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mémoriser

  • En 2226

    Dans 200 ans tous les vivants d’aujourd’hui, des plus jeunes enfants aux vieillards les plus âgés, ainsi d’ailleurs que les bébés à naître cette année en 2026 jusqu’en 2100…

    Seront tous morts…

    En 2226 seront encore vivants des humains âgés de 126 ans, nés en 2100…

    En juillet 2026 la personne en France la plus âgée sera Madeleine Dellamonica vivant au Vésinet département des Yvelines, âgée de 114 ans, née en 1912 l’année du naufrage du Titanic…

    Dans la France d’aujourd’hui en 2026, ce sont entre 35 et 40 000 personnes, toutes âgées entre 96 ans et 114 ans, dont 30 000 de 100, 101, 102, 103 ans… Encore vivantes…

    Et qui furent, en 1944/1945 , cette jeunesse de la Libération, des « boîtes de jazz et de swing » de l’époque, avec leurs coiffures, leurs robes et leurs bas pour les femmes, la cigarette… Tout l’esprit, toute la culture, tout ce qui faisait la vie d’alors, imprégnée d’Amérique… Dont il ne demeure plus rien aujourd’hui de tout cela hormis le souvenir, la nostalgie pour les gens ayant été des bébés entre 1940 et 1950…

    Ainsi va l’évolution du monde des humains… Les modes de vie, l’habillement, la musique, la danse, l’art, la culture…

    Je pense à tous ces jeunes d’aujourd’hui, âgés de 15 à 25 ans, qui eux, seront vieux dans des années où je serai mort depuis longtemps, autour de 2100 et qui auront traversé ce 21ème siècle dont pour ma part je n’aurai au mieux connu que le 1er quart, et une partie du 2ème quart…

    Ce qu’il y a d’évident – peut-on dire – c’est que durant une époque donnée, dans le vécu au quotidien de cette époque (de son atmosphère, de sa culture, de ce qu’elle est alors dans la vie des gens), c’est disons, cette emprise du présent qui domine, qui emplit tout l’espace de vie en soi et autour de soi, comme si ce « présent », ce « vécu » du moment, de l’époque… N’avait ni hier ni demain, demeurait « intemporel »… Mais… C’est tout ça qui s’enfuit (qui va s’enfuire) et dont on n’imagine dans le moment, pas un seul instant la fuite…

    Vient alors dans le souvenir, ce qu’il y a de « poignant », qui va, vient, s’en va et revient tel un «leit-motiv », qui s’invite et se ré-invite dans notre présent, et qui, surtout en fait, par l’accumulation du souvenir de ce qui a été vécu – le « cumul des années »… En arrive jusqu’à occuper la scène d’un présent auquel on peine à adhérer…

    Ainsi, c’est le « cumul des années » qui donne tout le poids de son contenu au souvenir…

    Le « cumul des années » oui, mais aussi et – peut-être plus encore- la faculté (si l’on l’a) de se souvenir précisément, exactement, de situer dans le temps – tel jour telle heure…

    Avec toutes ces « béquilles » (ou « prothèses ») que sont les outils technologiques de l’information, de la connaissance, de la communication, et avec l’usage que l’on fait de ces outils, tout devient si rapidemment, si immédiatement, si aisément accessible dans le contenu ; que la faculté de mémoriser s’amenuise, tend à disparaître… Avec en même temps que la faculté de mémoriser, celle de se servir avec sa raison, sa pensée, son analyse, sa réflexion, de ce que l’on a mémorisé…

    La faculté de mémoriser, lorsqu’elle s’atrophie, cela équivaut à une forme de cécité… Et l’Histoire même, et tout ce qui fait l’Histoire, alors, s’en touve affecté, vidé…