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Livre

  • Albert Londres, vie et mort d'un grand reporter, 1882-1932, de Pierre Assouline

    Comment mieux « résumer » l’œuvre d’Albert Londres qu’en citant cette pensée de lui, qui fut tout au long de son activité de journaliste, reporter et correspondant de guerre en de si nombreux pays, de 1914 à 1932… Le fondement même de son œuvre :

     

    « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie »

     

    Ce que doit être le journalisme pour Albert Londres, c’est aussi ce que doit être la littérature – la poésie, la prose, le texte, l’article, la note, l’anecdote, le récit, le roman, l’essai – pour un écrivain, un romancier, une femme, un homme d’écriture…

     

    Confrontés que nous sommes à ce qui se passe autour de nous, au plus proche comme au plus lointain et pour autant que nous nous trouvions là où ça se passe, que nous pouvons préciser et situer dans le temps et dans l’espace, pour autant que nous nous souvenions, pour autant encore et aussi que nous l’ayons appris et vérifié selon les sources les plus fiables, les plus sûres ou les moins corrompues… Témoins que nous sommes de notre époque… Faire œuvre d’écriture – de quelque manière que ce soit, par la poésie, par le roman, par le récit – ce n’est pas faire plaisir, ce n’est pas faire du tort, ce n’est pas agiter comme le fait le marchand ambulant dans la foule de la fête nocturne, le « lézard lumineux »… C’est de dire le vrai, de dénoncer, et aussi… D’extraire du tableau raté, de la beauté…

    Extraire du tableau raté, de la beauté, c’est de plus en plus difficile, mais c’est de plus en plus nécéssaire…

     

    Le vrai et le faux, le mal et le bien, sont entremêlés ; l’« image de marque » ou l’apparence que l’on se donne n’est – c’est selon- qu’en partie seulement, ou assez peu le plus souvent, en conformité avec la « vérité intérieure et profonde en soi ; toutes les libertés que l’on se donne et dont on se réclame – sont malmenées dans cette « double dépendance » qui est la nôtre par rapport à ce qui nous vient d’au delà de nous et par ce qui procède de l’intérieur de nous mêmes…

    Mais c’est bien cela l’exercice, l’œuvre, le travail de toute une vie, dans la condition humaine qui est la nôtre de « tout seul dans sa peau jusqu’à la fin de ses jours » … À accomplir dès lors que l’on devient le témoin qui s’exprime, qui dit, qui raconte… Autrement que ne le fait le « lézard lumineux » agité par le marchand ambulant portant son étalage retenu sur son ventre par des courroies…

     

    De 1914 à 1932… Pas d’internet, pas de numérique, pas d’avions… Mais Les « Chargeurs Réunis » et les « Messageries Maritimes » trois semaines pour Cayenne, un mois Saigon…

     

     

  • Résister, livre de Salomé Saqué, Payot, janvier 2026

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    4 ème de couverture :

    « L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s’imposent, alors que le front républicain se fracture.

    À l’international, les forces réactionnaires construisent une collaboration puissante.

    Il est encore temps d’inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir urgemment ».

     

    Depuis 2015, un site d’extrême droite « Réseau Libre », hébergé en Russie Poutinienne, prône la violence de masse, cible et menace de mort des journalistes, des avocats, des syndicalistes, des membres de la société civile, et, généralement les personnes les plus actives du « tout un chacun » de la résistance à l’extrême droite.

    Certes, en France et dans les pays de l’Union Européenne, dans une liberté d’expression modérée, conditionnée, encadrée, épiée par les algorithmes, les « standards » des plateformes numériques et des réseaux sociaux… Ce n’est – encore loin s’en faut en 2026- pas comme en Russie Poutinienne, en Iran des Mollahs ou en Chine de XI Jinping…

    Mais -soit dit en passant- aux USA de Donald Trump, de DJ Vance, de Maga et d’Elon Musk « on s’en rapproche »…

    C’est surtout l’importance prise par le numérique – l’internet, les réseaux sociaux, les blogs-

    qui entretient une « réalité parallèle » de contenus générés par l’intelligence artificielle, d’images, de vidéos, de « fakes news », tout cela par des influenceurs dominants sur les plateformes numériques, ayant chacun de ces influenceurs médiatisés, des milliers voire des millions d’abonnés (followers)…

    Twitter par exemple, devenu « X » repris en 2024 par Elon Musk, avec 230 millions d’abonnés ; ainsi que d’autres réseaux sociaux (dont pourtant certains de ces réseaux tels que Facebook et Instagram se réclament de « standards ») se sont dotés eux – Tik Tok en est, de ces réseaux- de logiciels et d’algorithmes non pas « modérateurs » (comme ils devraient vraiment l’être) mais « boosteurs » de haine, de violences, d’incitation à nuire, à attenter à des personnes, à diffuser, à poster des propos discriminatoires, antisémites, racistes, etc. …

    La résistance, la vraie résistance, n’est pas « à priori » faire acte de violence – et n’appelle pas à tuer… Quoi qu’en cas de nécessité « occurrentielle », urgente et s’imposant en derniers recours, elle puisse se manifester (mais en évitant de s’installer dans la durée)…

    La résistance, la vraie résistance, se manifeste dans le refus de céder au découragement.

