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Livre

  • Nicolas II, d'Henri Troyat

    L’Empire Russe en 1913 – du temps, donc de Nicolas II le dernier Tsar, et cela depuis la fin du 19 ème siècle, était, après les États Unis d’Amérique et l’empire Allemand de Guillaume II, la 3 ème économie mondiale, par son déceloppement et par sa puissance industrielle, ses ressources naturelles, productions agricoles dont blé… Et aussi avec sa population humaine ayant atteint jusqu’à 175 millions de personnes, sur un territoire immense (le plus grand pays, en surface géographique, de la planète)…

     

    3 ème économie mondiale oui, certes, mais… Une énorme disproportion, « indécente » - et par certains côtés « surréaliste » » entre les privilégiés et les masses populaires – les paysans et les ouvriers…

     

    La révolution Russe de 1917 – celle de février puis celle d’octobre – historiquement parlant- (il ne faut pas l’oublier) a été précédée par une trentaine d’années – depuis 1890 – d’agitation tumultueuse, « pré-révolutionnaire » en quelque sorte, d’attentats, de grèves , dans le contexte d’une société bourgeoise et aristocratique qui « pétait dans ses dentelles et dans ses écus », dans ses orgies et dans ses fêtes, complètement délitée et immorale, et faite d’intrigues et de scandales… (Soit dit en passant « comparable à l’époque du Directoire en France entre 1795 et 1799)…

     

    Il faut noter aussi l’emprise -énorme- impactant l’ensemble de la société russe d’avant 1917, de la religion – Chrétienne Orthodoxe- avec ses fastes, ses décors, ses icônes, ses rites ; tout son obscurantisme, toutes ses dérives, et ses turpitudes…

    Et l’exécrabilité d’ Alix de Hesse, la tsarine, épouse de Nicolas II ( Alexandra Fedorovna) ; influencée par Raspoutine, l’un des personnages les plus hideux de toute l’histoire humaine…

     

    Ce hideux personnage, Raspoutine, a bien « mérité » la mort qu’il a eu : empoisonné au cyanure en absorbant « goulûment » des patisseries, et demeurent debout les yeux ouverts et continuant à parler, il reçoit d’abord une balle dans le ventre, traverse un jardin jusqu’à la grille, puis reçoit une 2ème balle dans la tête, s’écroule, encore vivant et pour finir les 3 acolytes qui l’ont piégé lui assènent des coups de matraque, l’enroulent dans une toile cirée et le conduisent sur un pont au dessus de la Néva, et le précipitent dans l’eau de la Néva gelée, le corps flottant entre les blocs de glace…

     

    Quant à Nicolas II, emprisonné à Ekaterinenbourg avec sa femme, ses filles, son fils et de quelques derniers domestiques, « normalement » il devait être jugé à Moscou, mais, les troupes des « Blancs » avançant et menaçant Ekaterinenbourg, les gardes, sur l’ordre de Lénine, fusillent Nicolas II, son fils, ses filles et sa femme ainsi que les domestiques, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918… Puis transportent les corps qu’ils arrosent d’acide sulfurique, qu’ils mutilent, écraboullant leurs visages et abandonnent près d’un puits…

     

    Que ce soit avec la Terreur en France, en 1793/1794 ou avec la révolution russe – celle d’octobre 1917 – ou encore lors d’autres changements de régime par une révolution ; l’extrême violence (celle qui fait de nombreuses victimes, de morts) est « une étape nécessaire »… Qui est, oui un drame… Toujours…

    Mais le véritable drame en fait, c’est au-delà du passage par la violence, le maintien de la violence dans la durée et c’est cela qui est le plus inquiétant, le plus inacceptable…

     

     

  • Le pain rouge, de Marie-Paul Armand

    Marie-Paul Armand est une auteur écrivain romancière Française, de la région du Nord, qui, après des études universitaires à la faculté de Lille, enseigna les mathématiques à l’école publique durant dix ans, et s’engagea dans l’écriture…

    Elle est née le 14 août 1946 et décédée le 7 octobre 2011 ; a publié son 1er livre en 1985 « La poussière des corons », puis « le vent de la haine » en 1987, « les nouvelles du Nord » en 1998, « l’enfance perdue » en 1999, « un bouquet de dentelles » en 2001, « le cri du héron » en 2004…

    « Le pain rouge » est son 3ème roman, publié en 1989…

     

    Dans ce livre « Le pain rouge », Marie-Paul Armand fait le récit de ce qu’ont été dans les villages des campagnes du département du Nord, les années de la Révolution Française entre 1789 et après 1795…

     

