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paysage

  • Un rêve étrange

    Un chemin de promenade avec de part et d’autre des bois, des champs et des prés, et dans le lointain, quelques maisons d’habitation…

    Puis les bois, les champs et les prés peu à peu laissent place à un paysage désolé, de plus en plus aride, de rocailles, d’entassement de roches, de terre ocre, d’arbres morts de ci de là, et dans le lointain, des crêtes, des pics aigüs, de montagnes grises et pelées ; plus aucune habitation n’apparaît, le chemin devient étroit et rendu difficile à la marche, crevassé et jonché de gros cailloux, de pierres… Sous un ciel couleur rouge orangé et brumeux ; une chaleur ambiante étouffante…

     

    Au détour d’un virage en pente, assez long, apparaît un espace de terre nue en partie recouvert de gravier, d’une dimension de quelques centaines de mètres, délimité par une barrière de collines basses très rocheuses, de couleur gris-violet, encerclant l’espace…

     

    Et au milieu de cet espace, se tiennent des bâtiments délabrés ; en fait une suite de bâtiments… Étaient-ce ces bâtiments, une usine, une fabrique, des hangars de stockage de matériaux, des ateliers… ? Les fenêtres disjointes, sans vitres ou de vitres cassées, les toitures cependant encore en état, mais à l’intérieur les planchers séparant les deux niveaux rez-de-chaussée et étage, à moitié effondrés ; des machines-outils, des élévateurs, des échelles, des remorques, des brouettes, des échaffaudages brisés et tordus , tout un fratras d’objets divers… Tel était, abandonné, épars, rouillé, recouvert de poussière, tout ce que l’on pouvait apercevoir en arrivant près de ces bâtiments…

     

    Et – chose curieuse, surréaliste même – à l’intérieur, tout au long de ces bâtiments en enfilade, galopaient ou se tenaient juchés sur des tabourets, des meubles déglingués, des étagères d’armoires métalliques portes ouvertes… Des minous ! Des dizaines, peut-être des centaines de minous ! Il y en avait des gris, des blanc et noir, des roux, des tigrés, à poils ras ou longs, des plantureux, des maigrichons… Et qui n’avaient nullement, aucun de ces minous, un aspect farouche, que l’on pouvait approcher et même toucher sans qu’ils ne déguerpissent, si amènes qu’ils semblaient être et pourrait-on dire « amis des humains » !

     

     

    Littéralement médusé à la vue de tous ces minous, le promeneur que j’étais, égaré en ce lieu « éloigné de tout » et en l’état de délabrement, de nudité et d’aridité, de silence angoissant où se trouvait ce lieu… Demeurait coi, immobile, observateur, perdu dans des pensées, dans quelque chose qui ressemblait à une sorte d’étonnement heureux mêlé d’une sensation de solitude absolue quoique cette solitude « n’en était plus vraiment une »…

     

    C’est alors qu’observant attentivement à l’intérieur du bâtiment, apparurent jonchés sur le sol entre les gravats, des carcasses de volailles, des os avec de la viande autour, des boîtes de pâté ouvertes, des tas de déchets alimentaires carnés, qui devaient avoir été intentionnellemnt déposés – mais par qui ? – pour tous ces minous…

    Et, au sol, des cuvettes et bacs en plastique emplis d’eau…