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Livre

  • Le barman du Ritz, de Philippe Collin

    Livre publié en 2024 chez Albin Michel.

    Philippe Collin est producteur de radio, auteur écrivain, scénariste de bande dessinée, et journaliste Français, né le 6 avril 1975 à Brest.

     

    En France de « l’État Français » de Philippe Pétain et de Pierre Laval en 1943, quand les Anglais avec leurs avions bombardaient des usines et des infrastructures autour de Paris ou même sur Paris, et que cela faisait dix, quinze, vingt ou mille morts à chaque bombardement… C’étaient eux, les Anglais, les assassins ! Pas les Allemands dont on « savait sans le savoir » qu’ils exterminaient des gens dans des camps de concentration, et qu’ils se livraient à des tortures de personnes arrêtées…

     

    Il faut lire « le barman du Ritz » de Philippe Collin, qui retrace, vu du Ritz, grand hôtel Parisien, les années de l’Occupation de 1940 à 1944… Tous ces dignitaires de la Werhmacht et de la SS, avec les pontes de Vichy, de la collabation, des voyous de haut vol, de tout ce qu’il y a de plus crasseux dans la société, qui s’empiffraient, festoyaient…

    Les hommes de la Gestapo pendant 4 ans, avec toutes les personnalités en vue du régime de Vichy – entre autres ce Laffont, gros entrepreneur du bâtiment devenu général SS Français dans le gouvernement de Pierre Laval à partir de 1943 – trinquent, « moult cocktails » élaborés par Frank Meier (dont personne ne sait qu’il est Juif) le barman du Ritz, et le champagne coulant à flots, avec la terrible veuve Ritz, Coco Chanel, Sacha Guitry, Jean Cocteau, Jean Anouilh, des directeurs de théâtre, des artistes, des comédiens – tous plus ou moins ralliés (certes à leur manière ou selon leurs intérêts) à l’ordre décadent, obscène, qui régnait à cette époque en France sous l’occupation Allemande…

    Mais aussi, outre tous ces « collabos » il y avait des résistants, des profiteurs de guerre, des instigateurs même, complotant en vue d’un attentat contre Hitler…

     

    Après la libération, dans les toutes premières années de la 4ème République avec Vincent Auriol président, après le 1er gouvernement de la France libérée – avec Charles De Gaulle et les Communistes et les socialistes majoritaires à l’assemblée… L’on a vu tous ces anciens collabos, grands truands, industriels, patrons, voyous de haute volée, flics de Vichy patrons de police sous Laval, et un certain nombre de « gens louches » opulents de la bourgeoisie d’affaire… « Reconvertis » dans le « nouvel Ordre » ! (Qui de nos jours, 4 générations plus tard, ont leurs descendants directs ou indirects, « bien placés » sur l’échelle sociale et aux commandes !)

     

    Enculatory Lavatory Vécé cireur Crapulatory…

     

     

  • La femme gelée, d'Annie Ernaud

    Annie Ernaux, écrivain française née à Lillebonne (Seine Maritime) le 1er septembre 1940 ; Prix Nobel de Littérature en 2022 pour l’ensemble de son œuvre…

    Professeur de Lettres à Annecy puis à Pontoise…

     

    La femme gelée, roman autobiographique, est sorti publié en 1981 l’année de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République française… Ce qui « situe » - en quelque sorte- ce roman, dans le « contexte politico-social » de l’époque, treize ans après mai 1968 et précédé des « années Giscard » 1974-1981 » … « C’est tout dire »…

     

    Un regard lucide - « au scalpel » par le style d’écriture (Nous sommes dans le genre « Nouveau Roman » - mais « version personnelle parfois un peu déstabilisante Annie Ernaux)… Du rapport en couple où se trouve « battus en brèche » les idéaux d’égalité entre homme et femme ; un regard observateur, du début à la fin du livre, sur ce qu’est une vie d’enfant – de fille- puis d’adolescente dans ses aspirations de liberté, et enfin de femme mariée et mère, prise au piège du patriarcat et de l’étouffement progressif de la femme au foyer.

    Une œuvre poignante, viscérale, honnête et sincère…

     

     

  • L'intelligence naturelle, de Didier Van Cauwerlaert...

