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Journal - Page 127

  • Fanatismes

    Le seul fanatisme auquel j’adhère est le fanatisme contre les fanatismes.

    Définition du fanatisme ( Larousse ) :

    « Dévouement absolu et exclusif à une cause qui pousse à l’intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence »…

    Ou encore :

    « Attachement passionné, enthousiasme excessif pour quelqu’un, quelque chose »…

    D’aucuns – et ils auront forcément raison – diront « que mon fanatisme contre les fanatismes n’est autre que du fanatisme en tant que fanatisme »…

     

    En assumant et en reventiquant son fanatisme contre les fanatismes, l’on n’échappe pas à sa condition humaine… Car il est extrêmement difficile, en tant qu’humain et enclin à la réflexion, à la mesure, à une « certaine intelligence dans la relation » autrement dit dans le meilleur des cas, de se situer au-delà (ou indépendamment) de tout fanatisme y compris du fanatisme contre les fanatismes…

    D’ailleurs « est-ce souhaitable » de se situer « au-delà de tous les fanatismes, et surtout au-delà du fanatisme contre les fanatismes ?

     

    Il est clair qu’en ce monde, du point de vue de ce que représente la pensée, la réflexion et de ce qu’impliquent la pensée et la réflexion, le fanatisme contre les fanatismes ne peut qu’être partagé par ceux et celles d’entre nous qui sont « des gens raisonnables » et qui, donc, adhèrent au fanatisme contre les fanatismes, assumé et revendiqué par celui ou celle qui s’en départit…

     

    Prenons un exemple (qui ne vaut que ce qu’il vaut mais peut-être « représentatif ») :

    Du temps de Zola il y avait les anti Zola…

    Émile Zola le romancier réaliste de la seconde moitié du 19 ème siècle, qui, de son écriture imaginée, de ses descriptions et peintures de la société de l’époque, dans l’art et dans la manière qui étaient les siens, et « avec brio » « ne faisait pas dans la dentelle »…

     

    Assurément si j’avais vécu du temps de Zola, j’aurais été résolument du côté de Zola, et contre, archi contre et pourfendeur de ses détracteurs que j’aurais honnis, iconoclastés, conspués, détestés…

     

    Tenez vous le pour dit : « fanatiques de tous bords sauf du fanatisme contre les fanatismes ; mon fanatisme contre les fanatismes vous écrabouillera de tout ce qui, de moi, ne fait pas dans la dentelle »…

     

    Qui, dites moi, peut « échapper à sa condition humaine » dans toute sa réalité « apparente et profonde » ? Qui peut se situer « au delà » (ou en indépendance totale) de la « force gravitationnelle » qui fait de nous, humains, des pommes tombant du pommier et non pas s’envolant dans le ciel ?

     

  • Les ouvriers

    Ouvriers.jpg

    De nos jours – en fait depuis peu de temps après Mai 68 – dans les médias, à la Télé, dans les courants d’idées, de pensée et d’opinion qui foisonnent, dans ce que l’on écrit, exprime, et dans les livres, les revues de presse, dans les débats publics et jusque dans les manifs… Et dans les syndicats…

    L’on n’emploie plus, pratiquement plus le terme d’ ouvrier… L’on dit, l’on écrit « les employés, les travailleurs, les salariés »… Comme si l’ouvrier « en tant que vraiment ouvrier » n’existait plus…

    « Ouvrier » s’apparente à « Œuvre » et à « Ouvrage »…

    Œuvre, ouvrage, donc réalisation et, avec réalisation « savoir faire »…

    Dans l’imagerie populaire (de courant actuel d’idée) l’ouvrier c’est l’ouvrier d’usine… Mais comme il n’y a plus d’usines depuis que les usines ont fermé leurs portes pour s’implanter ailleurs très loin de notre pays la France (sauf celles qui sont, non plus des usines mais des « entreprises » implantées sur notre sol par des investisseurs étrangers, il n’y a donc plus d’ouvriers…

    De nos jours, la répression a « changé de visage » - quoiqu’elle se fasse tout de même encore comme en 1907 avec des agents de la force publique et des « armes non létales » qui peuvent tuer quand même – en ce sens que ce sont les décideurs, les tout-possédants, les milliardaires du numérique et des géants du Net, les actionnaires, qui exercent sur les salariés, les employés, les travaiileurs, une pression aussi constante qu’accrue… Et rendent dépendants, corvéables et jetables, des millions de personnes ne représentant plus que de la « valeur ajustable »… Ou des « consommateurs mettant cent balles dans le Dada » – lequel Dada « branle aussi un certain temps sans mettre de pièce, rien qu’en se dandinant des fesses et des guiboles »…

     

  • Les limites? De l'Intelligence Artificielle

    L’intelligence Artificielle sera toujours « battue à la course » en expression écrite, orale, picturale… Par ce qu’il existe de singulier, d’authentique, de plus vrai ; produit créé, imaginé et – il faut le dire aussi – travaillé, entretenu par une personne en particulier, ne ressemblant en rien à ce que réalise une autre personne.