    Il ressort de ce récit – à mon sens- que ces années de la Révolution Française, en 1789 au moment de l’établissement des « cahiers de doléances », puis avec l’Assemblée Constituante, suivie de la Convention et enfin du Directoire, avec les décrets dont il était fait lecture jusque dans les villages des provinces françaises, ont eu en général beaucoup plus d’impact (ont pesé davantage) dans les villes, que dans les campagnes ; en ce sens que, plus la population était nombreuse (comme à Paris et autour de Paris à l’époque) ainsi que dans les grandes villes et dans les villes moyennes – Dans le Nord Arras, Cambrai, Douai entre autres- et plus en conséquence les gens étaient « aux premières loges », impliqués et agissant… Alors que dans le fin fond des campagnes, dans les villages, il n’en était pas du tout de même, car les « nouvelles » n’arrivaient que quelques semaines plus tard, ne faisant état que de l’essentiel (et du plus marquant ou contraignant)… Et de ce fait, l’emprise des changements et des décisions survenant, de l’Assemblée Nationale, de la Convention, siégeant à Paris, était moins forte, moins prégnante que dans les grandes villes (à l’exception toutefois surtout en 1793 et en 1794, de la lutte menée par les révolutionnaires contre la religion, contre les traditions liées à la religion ; ce qui dans les campagnes était très mal ressenti…

     

    Ce qui est « frappant » aussi – et qui « à mon sens ne m’a guère étonné »- c’est cet engouement autant provoqué qu’entretenu, pour la « cause », d’une majorité assez large de la population française en général surtout des villes, des zones densifiées d’habitat… À tel point que durant la période de la Terreur entre octobre 1793 et début juillet 1794, les gens du commun venaient assister « comme au spectacle » aux exécutions et que, pratiquement au pied même de la guillotine, des marchands de boissons et de fanfreluches, s’installaient ; que les gens « comme un seul homme » criaient « à bas les aristocrates » et autres invectives et insultes à l’adresse des condamnés menés à l’échafaut… (Les femmes n’étant point loin s’en fallait les dernières à vociférer, à crier et insulter ; pourtant mères qu’elles étaient pour bon nombre d’entre elles!)…

    Il y avait d’ailleurs, organisé, prévu par les autorités en place chargées d’appliquer les décrets durant la Terreur, des gens qui étaient payés pour « crier insulter » …

     

    C’est fou ce que de tout temps, sous tous les régimes, il y eut, il y a, toujours (c’est une réalité), une majorité de gens « servant ou adhérant à une cause, à un ordre établi ; un courant d’opinion publique majoritaire – souvent entretenu par les tenants de l’Ordre… C’est « assez désespérant » de constater cela !

     

    « J’ai dans l’idée » que si j’avais vécu à cette époque là, adulte âgé de 30/40 ans entre 1789 et 1795, étant « ce que je suis aujourd’hui », et pour peu que j’eûsse pu diffuser autour de moi des « écrits iconoclastes et contestataires assez critiques de l’ état social et des différents régimes et ordres en place », j’aurais sans doute été « un anarchiste de tendance girondine » et assez certainement destiné à figurer sur une liste de suspects… Et guillotiné ! ( Et ce n’est point ma vindicte iconoclaste contre la Religion qui eût pu pour autant me sauver)…

     

     

     

  • L'anarchie positive - ou le bon usage de Proudhon, de Michel Onfray ; paru le 29 janvier 2026

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    Michel Onfray décrypte et analyse notre société à la lumière de la pensée de Proudhon, pensée selon laquelle détruire, poser des bombes, ériger des barricades, tuer… Ou même discuter de l’anarchie et des anarchistes, ou encore rêver d’un « tout autre ordre du monde » et cela dans des salons, dans des cafés, dans des bureaux, dans la rue, la plupart du temps dans l’aisance, dans le confort, connecté de nos jours à tout ce qui se passe dans le monde (très mal connecté d’ailleurs du fait des « fake news »)…

    N’est pas l’anarchie.

