compteur

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

école 1954

  • L'école à Cahors - Lot - en 1954

    … Lorsque je fus en âge – 6 ans révolus le jour de la rentrée scolaire- d’aller comme on disait à l’époque « à la grande école » après la maternelle…

    C’était en 1954…

    Les enfants de Cahors, de 6 à 10 ans, se rendaient, les uns à l’école publique de la place Thiers ; les autres à ce que l’on appelait à l’époque le « Petit Lycée » du Lycée Gambetta, rue Wilson (la rue qui débouche sur le Pont Valentré)…

    L’on dénommait alors les classes du cours élémentaire du « Petit Lycée » : la 11 ème, la 10 ème, la 9 ème, la 8 ème et la 7 ème…

    D’une manière générale – avec « quelques exceptions » - les enfants d’ouvriers, de modestes salariés et employés, les enfants de paysans (qui n’étaient pas à cette époque de « gros agriculteurs et éleveurs)… Se rendaient à l’école publique de la place Thiers, école « mixte » - garçons et filles- ( dans les villes, alors, les écoles publiques commençaient à être « filles et garçons »… Mais pas au « Petit Lycée » qui demeurait « seulement les garçons »…

    Mon père, qui dans ces années 1950, était inspecteur aux PTT automatique rural installation entretien des lignes, gagnait 52 000 francs par mois, et son travail le mettait en contact avec toutes les « huiles » de la ville – notamment le Préfet monsieur Cancès et son frère censeur au Lycée Gambetta, ainsi que toutes les « hautes personnalités, commerçants, artisans, professions libérales »… (Les « grands bourgeois » de l’époque en somme)…

    C’est que « 52 000 par moi » à l’époque, c’était « faire partie des riches » : en effet un ouvrier, un salarié, un employé « exécutant » ne gagnait en moyenne que de 20 à 25 000 francs…

    Aussi mes parents – mon père surtout- préférait que son fils – son fils unique- aille, plutôt qu’à l’école publique de la rue Thiers, au « Petit Lycée »…

    Pour ma part – à 6 ans j’avais déjà – on va dire- « de la pensée et de la rélexion » (et « un peu de rêve ») et, si je n’écrivais pas encore, j’observais… Et j’avas dit à mes parents « je veux aller à l’école de la place Thiers » ! … Je « ne fus pas écouté »…

    C’est ainsi que, le lundi 20 septembre 1954, je fis mon entrée, accompagné par ma mère, en 11 ème, au « Petit Lycée »…

    Où je fus mis « demi-pancul » donc, au réfectoire à midi ; le réfectoire étant « pous tous » petits et grands » - 10 par table, nourriture « exécrable » d’immondes ratas, de bidoches effilochées, des cailloux dans les lentilles, des faillots qui me révulsaient – de telle sorte que, « ne bouffant à peu près rien », je maigrissais à vue d’œil ; en conséquence de quoi le Censeur monsieur Cancès qui avait un fils de mon âge, proposa à mes parents de me prendre chez eux à midi ; ce qui me convint tout à fait car ces gens là, les Cancès était « très gentils », je m’entendais bien avec leur fils et ils avaient aussi une fille de 2 ans de plus que moi (et ça on va dire que c’était pour moi un plus, parce que rien que des garçons à l’école ça me peinait fort)…

    Et c’est vrai qu’à cette école là, du « Petit Lycée », au milieu de tous ces mômes qui « faisaient les durs » et « qui se la pétaient » ; je me sentais solitaire et « totalement en dehors des clous »… Heureusement j’ai eu des maîtres – notamment monsieur Camas en 9 ème et 8 ème, toujours en blouse grise, sévère et exigeant, qui « me comprenait » quoique m’octroyant zéro en conduite pour ma dissipation « proverbiale », mon tempérament bagarreur et insolent quand « on me cherchait des noises » ; en revanche en rédac et en « Leçons de choses » j’avais toujours 9/10…

    Ma mère voulait que j’aille à l’école bien habillé, avec le pli à la culotte, de belles chaussures, un beau pull, un beau manteau… Et je lui disais « je veux être habillé comme le sont les pauvres, parce que les riches ils m’emmerdent, je les trouve vantards, je n’aime pas leurs jeux brutaux, leur foot à la con, leur arrogance, leurs blagues crasseuses »…

    Je me souviens en particulier d’une blague aussi idiote que sale, qui revenait souvent, au « Petit Lycée » dans les récrés : « Comment il fait le petit oiseau au dessus de la cheminée à Auswitch ? Il fait cui-cui » … Je détestais cette blague, j’étais le seul à ne pas du tout en rire !

    Ça a duré, le Petit Lycée, à Cahors, du 20 septembre 1954 à fin juin 1957 : en octobre 1957 j’entrais au Lycée Carnot à Tunis en classe de 8 ème – et de 7 ème jusqu’à mi février 1959 (et là ce fut encore une « autre histoire », car cette école là à Tunis, c’était encore bien plus dur qu’à Cahors – avec les « Moulin », les « Thomasson » et compagnie- auxquels je mettais des « peignées » et me prenais des bleus, des « œil-au-beurre noir » au grand désespoir de ma mère…