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Journal - Page 143

  • Mes copains

    Mon amie la punaise rayée feu et noir sur une branche d’aneth, je t’ai surprise collée par l’extrémité de l’abdomen à une de tes congénères dans une noce renouvelée du fond des âges, une noce qui dure peut-être plus longtemps qu’une noce d’humains…



    Mon amie la cigale, je t’ai tenue une fois, une seule fois dans ma vie, dans le creux de ma main, retenue au bout de mon doigt, toute légère, délicate, si élégante, toi, la reine des insectes, la plus belle avec tes ailes si fines et si transparentes. J’ai levé le doigt, tu es partie plus vite que la lumière d’une étoile filante.



    Mon ami le rat, depuis que je t’ai vu, une fois, assis sur ton derrière, en bas sur la première marche de l’escalier d’une cave et me regardant pas à pas descendre ; depuis que je sais que tu parviens à te saisir de la miette de fromage en appât, sans que la tapette se détende, je ne tends plus de tapette ni ne pose plus de nasse pour te prendre…





    Mon amie l’araignée, lorsque tu tisses ta toile en plein centre du passage par lequel je jette mes épluchures de légumes sur le tas de fumier prisonnier d’une tour aux épaisses murailles de verdure, au fond du jardin, eh bien mon amie, dis-je, lorsque je te vois ainsi, petite étoile à huit branches se mouvant au milieu de la toile, je me baisse afin que de ma tête ou de ma main, je ne déchire les fils que tu as tendus. Je n’ai donc aucune pitié pour le moucheron qui viendra se prendre dans ton filet et dont tu suceras l’intérieur de l’abdomen du moucheron…

     

     

    Mon amie la grosse mouche grise à tête rouge, ta légèreté et ta célérité qui ne semblent faire qu’un, m’enchantent. Sans doute es tu la plus rapide des mouches. Un oiseau peut-il donc t’attraper ? L’on ne te voit qu’au dehors, au soleil et jamais dans les maisons comme tes petites sœurs grises ou tes lourdes cousines bleues qui, elles, bourdonnent et se posent sur les assiettes sales.

     

     

    Mon ami le bousier, qui élit domicile dans le caca de vache, tout rond et tout bleu noir, lorsque je te vois sur le dos agitant tes six pattes, je te remets sur le ventre non sans avoir posé mon regard sur les reflets bleu vert de ton abdomen.

     

     

    Mon ami le lézard, si leste et si léger, toujours je te suis du regard…

     

     

    Mon ami le crapaud, si placide, réputé si laid, ton pipi dans le creux de ma main lorsque je t’ai tenu afin de te mieux observer, ne m’a jamais donné de boutons comme cela m’est arrivé sur le visage après avoir mangé du pâté de foie à 2 balles…

     

     

  • Relation durable ou non...

    Selon « comment dans la vie que tu vis, jour après jour, année après année, ça se goupille »…

    Tu es amené à rencontrer, à fréquenter des personnes qui entrent dans ton environnement de realtions, durant une époque de ta vie, ou un jour en particulier, ou pendant une saison d’été en vacances, ou dans ton travail, ou en des situations survenant…



    Mais c’est l’empathie que tu peux éprouver, une empathie pouvant être réciproque… Qui fait que des personnes entrant dans ton environnement, y demeurent pour un temps…



    Cependant, c’est le comportement – le tien ou celui de l’autre – à tel moment en telle situation, qui détermine, induit et pérennise, la relation que tu as avec cette personne entrée dans ta vie… Et qui reste dans ta vie « pour toujours » et dont tu garderas le souvenir jusqu’à la fin de tes jours si cette personne disparaît…



    Il n’y a pas dans un temps durable, de comportement – le tien ou celui de l’autre – sans cesse heureux en permanence, de même qu’il n’y a pas d’amour heureux tout le temps et également heureux… Mais il y a cette relation qui s’est construite sur la base de ce qui est essentiel pour toi et pour l’autre, une relation qui résiste à tout ce qui peut la rompre venant de toi ou de l’autre…



  • L'audace de penser par soi-même

    « Ceux que le troupeau déteste le plus, c’est ceux qui pensent différemment, ce n’est pas l’opinion en soi mais l’audace de penser par soi-même, chose qu’ils ne savent pas faire »…

    [ Arthur Schopenhauer ]

    Dans la même idée qu’Arthur Schopenhauer à propos de celles et de ceux qui pensent différemment, je n’aurais cependant pas formulé tout à fait de la même manière :



    « Celles et ceux que le plus grand nombre d’entre nous n’aime vraiment pas, voire déteste, rejette ou « botte en touche » ; c’est ce qui est pensé et exprimé en général par peu de personnes, parfois par une seule personne, qui diffère de l’opinion faisant consensus…

    Ce n’est pas l’idée émise, ce n’est pas l’opinion si différente soit-elle, ce n’est pas la réflexion faite au sujet de ce qui est pensé, exprimé, qui « pose vraiment problème » puisque le problème qui se pose est évacué par le plus grand nombre…

    Mais c’est le fait d’oser penser et s’exprimer différemment, qui dérange… Parce que le plus grand nombre d’entre nous, du moins celles et ceux qui évacuent et ne souhaitent guère faire l’effort de réflexion, « ne savent ou ne veulent pas, par eux-mêmes penser »…



  • N'être d'aucun ordre ...

