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dope

  • Entre les murs...

    ... Film de Laurent Cantet, palme d'or au festival de Cannes en 2008, sur LCP à 21h le dimanche 7 juin 2026

     

    Un jeune professeur de Français dans un collège difficile – une classe de 4 ème – du 19 ème arrondissement de Paris…

     

    Une première remarque – à mon sens – s’impose : ce film a été produit en 2008 c’est à dire que, étant en 2026, se sont écoulées 18 années, l’espace d’une génération … Et que nous ne sommes plus comme en 2008, dans un contexte, question rapport entre l’enseignant et les élèves – des jeunes de 14/15 ans- de « joutes verbales stimulantes, humoristiques ou de réparties empreintes de contestation »…

    C’est qu’en 2008 il n’y avait pas encore – du moins pas à ce point comme aujourd’hui- de consommation à grande échelle de « dopes » (stupéfiants) dans les collèges et dans les lycées…

    Il n’y avait pas non plus, en 2008, Tik-Tok, ce réseau social aujourd’hui omni présent chez les moins de vingt ans…

    Et les flux migratoires en 2008 n’avaient pas encore évolué comme ils ont évolué et fait « éclater la société » à partir de 2014.

     

    Ce sont bien là « trois évolutions délétères » en l’espace d’une génération : la dope, les réseaux sociaux, le changement de nature des flux migratoires…

    Et qui, ensemble conjugués et donc reliés entre eux, ont contribué à davantage de violence, d’agressivité, d’incivisme, de communautarisme exacerbé, de perte du sens même des mots, d’un déficit manifeste d’acquis de connaissances, tout cela ouvrant la porte aux obscurantismes, au fanatisme religieux, à un individualisma accru fondé sur le besoin de consommer, de paraître…

     

    Les flux migratoires depuis 2014 ont amené dans notre pays la France – en toutes régions et donc non pas seulement à Paris, Lyon, Marseille et les grandes villes mais aussi dans les zones rurales de ce que l’on appelle « la France profonde »- des jeunes avec leurs parents venant de pays en guerre, de pays de régimes autoritaires et qui n’ont connu que de la répression, que de la violence, que de l’insécurité, que de la misère, dans des camps de réfugiés, dans les pires conditionnements environnentaux qui ont été les leurs dans le pays qu’ils ont quitté avec leurs parents voire même seuls entre 15 et 20 ans… Et ils arrivent dans un pays, la France, où ils ne connaissent qu’un seul mode de relation : celui du rapport de force par la violence… Et pour cette raison, le « dialogue » ça n’a pour eux aucun sens, ils prennent ça pour de la faiblesse qu’ils exploitent à leur avantage…

     

    L’usage des stupéfiants a modifié les comportements, accru la dépendance et – pour ainsi dire » - « vidé le contenu des êtres » …

     

    Les réseaux sociaux – surtout Tik Tok privilégié par les moins de vingt ans – ont fait de la liberté d’expression des torchons sales agités, et de l’information instantanée des mensonges, des contre-vérités, de la « connaissance » empirique, et amplifié les obscurantismes…

     

    Les partis politiques, la police, la Justice, les associations, les systèmes éducatifs… Tous critiqués, tous décriés, rendus responsables, devenus des « boucs émissaires » - comme si tout ne dépendait QUE d’eux… Oui il y a bien de cela… Mais « ça n’explique pas tout » ! C’est une question, comme celle de ce qu’est un arbre : des racines qui s’enfoncent dans le sol, des branches qui s’élèvent vers le ciel… Et non pas un tronc sans racines et sans branches avec dans le tronc devant un tou pour avaler et derrière un trou pour évacuer…