    Ou quand le génie du vivant surpasse l'IA

     

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    Il y a dix ans – c’était avant le covid – donc avant 2019 la toute dernière année limite d’un « Ordre du Monde » encore, en somme « pas si éloigné que cela » de ce qui avait toujours été même avec les évolutions technologiques du début du 21 ème siècle…

    En 2016 nous n’étions pas comme depuis 2022, 2023, 2024, 2025 et à présent 2026… À ce point «loin d’être culminant pour autant », dans la pornographie, dans la filmographie, dans la représentation ostentatoire et voyeuriste, dans la résalsocialographie surdimensionnée produite à grande échelle, immédiate, partagée des milliers de fois, de l’Égo, tout cela dopé, mâtiné, concocté, arrangé, par la « grammaire générative » de l’Intelligence Artificielle ! – Si l’on peut appeler « grammaire » les artifices et « règles » de l’Intelligence Artificielle…

    Le « point culminant » n’étant pas encore atteint – mais dont la proximité s’avance vers nous comme si d’un mois, d’une semaine à l’autre, les années-lumières qui nous séparent des systèmes stellaires les plus proches devenaient des dizaines de kilomètres comme entre là où nous vivons et la métropole régionale voisine, soit à peine des micro milli secondes – lumière…

     

    Nous assistons dans une urgence organisée et accélérée par les « maîtres du monde » - les Géants du Web, du Numérique et de la Robotique – à une baisse significative, très nette et de plus en plus rapide, des capacités d’apprentissage, de mémorisation naturelles et intemporelles, anciennes de près de 7 millions d’années pour les humains…

     

    Avec l’organisation, la programmation, de la pénurie des richesses naturelles de notre cerveau, et rendant inutiles ou « caducs » l’imaginaire, la culture, l’acquisition des savoirs, la communion d’esprit, l’effort, le travail, le libre arbitre…

     

    Au raisonnement, à l’analyse, à la réflexion, à la pensée par soi-même issue de l’acquis et du transmis, se substitue l’algorithme, une suite d’étapes purement et uniquement mécaniques destinée à fournir un résultat issu de « données », d’informations collectées par milliards de milliards, et exploitées en un dixième de seconde…

     

    Le terme d’ « intelligence » provient des verbes latins « legere » et « ligare » qui signifient comprendre et assembler…

     

    Donc, avec la puissance et avec le pouvoir de l’algorithme, de l’intelligence artificielle générative, nous ne sentons plus le besoin de comprendre et d’assembler…

    C’est comme si nous broutions tels des moutons, du foin d’ensilage versé dans des auges… Alors que dans un « jadis récent » les moutons déambulaient dans le pré, recherchant ce qui se pouvait brouter, choisi d’instinct dans une connaissance innée transmise de génération en génération de mouton…

     

    Mais… Ce qu’il faut savoir et que l’on nous incite à ne pas savoir et que même l’on ne cherche pas à savoir par soi-même…

    C’est qu’il existe, qu’il se fait, qu’il s’organise une résistance, un combat, de quelques uns d’entre nous sur cette Terre, assez nombreux et, en devenir, appelés à être plus nombreux dans les années à venir… Contre cet Ordre du Numérique, de la Robotique et de l’Intelligence Artificielle des «Maîtres du Monde » et de leurs subordonnés… Mais qui pour autant, dans ce nouvel ordre technologique, en isole afin d’être mis en usage pour le bien de tous, ce qu’il y a de meilleur et qui lui, ce meilleur se révèle être un auxiliaire améliorant… (par exemple dans les domaines de la médecine, de la thérapie, de la chirurgie, de certaines disciplines et applications scientifiques en lien avec la Connaissance en évolution grandissante tout cela rendant Sapiens plus Sapiens encore mais toujours humain, bien humain)…

     

    Merci à tous ces personnages, à ces écrivains, à ces penseurs, à ces scientifiques, à ces esprits éclairés qui, isolés qu’ils peuvent être, ou en groupes et de par le monde, résistent, combattent, témoignent, transmettent…

     

    « Homo Deus » le successeur de Sapiens, n’est encore qu’une ébauche, une construction inachevée, un projet prenant forme ; « Homo Deus » n’a pas encore gagné la partie, même si, sur le grand échiquier du monde, il occupe quelques cases et que, sur ses positions avancées il menace le roi, la reine, la tour, le fou, le cavalier…

     

     

     

  • la maison vide, de Laurent Mauvignier

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    Au genre littéraire « Nouveau Roman » lancé par les Editions de Minuit vers 1950, l’on y adhère ou l’on n’y adhère pas…

    En effet nous avons, dans ces romans là, du texte dense, des phrases longues, des pages sans aération de paragraphes de plus de 15 ou 20 lignes chacun ; rares sont les espaces entre les paragraphes, pas de dialogues, tout cela nécessitant de devoir faire un effort de lecture soutenu et permanent jusqu’à la dernière page du livre.

