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bac philo

  • Qu'en est-il de l'esprit scientifique ?

    « Les méthodes scientifiques sont une conquête de la recherche pour le moins aussi considérable que n'importe quel autre résultat: c'est en effet sur la compréhension de la méthode que repose l'esprit scientifique, et tous les résultats des sciences ne pourraient, si ces méthodes venaient à se perdre, empêcher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdité. Les gens cultivés ont beau apprendre autant qu'ils veulent des résultats de la science, on s'aperçoit toujours à leur conversation, et particulièrement aux hypothèses qu'ils y proposent, que l'esprit scientifique leur fait défaut. Ils n'ont pas cette défiance instinctive contre les écarts de la pensée, qui, à la suite d'un long exercice, a pris racine dans l'esprit de tout homme de science. Il leur suffit de trouver sur un sujet une hypothèse quelconque, ils sont alors tout feu tout flamme pour elle et croient qu'ainsi tout est dit. Avoir une opinion signifie par là même chez eux: en devenir aussitôt fanatique et finalement la prendre à cœur comme une conviction. Ils s'échauffent, à propos d'une chose inexpliquée, pour la première idée qui leur passe en tête et qui ressemble à une explication. D'où résultent continuellement, notamment dans le domaine de la politique, les plus fâcheuses conséquences. C'est pourquoi chacun devrait de nos jours avoir appris à connaître au moins une science à fond ; alors il saura toujours ce que c'est qu'une méthode et combien est nécessaire la plus extrême prudence ».

     

    [ Humain trop humain, de Friedrich Nietzsche, 1878 ]

     

    C’était le texte à anayser, à expliquer, à commenter, proposé au Bac philo (Bac général) en 2026…

     

    Les étapes qui permettent, tout au long d’un travail de recherche, d’identifier, de préciser, de mettre en évidence, de prouver, par la découverte de documents, de faits réels établis, des témoignages recueillis ; sans avoir pris connaissance des différents travaux et recherches des autres sur de mêmes sujets que ceux sur lesquels s’est soi-même attaché… Et tout cela dans l’élaboration d’une stratégie – donc d’une méthode comportant des règles… Et sans la rigueur, sans la persévérance, sans la volonté déterminée, sans la motivation – et il faut le dire aussi sans la passion (mais, cependant, « une passion au mieux gérée en soi »… Ce que l’on prend ainsi pour de « l’esprit scientifique » est imposture…

     

    Ce qu’écrivait en 1878 Friedrich Nietzsche à propos des méthodes scientifiques -et de l’esprit scientifique – est aujourd’hui plus que jamais en ce deuxième quart de 21ème siècle, d’actualité…

    Il n’y a jamais eu autant de « personnes cultivées » que de nos jours : cela tient au fait que nous sommes plus nombreux sur Terre qu’à l’époque où vivait Friedrich Nietzsche. Et plus nombreux, en conséquence, à avoir reçu après l’école élémentaire, le collège, le lycée, une formation universitaire – faculté, grande école…

    Cela ne fait pas pour autant, des « gens cultivés » (et formés dans des « cursus » universitaires), des personnes « d’esprit scientifique »…

     

    Paradoxalement, l’on s’aperçoit – encore faut-il pour s’en apercevoir, observer attentivement, réfléchir, analyser, déduire de ce que l’on voit, ce que l’on ne voit pas – que les obscurantismes, que les croyances empiriques, que les superstitions même – sans compter, aussi, les croyances religieuses au sujet de l’Histoire de la Terre, de l’Homme et de l’univers – n’ont jamais été aussi présents de nos jours chez justement les « gens cultivés », qu’ils ne l’avaient été en d’autres époques bien plus anciennes que la nôtre…

     

    C’est bien là ce qui est inquiétant et qui interroge quant à l’avenir de la société humaine dans les 30, 50 prochaines années…

    « Vous m’direz » : « il y a l’Intelligence Artificielle »… qui va « révolutionner » le monde humain par ses applications et par ses réponses…

    Mais l’Intelligence Artificielle se « nourrit » de ce que l’on y met dedans ; autant dire, que lorsque croissent les obscurantismes et que se réduisent le champ lexical (les mots, les phrases, le texte), le travail et la recherche dans la durée ; que l’émotion prime sur la passion au mieux gérée, « il y a beaucoup de souci à se faire au sujet du développement de l’Intelligence Artificielle »…

     

     

  • L'un des sujets de philo au BAC 2026

    « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? »

     

    Une réponse à mon sens, évidente, s’impose : nous sommes, en tant qu’êtres humains doués de parole ( de production de sons articulés pour exprimer ce que l’on voit, entend, sent, touche… et pense – jusqu’à des idées abstraites) … Des êtres naturels, naturels au même titre que tous les êtres vivants et en conséquence, dépendants, soumis à l’environnement qui nous entoure, constitué de choses et d’êtres ; réactifs à tout ce qui, de l’environnement qui nous entoure, nous impacte, nous procure du bien être, du plaisir, ou au contraire de la douleur, ou encore nous incite à réagir de telle ou telle façon…

    Et, en ce qui concerne ce que l’on exprime par la parole, en tant qu’êtres humains, en réaction à tout ce qui vient de l’environnement qui nous entoure, du fait de ce qu’il y a de naturel, de purement et d’uniquement naturel en nous… Nous n’avons pas la maîtrise de la parole, la parole venant « naturellement » en réaction à ce qui est vu, entendu, senti, touché…

    Ainsi ce qu’il y a de naturel, de purement naturel en nous, d’une manière générale en tant qu’êtres vivants et en particulier en tant qu’êtres humains ; ne nous donne pas la maîtrise – de l’expression par la parole.

     

    Une autre réponse, tout aussi évidente, s’impose : en tant qu’êtres humains doués de parole, le fait d’être doué de parole implique que l’on peut penser – et l’on pense avec des mots, des phrases…

    La pensée – la pensée humaine – c’est donc aussi, par les mots et par les phrases qui nous viennent en esprit, la capacité de réfléchir, d’analyser, de raisonner, et par là même de se trouver en mesure de choisir, de décider ce que l’on va exprimer par la parole.

    La pensée nous donne donc, oui, la maîtrise de la parole.

     

     

    Un autre sujet : « Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? »

     

    Nous nous sentons ou éprouvons, chacun de nous, indépendant des autres, que ces autres soient des proches, des amis, des connaissances… Autrement dit – comme je dis - « seul dans notre peau jusqu’à la fin de nos jours »…

    « Être heureux quand les autres ne le sont pas » c’est « être heureux dans sa peau/dans son être » qui implique qu’on ne ressent pas en soi de manière physique, réelle, ce qui rend les autres malheureux…

    La question « d’être heureux quand les autres ne le sont pas » se trouve « faussée » ou « dénaturée » si l’on se réfère à la morale… La morale étant génératrice de controverses, de débats polémiques, de « pour », de « contre », d’argumentations dans un sens ou dans un autre… Mais de toute manière conditionnée par l’idée du bien et du mal qui s’opposent…