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maïs

  • Restrictions d'eau : mais pour le maïs ?

    27 départements Français viennent d’être déclarés en crise sècheresse et canicule, et en conséquence subissent des restrictions d’eau interdisant l’arrosage des jardins et le remplissage renouvellement en eau des piscines privées, quand ce ne sont pas des coupures d’alimentation en eau, ponctuelles, de telle heure à telle heure, décidées dans les cas extrêmes…

     

    Mais en ce qui concerne l’arrosage du maïs cultivé sur de grandes surfaces, pas de restriction pour le pompage direct dans les rivières ou en profondeur pour puiser dans les nappes phréatiques ou pour constituer d’immenes réserves (des bassines)…

     

    Si l’on compare la quantité d’eau utilisée en usage domestique au quotidien, et même en incluant dans cet usage l’arrosage des jardins (des plants de tomates, haricots, etc. … Et de parterres de fleurs) – en excluant tout de même les piscines – avec la quantité d’eau pour la culture du maïs, le rapport peut s’établir de l’ordre de 1 pour 5 soit 1 pour l’utilisation de l’eau en usage domestique et 5 pour le maïs… Ce qui fait bien là, une disproportion notable !

     

    C’est que le maïs en culture intensive sur de grandes surfaces dans les régions françaises, dont le besoin en eau s’accroît durant les périodes de sècheresse et de canicule – et qui est déjà très important en période « normale » - c’est :

     

    - La production d’amidon, de cet amidon que l’on retrouve partout dans notre alimentation notamment les produits à base de céréales, le lait, les fromages, les pommes de terre, les plats cuisinés préparés prêts à consommer, etc. …

     

     

    -La production de méthane pour faire rouler les bus urbains au biogaz et en usage industriel (chaleur, énergie), et aussi en usage domestique (chauffage, climatisation dans les habitations, eau chaude des salles de bain, cuisson)

     

    -La production d’Ethanol (GNL) pour les véhicules roulant au bio-carburant, pour les navires de croisière…

     

    -Enfin aussi pour la production de maïs d’ensilage dans lequel sont inclus toutes sortes de composants agro chimiques afin que ce maïs d’ensilage nourrisse des vaches qui vont faire, par leurs bouses, du méthane ; des veaux d’élevage intensif et accéléré, d’énormes quantités de poulets, de poules pondeuses en élevage industriel  ; des porcs…

     

    L’on imagine alors, si l’on n’arrosait plus autant le maïs, ce qu’il adviendrait en matière de conséquences pour la production alimentaire, pour la production d’énergie… Mais aussi et surtout il faut dire, le « manque à gagner » pour les géants des marchés de produits de consommation, de véhicules, d’équipements ; pour l’économie de croissance de tout un pays !

    Impensable ce « manque à gagner » ! Trop d’emplois en jeu ! Il faut donc « ces énormes quantités de maïs en culture intensive »… Et bien évidemment, l’eau nécessaire pour que ce maïs pousse !

     

    Le maïs, oui…

    Mais il n’y a pas QUE le maïs pour entretenir et « doper » la croissance économique définie comme incontournable ; le maïs n’étant que l’un des principaux « fer de lance » de la « marche du monde », une marche qui interdit tout retour en arrière et dans laquelle nous sommes entraînés inexorablement comme dans le courant d’une rivière…

    Tout ce que l’on peut faire « au mieux » c’est de ralentir le courant (un peu comme des gosses qui joueraient à construire des barrages dans un petit ruisseau avec des bouts de bois ou en entassant des cailloux en travers)…

     

     

     

  • La culture du maïs en France

    Récemment sur France 5 lors de l’émission « Sur le front », le lundi 25 mai 2026, a été diffusée une émission documentaire reportage «  Que fait-on de tout ce maïs » ?

    Environ 3 millions d’hectares en France ont produit en 2025 :

    -De l’alimentation pour le bétail notamment et surtout les bovins, les porcs et les volailles

    -De l’amidon pour l’alimentation humaine transformée, et pour la chimie

    -Du bioéthanol (biocarburant)

    -Du méthane dont la production progresse et concerne surtout de gros exploitants agricoles (le nombre d’unités de méthanisation augmente chaque année), et les exploitations méthanières se concentrent principalement dans l’ouest et le sud-ouest, dans le grand est de la France et dans le nord hauts-de-France…

    -Du fourrage pour l’ensilage, qui prend une part plus importante que le grain, pour l’alimentation des vaches (produire davantage de lait et de viande).