    Autant dire que de tels livres, avec des textes aussi denses sur des pages et des pages, sans dialogues, « ne collent pas » avec le « profil du lecteur lambda moyen »…

    C’est le cas de « La maison vide » de Laurent Mauvignier.

    Mais… Quel livre !

     

    Pour le lecteur que je suis, chaque fois que, jusqu’à « La maison vide » de Laurent Mauvignier, j’ai essayé de lire des livres de ce genre littéraire du Nouveau Roman, j’ai « déclaré forfait » au bout de 30 pages – et même bien avant…

    C’est donc la 1 ère fois de ma vie que je lis un livre – de quelque 740 pages – (ce n’est pas rien!), de Nouveau Roman, genre littéraire auquel je n’ai jamais adhéré…

    Quel livre oui !

     

    Qualifier ce texte – de 740 pages – de « grande littérature » me semble « une appréciation sous évaluée : nous sommes bien là « très au dessus » de la « grande littérature » ! Dans un texte, une prose, une écriture, un style, un narratif… Très largement supérieur – par la richesse, par la précision du vocabulaire, et par la fluidité de la phrase, par le contenu du texte – un contenu qui « te rentre dedans » au point de mettre ta journée (et ta nuit même lorsque tu t’éveilles avant de te rendormir) imprégnée de ce texte, de ce contenu, de cette histoire, de chacun de ces personnages évoqués, décrits, analysés, suivis, tout au long du livre…

     

    L’art du portrait de personnages ; de l’atmospère rendue, des situations vécues par les personnages, est ici, dans ce livre « poussé à son plus haut niveau » ; chaque scène étant à elle seule d’une épaisseur, d’une densité, d’une gravité, d’une « trace laissée en soi » bouleversante, dont on ne peut se défaire…

    Je n’avais encore à ce point, jamais éprouvé cela dans quasiment aucun livre que j’ai lu jusqu’à présent !

    La fluidité du texte compense très largement sa densité, son caractère compact, ainsi que l’effort de lecture – qui lui s’en trouve diminué tout en devant tout de même le faire cet effort…

     

    Cette « Maison vide » est une représentation – en un tableau ou plus exactement en une fresque de très grande dimension- qui « met en scène » en peinture, en couleurs, en relief, en visages, en paysages, en « attitudes expressions et comportements comme photographiés », de ce qu’est le monde des humains dans sa réalité intemporelle, s’appliquant donc à toutes les époques de l’histoire humaine… Réalité dans toute sa beauté, sa crudité, sa violence, dans le pire, dans le meilleur, dans l’intimité de l’être (ses rêves, ses aspirations, ses silences, ses échecs, ses luttes, ses abandons, son humilité ou son effacement, ou son orgueil… Tout ce qui fait de l’être un être unique, absolument unique au milieu des autres – mais néanmoins relié aux autres…

    Et l’on part de « presque rien » : une vieille photo, un meuble, un bibelot, un instument de musique, des lettres, des cartes postales… Retrouvé(e)s en un lieu abandonné depuis des années (cette « maison vide » en l’occurrence)…

     

     

  • Les chemins de fer, de Benoît Duteurtre

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    Dans les vingt dernières années du dernier siècle, l’ordre immuable des Chemins de Fer Français – la SNCF- s’est brisé :

    Les trains ont cessé de partir et d’arriver à l’heure exacte, des gares ont disparu – celles de petites villes ou bourgades dans les campagnes- alors que d’autres sont devenues comme des aéroports internationaux – dans un gigantisme futuriste… Les consignes à bagages ont été supprimées (à Paris il y en a encore une à la Gare Montparnasse)…

    Avant 1980 on disait « le train » et ce train pouvait être un express, un rapide, un omnibus, un autorail…

    En 2025 on dit encore « le train » mais ce train est un TGV, un INOUI, un OUIGO… Pour les plus rapides – plus de 300 km heure… Et des Intercités ou des TER – inter -grandes villes et en Régions…

     

    Benoît Duteutre dans ce livre « Chemins de Fer » - sorti en 2008 – évoque à sa manière les contradictions d’une humanité égarée dans les pièges de la société contemporaine – qui était celle alors, de 2008 mais qui en 2025, plus de 15 ans après, est devenue – j’emploie ce terme - : « numéri internétisée kafkaienne » …

     