    Le refus de céder à cette idée selon laquelle « on ne peut rien changer »… Et cela commence, cette résistance là, lorsque l’on « se regarde soi-même dans une glace »… Avec la certitude que d’autres que nous-mêmes aussi, se regardent dans une glace… Car « si l’on ne peut changer le monde, on peut se changer soi-même »…

     

     

     

  • La double personnalité du criquet, roman de Jean Pierre Poccioni

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    Roman sorti en janvier 2025, édité par Héliopoles collection Serge Safran

     

    NOTE préalable :

     

    Pour celles et ceux, lectrices et lecteurs de notre « beau pays de France » - de France ET d’ailleurs « amoureux » de notre « belle langue » - tant à l’écrit qu’à l’oral, car « ne l’oublions pas » : « il siérait fort en ces temps de grammaire, d’orthographe et de vocabulaire simplifiés à l’excès par souci égalitaire d’accessibilité à tous, que l’on parlât comme l’on écrivît pour autant que l’on écrivît dans « les règles de l’Art »…

    Pour celles et ceux donc, qui ne connaissent pas encore Jean Pierre Poccioni et s’apprêtent à le découvrir, je recommande avec une ferveur « non feinte » ses ouvrages publiés…

     

    Soit dit en passant, « dans le genre », tous les romans de Jean Pierre Poccini « font référence » en matière de qualité de la langue Française (Cherchez les néologismes « hasardeux », les « effets de style – et autres « affèteries »… Vous n’en trouverez point!) C’est plus que du « bio » c’est du pur (rire)…

    Et de surcroît – je n’ose parler de « cerise sur le gâteau » - « expression dont je ne suis guère un familier » … « En plus » il y a, chez Jean Pierre, la personnalité qui lui est propre… Pour ne pas dire « hors du commun »…

    En somme, né à Paris en 1948 (mars je crois?) et ayant exercé le métier d’enseignant en Lettres, et en tant qu’écrivain romancier, il est – à sa manière- un « témoin de son temps »…

     

    Ouvrages de Jean Pierre Poccini publiés avant « La double personnalité du Criquet » :

     

    En 2000 à Autrement : Le beau désordre

    En 2006 à Phébus : La maison du faune

    En 2008 aux éditions du Rocher : Un garçon en ville

    En 2015 Editions Pierre Guillaume de Roux : La femme du héros

    En 2018 à Z4 Editions : L’histoire du marin blond

    En 2019 aux éditions Weyrich : Lungomare Bellini

    En 2023 aux éditions Serge Safran : Venise à l’heure du Spritz

     

     

    « La double personnalité du criquet » c’est :

     

    Vu, observé, analysé « cliniquement parlant » - si l’on peut dire- par Jean Pierre Poccioni, le rapport de relation entre voisins, connaissances, dans un « climat » de harcèlements, de comportements agressifs, d’insultes, de menaces, de violence, d’insolence, de brutalité, d’individualisme exacerbé, d’inciviliés, de mépris de l’autre, de bassesse, de lâcheté, de médiocrité autant culturelle que de relation humaine…

    Ainsi que de l’impuissance des autorités publiques, de la police – municipale, ou de gendarmerie…

    Et tout à fait à la fin du livre, une « surprenante et inhabituelle » manifestation d’intelligence réactive, du personnage principal et de sa famille…

    (Comme un verre en cristal de Baccarat, en quelque sorte, inséré au beau milieu de verrerie et de porcelaine ébréchées sur un étalage de marché)…

     

    Mais à tout cela – et je le dis parce que j’en suis persuadé – en tant que témoin de mon temps et observateur auquel on reproche d’être « dans la lune et à côté de la plaque des réalités et du vécu dans le vrai »…

    S’oppose ce dont les médias, les télés, n’évoquent hélas jamais, en l’occurrence « la France qui va bien, la France des bonnes et belles personnes – qui n’ont pas forcément fait des études supérieures et dont certains ont du mal à s’exprimer …

    La France des enfants et des adolescents qui te disent bonjour alors que tu ne les connais ni d’Eve ni d’Adam, la France des gens qui se dévouent pour une cause ou pour une autre, la France des bénévoles dans des associations, la France de la solidarité dans l’épreuve, la France du voisin ou de l’ami sur lequel on peut compter dans la peine ou dans la difficulté (autre que celle des « marches blanches pour marquer le coup »), la France des travailleurs et des honnêtes gens, la France des personnes qui accueillent et ne te regardent pas de travers parce que tu n’es pas du coin ou parce que tu as une drôle de tête…