     

    Pour nourrir les bovins, les porcs et les volailles : 1,5 million d’hectares dont plus de la moitié ensilage et le reste en grain

    Pour l’amidon : 600 000 hectares

    Pour du bioéthanol : 300 000 hectares

    Pour du méthane : 600 000 hectares

    Total donc 3 000 000 hectares soit 30 000 kilomètres carrés ou… Cinq fois la surface du département des Vosges (ou 3 fois et demi le département des Landes).

     

    Il faut par année environ 2,5 milliards de mètres cubes d’eau pour irriguer tout ce maïs, eau captée directement dans les rivières ainsi que dans des bassines (sortes d’immenses « piscines »).

    Lors de périodes de sècheresse durant lesquelles des dispositions préfectorales limitent la consommation d’eau (jardins, lavage de voitures, usage domestique), en revanche pour la culture du maïs il n’y a pas de restriction.

     

    Si les prélèvements en eau dans les rivières, en hiver et au printemps, sont trop importants lorsque le temps est sec ou en cas d’insuffisance des précipitations pluie et neige, il y a un impact réel sur les nappes phréatiques et sur les zones humides.

    Et dans les bassins déficitaires en quantité d’eau, le maïs irrigué est un facteur majeur de tension sur la ressource en eau durant l’été.

     

    Les herbicides (glyphosate en particulier), les insecticides utilisés en masse, ainsi que les néonicotinoïdes et les fongicides, sont des polluants que l’on retrouve dans les sols ; et, combinés tous ces produits, avec l’étendue de la monoculture et avec l’irrigation sur de grandes surfaces ; ont des conséquences sur la biodiversité : les petits mammifères, les insectes et les oiseaux disparaissent du fait d’un environnement qui leur devient défavorable, et d’un manque de refuges et de nourriture.

     

    Les aliments riches en amidon, produits industriellement dans une logique de marché (c’est pour cette raison qu’une partie du maïs cultivé « part en amidon ») les plus commercialisés et les plus consommés ( pains, pâtes, riz, pommes de terre, lentilles, haricots secs etc. …) ainsi que les  produits transformés tels que les sauces, les potages, les desserts lactés, les bonbons à base d’amidon de maïs et de blé ; de surcroît contenant outre des pesticides et des néonicotinoïdes mais aussi du cadmium ; affectent la santé des gens (obésité, cancers, maladies dégénératives, déficiences diverses, maladies pulmonaires, diabète, insuffisance rénale, etc. …)

    Même le « bio » notamment de « grande surface genre Biocoop ou So Bio » est impacté (certes avec les pesticides en moins), la pluie qui tombe n’est pas « bio » loin s’en faut, et s’il n’y a pas les pesticides dans le bio, il y a quand même « tout le reste » !

     

    Cela dit (petite parenthèse) « il n’y a jamais eu, paradoxalement, autant de centenaires » ! (Mais cela ne durera pas, on en reparlera aux abords des années 2100)…

     

    Une remarque s’impose cependant « dans cette affaire là » : c’est que les télés, les médias, les contestants, les anti ceci/cela… Entretiennent des « campagnes » et des actions par le biais d’associations, de courants d’opinions exacerbées qui se révèlent « contre-productifs » ; dans la mesure où des journalistes de reportage filment dans des zones où les phénomènes sont le plus visible, et où ils interrogent les acteurs directement concernés sur les lieux mêmes (des agriculteurs dans leur champ sur leur tracteur, des riverains ; et cela dans le but d’un enjeu national et dans un cadre ou un récit narratif plus ou moins déformé ou arrangé pour la cause)…

     

    En somme « on fait du catastrophisme dans la catastrophe » ! (la catastrophe est bien réelle oui, mais « à dessein » soit on la minimise ou on l’occulte pour cause de développement économique de marché, soit au contraire on amplifie le catastrophisme par pur intérêt (intérêt marchand également) en alimentant les colères, en exacerbant les sensibilités : c’est la « grande caractéristique » cette « culture là » en ce second quart de 21ème siècle !