    Quasiment tout un chacun en ce monde, perçoit l’Autre en fonction de son éducation, de sa culture, de sa sensibilité, dans un « ordre des choses » qui peut être celui d’une opinion générale communément exprimée, ou dans un ordre de pensée faisant consensus au sein d’une communauté, d’un groupe de personnes, un ordre « référent » en quelque sorte, notamment en ce qui concerne le rapport de relation entre personnes se connaissant, se fréquentant, échangeant…



    Pour qui n’entre en aucun ordre, ou plutôt n’entre que dans un « ordre naturel des choses » - comme une étoile, un astre, un « objet céleste » entre dans le cosmos – c’est à dire plus du tout ou alors très occasionnellement dans l’ordre défini et régi par des règles, des lois, des principes d’un même monde – tout cela faisant consensus… Pour qui n’entre en aucun ordre donc, la perception de l’Autre entre alors dans une dimension qui dépasse le « cadre » de l’éducation, de la culture, de la sensibilité qui sont les siennes… Et, comme il n’en est point de même, réciproquement, de l’Autre à l’égard de celui, de celle qui n’est d’aucun ordre ; alors celui, celle qui n’est d’aucun ordre ne peut nulle part trouver sa place, nulle part où se rendre, et d’ailleurs, il est difficilement accepté où que ce soit – quand il n’est pas rejeté, ou « invité » à partir s’il est parvenu à s’introduire… À moins que de lui-même il ne s’en aille…



    Il n’y a de relation heureuse entre personnes, proches ou moins proches, qu’en partie…



    Mais, pour qui n’est d’aucun ordre, la relation heureuse entre personnes proches ou moins proches, est rare ; et quand elle l’est, heureuse, elle peut être intense, durable et inconditionnelle…





  • Dans la boîte aux lettres plutôt que de vive voix et en face

    Un ami Vosgien – hélas disparu depuis 15 ans – avait, à l’âge de 86 ans à l’époque – cela devait être je crois en 2006, mon ami étant mort en 2008 – trouvé un matin, dans sa boîte aux lettres, un petit mot inamical de son voisin demeurant à moins de 50 mètres de sa maison, lui signifiant (lui reprochant) d’avoir utilisé sa tondeuse au-delà de 17 h un jour de semaine…

    Mon ami âgé de 86 ans, un jour d’été particulièrement chaud, avait en effet attendu 17h pour utiliser sa tondeuse autour de sa maison, sur un espace d’environ 30 ou 40 mètres d’un côté, 50 ou 60 mètres de l’autre côté…

    Le voisin en question était, de notoriété publique, un personnage « peu sympathique et pointilleux » et mon ami ne le voyait pour ainsi dire jamais, d’ailleurs ce voisin peu sympathique ne disait « ni bonjour ni merci ni merde » à qui que ce soit… Et « n’avait pas été foutu de comprendre » que mon ami âgé préférait tondre lorsqu’il faisait moins chaud…

    Ce genre de comportement (dépôt d’un mot inamical en boîte aux lettres plutôt qu’une franche discussion « entre quat’zyeux ») m’a toujours sidéré, bien que ne m’étonnant pas trop, de la part d’un personnage peu sympathique, ronchon, pointilleux et, assez certainement d’une culture et d’une sensibilité « plus que limite »… Tel que l’était, ce voisin de mon ami…

    Cela dit, ce genre de comportement (dépôt d’un mot inamical et de surcroît non signé, en boîte aux lettres) au sujet d’un « différend de voisinage », par un voisin proche ; de la part d’une personne sensible, intelligente, cultivée, réservée… Correcte et fréquentable en somme… Lorsque cela peut arriver entre voisins… (En principe cela ne doit jamais arriver)… M’interpelle, m’étonne énormément, me surprend… En plus de me sidérer, et m’amène à m’interroger sur ce qu’est la relation humaine, sur le sens même de la relation humaine…

    « Qu’on se le dise » : de ma part, ça n’arrivera jamais, au grand jamais, de déposer dans la boîte aux lettres de l’un ou l’autre de mes voisins, que ce soit dans les Vosges où je suis en été, ou dans les Landes où je suis en hiver, un petit mot inamical de reproche au sujet de quelque « problème » que ce soit !

    Merde alors, comme si « lou boun diou » nous avait pas fait une langue pour parler ! …

    NOTE : « pour mémoire » ce texte que j’avais écrit en été 2008, intitulé « Un ami Vosgien » et qui figure dans mes « histoires anecdotes » et que l’on peut retrouver…