    Et cette France là n’en déplaise aux médias et aux télés, elle est « encore majoritaire » - c’est dire qu’elle concerne au moins un Français sur deux et que dans dix, vingt ans, elle prendra « mine de rien » le dessus sur la France qui va mal…

     

    Et de cette France là  qui va bien, je me soucie peu de savoir quel bulletin de vote elle met dans l’urne lors d’une élection présidentielle ou législative – en dépit du fait que je déplore le vote RN - et de quel modèle de smartphone ou de bagnole elle se dote… (rire)…

     

     

  • Le barman du Ritz, de Philippe Collin

    Livre publié en 2024 chez Albin Michel.

    Philippe Collin est producteur de radio, auteur écrivain, scénariste de bande dessinée, et journaliste Français, né le 6 avril 1975 à Brest.

     

    En France de « l’État Français » de Philippe Pétain et de Pierre Laval en 1943, quand les Anglais avec leurs avions bombardaient des usines et des infrastructures autour de Paris ou même sur Paris, et que cela faisait dix, quinze, vingt ou mille morts à chaque bombardement… C’étaient eux, les Anglais, les assassins ! Pas les Allemands dont on « savait sans le savoir » qu’ils exterminaient des gens dans des camps de concentration, et qu’ils se livraient à des tortures de personnes arrêtées…

     

    Il faut lire « le barman du Ritz » de Philippe Collin, qui retrace, vu du Ritz, grand hôtel Parisien, les années de l’Occupation de 1940 à 1944… Tous ces dignitaires de la Werhmacht et de la SS, avec les pontes de Vichy, de la collabation, des voyous de haut vol, de tout ce qu’il y a de plus crasseux dans la société, qui s’empiffraient, festoyaient…

    Les hommes de la Gestapo pendant 4 ans, avec toutes les personnalités en vue du régime de Vichy – entre autres ce Laffont, gros entrepreneur du bâtiment devenu général SS Français dans le gouvernement de Pierre Laval à partir de 1943 – trinquent, « moult cocktails » élaborés par Frank Meier (dont personne ne sait qu’il est Juif) le barman du Ritz, et le champagne coulant à flots, avec la terrible veuve Ritz, Coco Chanel, Sacha Guitry, Jean Cocteau, Jean Anouilh, des directeurs de théâtre, des artistes, des comédiens – tous plus ou moins ralliés (certes à leur manière ou selon leurs intérêts) à l’ordre décadent, obscène, qui régnait à cette époque en France sous l’occupation Allemande…

    Mais aussi, outre tous ces « collabos » il y avait des résistants, des profiteurs de guerre, des instigateurs même, complotant en vue d’un attentat contre Hitler…

     

    Après la libération, dans les toutes premières années de la 4ème République avec Vincent Auriol président, après le 1er gouvernement de la France libérée – avec Charles De Gaulle et les Communistes et les socialistes majoritaires à l’assemblée… L’on a vu tous ces anciens collabos, grands truands, industriels, patrons, voyous de haute volée, flics de Vichy patrons de police sous Laval, et un certain nombre de « gens louches » opulents de la bourgeoisie d’affaire… « Reconvertis » dans le « nouvel Ordre » ! (Qui de nos jours, 4 générations plus tard, ont leurs descendants directs ou indirects, « bien placés » sur l’échelle sociale et aux commandes !)

     

    Enculatory Lavatory Vécé cireur Crapulatory…

     

     

  • La femme gelée, d'Annie Ernaud

    Annie Ernaux, écrivain française née à Lillebonne (Seine Maritime) le 1er septembre 1940 ; Prix Nobel de Littérature en 2022 pour l’ensemble de son œuvre…

    Professeur de Lettres à Annecy puis à Pontoise…

     

    La femme gelée, roman autobiographique, est sorti publié en 1981 l’année de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République française… Ce qui « situe » - en quelque sorte- ce roman, dans le « contexte politico-social » de l’époque, treize ans après mai 1968 et précédé des « années Giscard » 1974-1981 » … « C’est tout dire »…

     

    Un regard lucide - « au scalpel » par le style d’écriture (Nous sommes dans le genre « Nouveau Roman » - mais « version personnelle parfois un peu déstabilisante Annie Ernaux)… Du rapport en couple où se trouve « battus en brèche » les idéaux d’égalité entre homme et femme ; un regard observateur, du début à la fin du livre, sur ce qu’est une vie d’enfant – de fille- puis d’adolescente dans ses aspirations de liberté, et enfin de femme mariée et mère, prise au piège du patriarcat et de l’étouffement progressif de la femme au foyer.

    Une œuvre poignante, viscérale, honnête et sincère…