… Être conscient de ce qui fait le fondement de sa pensée – en particulier de son « indépendance d’esprit » par rapport aux modes, à ce qui « court les rues » en matière d’idées, d’opinions, de visions du monde et de la société des uns et des autres… Être conscient de ce que l’on « porte en soi » qui nous différencie du commun, nous « singularise » ; et autour de soi « le faire connaître »…
Ce n’est pas pour autant le « trompetter » ni aspirer à rejoindre les « cercles du Pouvoir », la « caste » de ceux et de celles qui décident, font les modes, influencent… Quand bien même se livre-t-on à une critique de ceux et de celles là, dont on dénonce les comportements, les propos, les agissements…
Voltaire était conscient de ce qu’il valait, de ce qui faisait le fondement de sa pensée libre et indépendante… Mais il a en quelque sorte à sa manière, « tiré le fil par lequel il pouvait parvenir au plus près du centre de la bobine »…
… Et c’est vrai lorsque l’on dit de la langue française, de la beauté de la langue française, du meilleur de la langue française… Q’elle est « la langue de Voltaire »… « Cela veut dire assurément ce que cela veut dire…
Il a fallu attendre le 18 ème siècle – le « siècle des Lumières » - des sciences, du langage, de la philosophie… Après « l’Age classique » celui du 17 ème… Pour atteindre avec les œuvres, les écrits de Voltaire… Ce niveau là, en qualité, en nuances, en beauté, en richesse… De la langue française…
Mais de sa pensée, de ce qu’il fut en tant qu’homme de son temps, de la manière dont il a « tiré le fil » - en le rompant parfois et en le renouant en un nœud qu’il fit - « je n’en dirais pas autant que ce que j’en dis de sa langue, de sa grammaire »…
Et je suis donc… Et je reste… « plus camusien que Voltairien »… « Intérieurement parlant »… Et… D’esprit…
Et « plus proche » de ce que dit Albert Camus de « L’homme révolté »…
C’est le sens même de la révolte qui m’interpelle : je ne suis pas sûr de partager avec tout un chacun, et en particulier avec les plus révoltés d’entre nous qui ont fait connaître autour d’eux leur révolte, ce sentiment et ou cette pensée de la révolte au sens commun qui nous incline à nous opposer, à contester, à renâcler, à refuser, à nous écarter du chemin défini…
« Il n’y a pas » dis-je, de « Voie Royale » : ni celle avec les panneaux indicateurs des montreurs de direction ni celle que l’on inventerait et que l’on tracerait… Il y a juste « tout seul dans sa peau et dans ce que l’on éprouve jusqu’à la fin de ses jours … Et cet autre en face de toi ou à mille lieues de toi qui lui aussi est tout seul dans sa peau et dans ce qu’il éprouve jusqu’à la fin de ses jours »…