    Proudhon osant ce que Michel Onfray appelle « l’anarchie positive »… Ce terme « anarchie positive » étant celui, employé par Proudhon lui-même, et repris par Michel Onfray…

     

    Pierre Joseph Proudhon né le 15 janvier 1809 et mort le 19 janvier 1865, fut un polémiste, un journaliste, un économiste, un philosophe, un homme politique, un sociologue Français ; issu d’un milieu familial très modeste ( ce qui n’est pas le cas de Karl Marx ni de Engels que Proudhon a côtoyés)… Qui n’a point fait d’études universitaires, autodidacte qu’il fut, d’ailleurs jeune enfant, il « gardait des vaches »…

     

    La production écrite de Proudhon est immense et tiendrait assurément en plusieurs volumes de La Pléiade, de plus de mille pages chacun…

     

    Un extrait de ce livre de Michel Onfray :

     

    « Il rédige (Proudhon) un projet de ce qu’il faudrait faire … et plus loin … En s’attaquant à la population faite de maquereaux, de souteneurs, de prostituées, de voleurs, de violeurs, d’ivrognes »…

     

    ( L’on pourrait dire que de nos jours comme par le passé, les voleurs sont les très grands possédants d’une part, très minoritaires en nombre de personnes sur Terre ; et tous les petits et grands voyous des trafics de stupéfiants, d’objets volés et d’armes, caïds de quartier, d’autre part)…

     

    Plus loin encore - à propos des périodes révolutionnaires que la France a connues de la fin du 18 ème siècle jusqu’au début de la 3ème république :

     

    « … Des évêques bénissent des arbres de la liberté ; des ouvriers crient « vive le pape » ; les insurgés transforment le Christ en révolutionnaire ; ils organisent des processions dans lesquelles Jésus est un ouvrier, un plébéien, un socialiste ; on promeut un nouveau concept : « le socialisme chrétien » ; les premiers chrétiens deviennent des inventeurs du communisme ; les banquets populaires sont des grands lieux de convivialité politique ; les droits de l’homme de 1789 paraissent soudain compatibles avec le projet chrétien - la fraternité républicaine n’est-elle pas l’amour du prochain chrétien ?

    Les assemblées, les meetings, les réunions, les rencontres, les clubs, les cortèges pullulent, le tout dans une atmosphère électrique ; la populace chante dans la rue, avinée, derrière les drapeaux rouges ; tout le monde parle à tout le monde.

    On imagine que cette bacchanale politique, ce défilé de Dyonisos dans les rues de Paris, ces fêtes populaires baptisées au vin rouge, cette convocation d’un Jésus affublé d’une panoplie de sans-culotte, ces arbres décorés avec drapeaux, fanions, rubans, plantés en pleine ville…

    Tout cela ne pouvait plaire à Proudhon, moine soldat de la Justice, combattant austère de la morale et des vertus »…

     

    Cette vision de l’anarchie et des anarchistes… Ou cette vision de ce que « doit être » une révolution…

    Cette vision de l’homme révolté – mais révolté dans le sens attribué communément à la révolte…

    N’est pas, n’a rien à voir avec l’idée que personnellement je me fais de l’anarchie, ou de quelque projet révolutionnaire que ce soit !

    La révolte qui est la mienne n’est pas celle qui a cours selon les vues du monde, et qui se cristallise, se communautarise, exclue, sépare, assassine… Et enfante les régimes autoritaires, les faschismes, les Poutine, les Gardiens de la Révolution iranienne, l’Islamisme radical … Et « d’une certaine manière des Trump !

    Elle est cette révolte, d’une toute autre dimension et se situe au-delà des régimes politiques, des idéologies et des religions !

    Elle est aussi, cette révolte, proche de celle de « L’homme révolté » d’Albert Camus…

     

    NOTE : en France les collèges et les lycées Pierre Joseph Proudhon, « ne courent pas les rues » : il existe bien un collège Pierre Joseph Proudhon à Besançon, mais aucun lycée du même nom nulle part en France…

    Des collèges « Georges Brassens » oui on en trouve ainsi que des collèges Léo Lagrange…

    Mais « il faut croire » que l’œuvre et que la vie de Pierre Joseph Proudhon « ne figurent guère en haut lieu des programmes de l’Education Nationale » !

     

     

     

  • Albert Londres, vie et mort d'un grand reporter, 1882-1932, de Pierre Assouline

    Comment mieux « résumer » l’œuvre d’Albert Londres qu’en citant cette pensée de lui, qui fut tout au long de son activité de journaliste, reporter et correspondant de guerre en de si nombreux pays, de 1914 à 1932… Le fondement même de son œuvre :

     

    « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie »

     

    Ce que doit être le journalisme pour Albert Londres, c’est aussi ce que doit être la littérature – la poésie, la prose, le texte, l’article, la note, l’anecdote, le récit, le roman, l’essai – pour un écrivain, un romancier, une femme, un homme d’écriture…

     