    Benoît Duteutre dans ce livre se pose en narrateur : une femme d’une cinquantaine d’années qui partage sa vie entre son activité professionnelle à Paris et des séjours dans un village de montagne…

    Le village n’est pas nommé dans ce livre, mais quand on connaît et que l’on a lu plusieurs livres de Benoît Duteurtre, on « devine » que le village c’est Le Valtin, dans la vallée de la Haute Meurte dans les Vosges… Où Benoît Duteurtre dans les dernières années de sa vie habitait une maison au bout d’un chemin en face de l’église du Valtin… Il est mort le mardi 16 juillet 2024 âgé de 64 ans…

     

    Florence dans le livre – la narratrice- évoque une « altercation » dans un bistrot du village à propos d’un réverbère planté à l’entrée du chemin menant à sa maison, un échange pour le moins « inamical » avec les personnages présents au comptoir du bistrot… Ce passage du livre « ne met pas en valeur » les « gens du coin » … Et, connaissant Benoît Duteurtre comme je « crois le connaître » ayant lu presque tous ses livres, je doute fort que de son vivant et ayant aimé ce terroir – vallée de la Haute Meurte entre Plainfaing et le Grand Valtin et Gérardmer – comme il l’a aimé – et aimé aussi les gens du coin… Qu’il ait pu une seule fois durant ses nombreux séjours, déconsidérer quiconque dans le pays…

     

    Pour ma part – je tiens à le dire- en quel lieu que ce soit fût-ce le plus « reculé » ou « excentré » de la « France profonde » comme on dit – « les gens sont ce qu’ils sont » et je n’apprécie pas du tout que l’on les prenne pour des « demeurés » - esprits étroits et obtus – et enclins à se montrer vulgaires, grossiers, et qu’on les juge « incultes » et « de propos réducteurs »… Soit en passant lors de « l’affaire Grégory » dans les Vosges, en des villages tels que Aumontzey, Lépanges et Granges sur Vologne en 1984, il fallait entendre ce que racontaient les journalistes à propos des gens du coin ! C’était très peu flatteur !

     

    Il se trouve – j’en témoigne du fait de la connaissance que j’ai de cette région de Plainfaing Le Valtin et de ses habitants – que je porte aussi haut dans mon esprit que Benoît Duteurtre amoureux qu’il a été de ce pays – que les gens, jeunes ou vieux, dans ce pays de la Haute Meurtre, sont accueillants, ouverts d’esprit, généreux, amusants, truculants et imagés dans leur langage, « hauts en couleurs » et d’une authenticité à nulle autre pareille ! (et que personne ne s’avise à les dévaloriser en ma présence!)…

     

    Cependant – je tiens à le dire aussi- en ce qui concerne le fait de dévaloriser une personne en particulier, de dénoncer le comportement répréhensible voire abject, de cette personne dans un écrit rendu public… Cela me semble « de bonne guerre » et nécéssaire, et, autant que possible dans un langage iconoclaste, de propos acérés voire haineux, d’une violence laminante, délibérément exercée…

    Par exemple un fils ou une fille qui décide de ne plus voir sa mère ou son père à cause d’un différent, lequel différent n’impliquant nullement que la mère ou que le père ait eu pour son enfant un mauvais comportement et cela d’autant plus que cette mère ou que ce père ait été sa vie durant une « bonne personne »…

     

    Pour en revenir à la SNCF version 2025, le système de réservation achat de billets sur internet est de loin, le système le plus « kafkaien » de tous, comparé aux Impôts, à la Sécu, aux procédures administratives préfecture, mairie, gendarmerie, au voyagisme hôtels chambres d’hôtes location vacances, etc. …

    À la SNCF sur internet pour des billets comme par exemple Bordeaux Paris, Lyon Paris… « ça va encore » ! … Mais en revanche pour un trajet tel que Epinal Bruyères dans les Vosges, allez y par internet ! « Bonjour la galère » !

    Et en gare de Bruyères – pas de guichet, pas de personnel- juste une billetterie automatique TER : tu tournes une molette pour avoir en surbrillance bleue le nom de la gare de destination, et pour valider cette destination tu sais pas s’il faut appuyer sur le milieu de la molette ou autre chose, résultat tu mets un temps fou pour avoir un billet aller – rien que l’aller donc pas le retour en même temps- et pour 1 personne (si t’es en couple, il faut refaire)… Et y’a personne pour t’aider si tu n’y arrives pas ! Sans compter le prix du billet (ça te coûte plus cher que l’essence d’une voiture américaine des années 50 entre Bruyères et Epinal) !