un système d’économie consumériste de marché qui de surcroît tend à se définir et à se maintenir comme étant du « développement durable et adapté »… Lequel « développement durable » de toute évidence, est loin de profiter à tout le monde – mais devient la préoccupation essentielle des gens bénéficiant de ce « développement durable » à sauvegarder à n’importe quel prix autant dire au détriment de la relation humaine, du rapport à l’autre, du respect, de la considération de l’autre…