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guillotine

  • Un long enfer c'est préférable à la guillotine

    Voici la raison – essentielle et unique – pour laquelle je suis contre la peine de mort :

    Ce n’est pas une question de « morale », ou « parce que c’est barbare » ou encore « parce que la peine de mort est un assassinat légal »…

    Quel que soit le mode de mise à mort – en France c’était la guillotine, en Angleterre la pendaison, aux USA la chambre à gaz ou la chaise électrique, en Espagne le garrot… L’acte qui consiste à mettre fin à la vie d’une personne à l’issue d’un procès d’assises – en général plusieurs mois voire plusieurs années après le jugement- « interrompt le long enfer que vit le criminel, l’assassin, jusqu’à la fin de ses jours »…

    La réalité en effet, c’est que : l’arrestation, la mise en détention, les interrogatoires menés par les gendarmes, par le juge d’instruction, l’opinion publique souvent défavorable à l’accusé, le fait d’être enfermé, d’être soumis aux conditions qui sont celles de la prison… Tout cela ne peut être vécu « avec sérénité » par l’accusé ; et selon le cas, la nature du crime (notamment si c’est un meurtre avec viol d’un enfant, d’une femme) cela peut être « un véritable enfer » pour l’accusé, le criminel, l’assassin… Dans la mesure où ce dernier ne bénéficie d’aucun soutien, d’aucune aide de la part de membres de sa famille, d’ami(e) ou de connaissance, et où il se trouve « seul contre tous » et réprouvé par tous…

    Une « situation » dis- je… Qui devrait à mon sens – ce serait là une « vraie justice – durer le temps de la vie entière du criminel, de l’assassin… Et donc, ne pas être interrompu cet « enfer » - ce « long enfer » - par le couperet de la guillotine, ou par le nœud coulant sui brise les vertèbres cervicales…

    L’introduction dans le code pénal, d’une disposition qui modifie la peine de réclusion criminelle à perpétuité de la manière suivante, devrait être envisagée :

    Isolation absolue – aucune visite de qui que ce soit- du condamné, seul dans une cellule étroite comportant une couchette sommaire, un lavabo, un WC, une petite ouverture découvrant juste un carré de ciel en hauteur, une ration alimentaire journalière « de base », deux sorties de 30 minutes une le matin une le soir dans une cour et sous surveillance… Toute la vie durant (le reste de sa vie) jusqu’à sa mort, du condamné… Cela dis-je, « réservé aux pédophiles assassins »…

    «Il n’y aurait là » dis-je, dans ce « traitement d’enfermement à vie » aucune maltraitance physique puisque pas de coups portés, pas de violence exercée sur la personne physique du condamné ( ainsi l’on reste dans le cadre des Droits Humains et de la conservation dans l’intégrité de la personne humaine physique)…

    « Sauf que »… Pour le criminel, l’assassin, le pédophile assassin en l’occurrence, sa vie serait un « long enfer » n’ayant d’autre fin que la mort naturelle par maladie ou par vieillesse et usure…

    « Il va de soi » que, pour empêcher le suicide, l’écuelle serait en bois et ronde, ainsi que la cuillère et la fourchette – cette dernière aux bouts carrés-, que l’évacuation de l’eau des WC se ferait par appui sur un bouton et non pas en tirant sur une chaîne, que les serviettes de toilette seraient en papier et de dimension réduite, qu’il n’y aurait pas de drap ni de couverture (chauffage en hiver par système d’aération)… Et qu’à limite, le condamné s’il voulait vraiment raccourcir le « long enfer » que serait sa vie en cessant de s’alimenter ; inanimé devenu au bout de trois semaines, alimentation de force par perfusion… De manière à « prolonger le long enfer » un peu plus longtemps que n’aurait pu le prévoir le condamné…

     

  • Robert Badinter

    Lorsque Robert Badinter lors du procès de Patrick Henry s’adressant à chacun des douze jurés, leur a dit « en condamnant Patrick Henry à la peine de mort, vous condamnez un être humain à être coupé en deux », c’est cette formulation « un être humain coupé en deux » qui a impressionné les jurés – dont parmi les douze, deux femmes… De telle sorte que Patrick Henry – comme on disait à l’époque - « a sauvé sa tête » - ou, plus exactement, c’ est Robert Badinter qui a « sauvé sa tête »…

    Depuis 1792 en France, et jusqu’en 1981, un homme ou une femme condamné(e) à la « peine capitale » (la peine de mort pour appeler un chat un chat) était exécuté par décapitation (guillotine à partir de 1792 et avant 1792 à coup de hache, tête posée sur un billot)…

    Si l’exécution en France s’était faite – avant et après 1792 – par pendaison, par étranglement (comme en Espagne avec le garrot), Robert Badinter n’aurait pas pu prononcer devant les jurés lors du procès de Patrick Henry, cette phrase « vous condamnez un être humain à être coupé en deux »…

    Sans doute – on peut le penser – un homme d’une telle dimension d’humanité et d’intelligence et de réflexion, que Robert Badinter, aurait trouvé alors, lors du procès de Patrick Henry, une autre formule ou une autre phrase en rapport avec le mode d’exécution en vigueur des condamnés à mort…

    C’est vrai qu’avec la guillotine, « un homme (ou une femme) coupé en deux » c’est vraiment cela…

    Est-ce qu’un être humain étranglé, vertèbres cervicales brisées net par une corde ou par un garrot ; ou criblé de douze balles de fusil dans la poitrine et dans la tête et dans le ventre… Ça serait « moins impressionnant » qu’un être humain coupé en deux – la tête d’un côté, le corps de l’autre (et avec le sang qui jaillit ) ?

     

    Dans le contexte de drames, de guerres, de conflits, d’enjeux, de violences, de déliquescence de la société, de nouvelles (ou d’intemporelles et donc inchangées) barbaries pratiquées au 21ème siècle « à grande échelle » pour ainsi dire dans les guerres actuelles… La conscience même, intime, profonde, personnelle – ou commune à un ensemble de personnes – de ce qu’est l’ampleur, de ce qu’est la portée des drames, des enjeux, des violences dans le monde d’aujourd’hui… N’est pas – loin s’en faut - « à la hauteur vertigineuse » de tous ces drames, enjeux, violences… L’a -t- elle jamais été d’ailleurs, dans l’Histoire ?

    Car c’est bien cette « conscience même, intime, profonde, aiguë, personnelle et ou commune à un ensemble de personnes » - où que ce soit dans le monde – et quelque que soient la culture, le mode de vie, les croyances d’un peuple – qui peut à elle seule, réduire sinon même faire disparaître l’intemporelle ou la nouvelle barbarie, et donner aux drames, aux enjeux, une dimension différente de ce qu’elle est (soit dans une dimension et dans un principe de relation entre les êtres et les choses, proche de ce que cela doit être à l’échelle de l’Univers – qui existe dans les « sociétés » animales et de forme de vie non humaine)…

    La barbarie, c’est uniquement, proprement ou salement humain… Chez tous les autres êtres vivants, à la place de la barbarie on pourrait dire « il y a que ça fait pas dans la dentelle » …