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regard

  • Le regard porté à l'autre - mais pas n'importe quel regard - "casse la solitude"

    Apprendre à penser, à réfléchir, à se montrer précis dans ce que l’on dit et dans ce que l’on écrit, à donner aux mots que l’on emploie leur véritable sens, à échanger des idées et non pas au plus souvent produire des effets, à écouter ce qui se dit autour de soi et à le mesurer… Et – en ce terme qui est le mien - « exister l’autre plutôt que de s’exister »… S’attacher à dialoguer plus qu’à polémiquer ; c’est ce qui peut réduire la violence et l’agressivité…

     

    Mais dans les temps que nous vivons actuellement, c’est tout cela – réfléchir, mesurer, écouter etc. - qui a en grande partie disparu de la relation humaine.

     

    Cependant s’impose une réalité, celle de l’impossibilité qu’il y a dans la relation d’un bref instant, relation « d’une seule et unique fois » ou relation tout à fait occasionnelle, ou encore renouvelée de loin en loin, et toujours brève… De dire les mots, tous les mots, les milliers de mots que l’on aimerait bien pouvoir prononcer, tous ces mots si différents de ceux que l’on ne cesse d’entendre, qui martèlent ou assourdissent, tous ces mots aussi, qui « font croire que », qui trompent, qui abusent, qui entraînent…

     

    Alors à défaut de pouvoir dire ces mots, ces milliers de mots qui nous viennent de ce que l’on porte en soi et que les autres pourraient avoir besoin d’entendre de nous ; il reste le regard porté à l’autre, ce regard en totale « adéquation » avec ce que l’on porte en soi et ne ressemble qu’à nous mêmes et à personne d’autre… Mais « l’adéquation » il faut dire qu’elle n’est pas certaine, absolument pas certaine, et c’est tout juste si au mieux, elle peut être approchée…

     

    Le regard en ce sens, c’est presque ce qui entre dans une relation qui ne sera jamais parce qu’elle n’est que d’un seul et unique instant, ou qui est seulement épisodique et souvent limitée dans le temps.

     

    Et il ne peut y avoir « adéquation » entre les mots, les milliers de mots ne pouvant être dits, et ce que l’on porte en soi pouvant impacter l’autre ; que si l’on a appris à penser, à réfléchir et à être précis dans ce que l’on dit ou écrit, à donner aux mots que l’on emploie leur véritable sens…

     

    C’est pourquoi, en ce sens aussi, que le regard porté sur des personnes croisées dans un lieu public, un lieu de passage, prend toute sa signification, toute son importance, et que l’expérience du regard porté à l’autre est presque toujours une expérience heureuse, aussi aléatoire que soit l’existence de ce qui a pu être échangé dans l’instant du regard…

    C’est «malheureux à dire » - parfois même « désespérant » - de nos jours en tout lieu public, plus personne ne regarde personne.

     

    Le regard, le « vrai regard »… « Casse la solitude » …

     

     

  • Regard dans les yeux

    … « Peut-on imaginer plus grand miracle que celui qui a lieu lorsque nous nous regardons dans les yeux les uns les autres l’espace d’un instant ? « 

     

    [ Henry David Thoreau, Walden ]

     

    … Certes, dans l’espace d’un instant, si bref, si fugitif – même si cet instant est comme un « petit espace d’éternité », ce regard dans les yeux les uns les autres ne nous réunit pas dans les « vingt-mille lieues de nos vécus, de nos écritures, de nos passions, de nos attentes, de nos quêtes d’un ailleurs et d’un autrement, tout cela étant impossible à faire passer en un instant si bref… Mais nous réunit dans cette soudaine, furtive et réciproque conscience aiguë de nos existences respectives… Et c’est sans doute là le « miracle » : cette conscience aiguë de l’existence de l’autre, une sorte, en somme, de « coup de foudre » entre deux ou plusieurs êtres, et donne à chacun regardant l’autre dans les yeux, l’impression de se connaître depuis toujours… Alors même qu’à peine une minute plus tard, nous nous éloignons l’un de l’autre, les uns des autres, nos routes et nos destins étant différents, et que nous ne nous reverrons jamais…

     

    Ce qu’il reste de cet instant où nous nous regardons dans les yeux, c’est la trace que ce regard laisse pour un temps ou pour toujours, et qui nous accompagne, même si dans la trace il n’y a que de l’imaginaire…

     

     

    Nous ne sommes jamais autant réunis que lorsque nous nous regardons les uns et les autres dans les yeux…

     

    Dans des manifestations contre ou pour ceci ou cela, dans ces longs défilés et de marche dans la rue ; dans des opinions publiques partagées et relayées, dans des cérémonies, dans des spectacles où l’on rit tous ensemble, dans les dîners de famille, dans les assemblées dont on fait partie, de personnes… Nous ne sommes réunis qu’en apparence, dans des préoccupations qui nous sont communes, dans des échanges en lesquels le regard porté sur l’autre et que cet autre nous porte, n’est pas présent… Ou s’il l’est, présent, il ne nous réunit pas, il nous regroupe, nous accole, nous apparente, nous fédère, nous assortit… Ce qui n’est pas la même chose que de nous réunir…

     

     

  • Sans rien sur le crâne

    Sans bonnet ni chapeau ni casquette ni lunettes de soleil

    Dans les torrents de lumière estivale

    Dans l’haleine glacée de la saison hivernale

    Par tous les temps et en tout lieu

    Sans marque sur aucun vêtement porté

    Un visage un sourire un regard et une allure sans fioritures

    Se moquant des modes

    Et de la dureté du monde

    Traversant les espaces d’indifférence

    Balayés d’un grand vent de heurts

    Se portant tout droit devant

    En ces lieux où ça clingue où ça bingue où ça circule où ça se croise

    Fiers et déterminés

    Mais plus déterminés que fiers

    Ce visage là ce sourire là ce regard là

    Qui te rentrent dedans

    Et ne se font jamais olive bien huilée bien profond dans le fondement