     

    Il existe – c’est indéniable – en quelque sorte « deux grammaires différentes » en matière d’expression écrite, orale, picturale… Et, par extension, en toute forme d’art :

     

    -La grammaire « formelle » à laquelle celui ou celle qui crée, imagine et qui le fait produire, ne peut que se conformer et doit nécéssairement maîtriser, au risque de « verser » dans la banalité, dans la vulgarité, dans le défaut, dans la médiocrité… Et que l’intelligence artificielle effectivement peut élever à la perfection dans une forme corrigée au mieux…

     

    -La grammaire appartenant en propre à celui ou à celle qui crée, imagine et qui a ses règles, son vocabulaire, sa « patte » en somme ; et qui le fait produire…

    Et, cette grammaire là, l’intelligence artificielle ne peut l’intégrer dans sa logique.

    Car si elle le pouvait, alors ce serait la fin de l’Homme ( Sapiens Sapiens)… Et… Ce ne serait guère pour autant, que ce serait Dieu le « successeur » de Sapiens Sapiens…

     

     

  • Ah, ces cimetières ...

    Ah, ces cimetières où tu n’as pas les tiens, que de temps à autre ici ou là, dans ce beau pays de France, tu visites, t’arrêtant devant une tombe abandonnée, de terre surmontée d’une croix en bois ou devant un « grand livre de pierre » sur lequel depuis bien des années, plus personne ne vient poser de fleurs… Imaginant ce que fut la vie de celui, de celle dont l’inscription sur la pierre s’est effacée… Que n’as tu, ta vie durant, rejoint par la pensée, par voie postale ou « webienne », ou en vélo, en bagnole, en train, à pied… Cet « ami ou amie sans guillemets »… Dont tu t’es éloigné au « profit sans profit » d’« amis avec guillemets »…

     

     

  • "Tu les as laissés tomber comme de vieilles chaussettes"

    Ah, ce Pierre, de Lunéville, ce vieil homme handicapé âgé de 77 ans, qui habitait au 4ème étage d’un immeuble ancien dans une rue du centre ville, qui descendait – et remontait- à grand peine les escaliers de son vieil immeuble après avoir avec tout aussi grand peine arpenté de son pas très lent, la place où se tient le marché… Seul, célibataire, sans amis, sans personne venant lui rendre visite, et qui, lisant chaque jour L’Est Républicain, était émerveillé à la lecture de tes « articles » que tu publiais sur la page du courrier des lecteurs le dimanche…

    Il t’écrivait, ce Pierre de Lunéville, d’émouvantes petites lettres de son écriture tremblottante et te faisait part de l’intérêt qu’il portait à ce que tu écrivais « si bien », te confiait ses déboires, évoquant sa solitude, ses misères physiques, ses jambes qui le soutenaient à peine…

    Ah, ce vieux monsieur Jacquey, de l’Isère, dont la femme était très handicapée, qui t’avait lu dans le courrier des lecteurs de Notre Temps, qui aimait tant tes « articles », et qui lui aussi t’écrivait d’émouvantes lettres de son écriture appliquée… Qui t’avait envoyé une plaquette (un cahier) de ses poèmes dont l’un faisait état d’un voyage en quatre-chevaux qu’il avait fait, se rendant en vacances dans le Midi par la Nationale 7, le porte-bagage chargé de valises, du temps de ses trente ans avec sa femme et ses filles…

    Tu leur écrivais, à ce Pierre, à ce monsieur Jacquey, de temps à autre, de « belles lettres » au stylo plume…

    Et puis un jour, le temps passant, et n’écrivant plus de lettres au stylo plume ou bille, et ayant délaissé la page du courrier des lecteurs de divers quotidiens régionaux et de revues Notre Temps et autres… Tu as cessé de leur écrire, à ce Pierre de Lunéville, à ce vieux monsieur Jacquey (dont la femme, selon sa dernière lettre, se trouvait dans une maison de retraite médicalisée)…

    Bien des années – sans doute quinze – ont passé depuis… Ils sont certainement morts tous les deux à présent…

    Tu les as « laissés tomber », ces vieux Pierre de Lunéville et monsieur Jacquey de l’Isère… « comme de vieilles chaussettes » !