    Confrontés que nous sommes à ce qui se passe autour de nous, au plus proche comme au plus lointain et pour autant que nous nous trouvions là où ça se passe, que nous pouvons préciser et situer dans le temps et dans l’espace, pour autant que nous nous souvenions, pour autant encore et aussi que nous l’ayons appris et vérifié selon les sources les plus fiables, les plus sûres ou les moins corrompues… Témoins que nous sommes de notre époque… Faire œuvre d’écriture – de quelque manière que ce soit, par la poésie, par le roman, par le récit – ce n’est pas faire plaisir, ce n’est pas faire du tort, ce n’est pas agiter comme le fait le marchand ambulant dans la foule de la fête nocturne, le « lézard lumineux »… C’est de dire le vrai, de dénoncer, et aussi… D’extraire du tableau raté, de la beauté…

    Extraire du tableau raté, de la beauté, c’est de plus en plus difficile, mais c’est de plus en plus nécéssaire…

     

    Le vrai et le faux, le mal et le bien, sont entremêlés ; l’« image de marque » ou l’apparence que l’on se donne n’est – c’est selon- qu’en partie seulement, ou assez peu le plus souvent, en conformité avec la « vérité intérieure et profonde en soi ; toutes les libertés que l’on se donne et dont on se réclame – sont malmenées dans cette « double dépendance » qui est la nôtre par rapport à ce qui nous vient d’au delà de nous et par ce qui procède de l’intérieur de nous mêmes…

    Mais c’est bien cela l’exercice, l’œuvre, le travail de toute une vie, dans la condition humaine qui est la nôtre de « tout seul dans sa peau jusqu’à la fin de ses jours » … À accomplir dès lors que l’on devient le témoin qui s’exprime, qui dit, qui raconte… Autrement que ne le fait le « lézard lumineux » agité par le marchand ambulant portant son étalage retenu sur son ventre par des courroies…

     

    De 1914 à 1932… Pas d’internet, pas de numérique, pas d’avions… Mais Les « Chargeurs Réunis » et les « Messageries Maritimes » trois semaines pour Cayenne, un mois Saigon…

     

     

  • Résister, livre de Salomé Saqué, Payot, janvier 2026

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    4 ème de couverture :

    « L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s’imposent, alors que le front républicain se fracture.

    À l’international, les forces réactionnaires construisent une collaboration puissante.

    Il est encore temps d’inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir urgemment ».

     

    Depuis 2015, un site d’extrême droite « Réseau Libre », hébergé en Russie Poutinienne, prône la violence de masse, cible et menace de mort des journalistes, des avocats, des syndicalistes, des membres de la société civile, et, généralement les personnes les plus actives du « tout un chacun » de la résistance à l’extrême droite.

    Certes, en France et dans les pays de l’Union Européenne, dans une liberté d’expression modérée, conditionnée, encadrée, épiée par les algorithmes, les « standards » des plateformes numériques et des réseaux sociaux… Ce n’est – encore loin s’en faut en 2026- pas comme en Russie Poutinienne, en Iran des Mollahs ou en Chine de XI Jinping…

    Mais -soit dit en passant- aux USA de Donald Trump, de DJ Vance, de Maga et d’Elon Musk « on s’en rapproche »…

    C’est surtout l’importance prise par le numérique – l’internet, les réseaux sociaux, les blogs-

    qui entretient une « réalité parallèle » de contenus générés par l’intelligence artificielle, d’images, de vidéos, de « fakes news », tout cela par des influenceurs dominants sur les plateformes numériques, ayant chacun de ces influenceurs médiatisés, des milliers voire des millions d’abonnés (followers)…

    Twitter par exemple, devenu « X » repris en 2024 par Elon Musk, avec 230 millions d’abonnés ; ainsi que d’autres réseaux sociaux (dont pourtant certains de ces réseaux tels que Facebook et Instagram se réclament de « standards ») se sont dotés eux – Tik Tok en est, de ces réseaux- de logiciels et d’algorithmes non pas « modérateurs » (comme ils devraient vraiment l’être) mais « boosteurs » de haine, de violences, d’incitation à nuire, à attenter à des personnes, à diffuser, à poster des propos discriminatoires, antisémites, racistes, etc. …

    La résistance, la vraie résistance, n’est pas « à priori » faire acte de violence – et n’appelle pas à tuer… Quoi qu’en cas de nécessité « occurrentielle », urgente et s’imposant en derniers recours, elle puisse se manifester (mais en évitant de s’installer dans la durée)…

    La résistance, la vraie résistance, se manifeste dans le refus de céder au découragement.

    Le refus de céder à cette idée selon laquelle « on ne peut rien changer »… Et cela commence, cette résistance là, lorsque l’on « se regarde soi-même dans une glace »… Avec la certitude que d’autres que nous-mêmes aussi, se regardent dans une glace… Car « si l’on ne peut changer le monde, on peut se changer soi-même »…