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Paroles et Visages

  • Sur le front des incendies

    Si l’on compare avec 2022, l’année des incendies en France, la plus marquante depuis 1949 ; l’année 2026 montre que toutes (ou presque) les régions Françaises sont concernées alors qu’en 2022 c’était : la Gironde (le sud Gironde bassin d’Arcachon), et quelques départements du midi méditérranéen (même si de ci de là, très sporadiques, très localisés et assez vite maîtrisés, il y en avait eu dans d’autres régions que celle du midi de la France)…

    En ce mois de juillet 2026, nous sommes, avec ces incendies actuels dans une toute autre dimension que celle de l’été 2022…

    -À l’est de Nîmes, incontrôlable par vents violents, 18 km de long de front, avancement à 40km/h, localités en cours ou attente d’évacuation

    -En forêt de Fontainebleau et en Seine et Marne à Sierville, proche de l’A6 et de la ligne TGV (du coup, grosse pagaille à la Gare de Lyon à Paris avec des centaines de personnes attendant 5/6 heures des départs ou arrivées de trains)

    -À Gaillan en Médoc (Gironde) ; dans la Drôme, à Plevenon en Bretagne, dans la Sarthe à Ruaudin, à Domont dans le Val d’Oise, à Laruns dans les Pyrénées Atlantiques, dans le Lot et Garonne à Suméjan …

    Il y a eu dernièrement, aussi dans le Nord Pas de Calais, ce qui est inhabituel…

     

    Cela dit… Question impact sur la vie des gens en France, avec ces incendies ; avec cette canicule – la 3ème depuis le 20 mai – les orages dévastateurs de fin juin début juillet, tous ces bâtiments, immeubles d’habitation non ou mal équipés en climatisation… « C’est une chose » !

    Mais… « à côté de tout ça », de nos situations personnelles des uns et des autres, inconfortables certes…

    Que dire des camps de réfugiés au Liban, dans des pays du Moyen Orient, au Soudan, au Yemen, au Congo, au Nigeria, dans tout le Sahel Africain… Et ailleurs dans le monde là où actuellement dans tout l’hémisphère nord de la planète, c’est l’été, avec des températures de plus de 45 degrés sous des tentes en plein soleil !

     

     

  • La carte postale, roman d'Anne Berest, Grasset, 2021

    Le destin « romanesque » - et surtout dramatique – d’une famille juive – un couple et ses trois enfants- à partir de leur fuite de la Russie bolchevique de 1918 jusqu’à leur disparition – l’homme, sa femme et deux de leurs enfants – à Auschwich en 1942, en passant par la Lettonie, la Pologne, la Palestine du temps du mandat britannique, et enfin, Paris et la Normandie, les années 1939 à 1942 de la seconde guerre mondiale dans la France du maréchal Pétain…

    Un récit bouleversant…

     

    Dans un « monde humain « normal » (c’est à dire dans toutes ses composantes ou dans tout ce que l’on peut considérer comme étant « normal » en matière de rapport humain en bien ou en mal)… Il est « impensable » - absolument terrifiant et dans une dimension inimaginable- que dans l’Histoire des hommes et des femmes de cette Terre, une Histoire qui compte vingt, trente millénaires d’existence depuis le Paléolithique Supérieur, il ait pu exister une époque – de quelques années- au 20 ème siècle de « l’Ère Chrétienne », où il se soit passé ce qui s’est passé : ce qu’ont subi les juifs de France et d’Europe, dans une horreur aussi absolue, dans une telle extermination de masse de plus de 6 millions de personnes – des êtres humains…

     

    Il est « impensable » aussi, pour une personne humaine « normale » qui est « ce qu’elle est en bien et en mal », que dans notre pays la France, la France de 1789 de la Déclaration des Droits de l’Homme et de son Histoire jusqu’au 17 juin 1940, la France qui était le pays d’Europe accueillant le mieux les juifs (du moins la moitié de sa population ou presque) … Il ait pu se passer, sous le gouvernement de Vichy en collaboration avec l’occupant nazi, ce qu’ont subi les juifs sur le territoire même de la France dans des centres d’internement avant transfert vers les camps de la mort ; dans les villes avec les rafles, l’obligation de porter l’étoile jaune, les pancartes « interdit aux juifs » à l’entrée des jardins publics, lieux de loisirs et de spectacle cinéma théâtre, la spoliation de tous les biens des juifs, leur exclusion de toute fonction publique et de certains métiers, des arts, de la littérature, de la musique en tant que compositeurs, écrivains, artistes… Tout cela concernant non seulement dans la France de Pétain et de Laval, les juifs étrangers mais aussi les juifs français (naturalisés Français)…

     

    « Impensable, inimaginable » ! Et pourtant cela s’est passé ! Dans une horreur absolue et dans notre pays la France ! Et avec une grande partie de la population toutes composantes sociales confondues, ralliée au maréchal Pétain « chef de l’État Français » (la France ayant alors cessé d’être une République)…

     

    « Je ne savais pas » n’est pas possible ! Vu ce dont les gens étaient témoins lors des rafles, lors des arrestations, lors des persécutions, lors des assassinats en pleine rue « une balle dans la tête »…

    Ces « gens » âgés en 1940, 1942, de la France de Vichy, dont les plus jeunes à l’époque n’avaient pas 20 ans, sont tous aujourd’hui en 2026, morts, les cimetières en sont pleins…

    Mais il y a les vivants d’aujourd’hui, au sujet desquels on peut se poser « certaines questions »…

     

    Dans ce roman l’on réalise aussi ce que signifie «être juif » - et ce que veut dire le mot « juif » - dans une vie, dans un monde, dans une société laïque (ou qui s’apparente en plus ou moins grande partie à une société, une vie, un monde laïque)…

    Car l’idée que l’on se fait – que beaucoup se font- des juifs, tient à la Kippa, à la fréquentation de la Synagogue, au port d’une grande barbe noire, à « pas de feu le samedi », à tout ce qui a trait à la pratique de la religion…

    En Israël même, seulement 6 % de la population est pratiquante de la religion ; et il en est de même de tous les juifs de la planète au 21ème siècle…

    Aujourd’hui on est juif comme on est chrétien, catholique, musulman… C’est à dire « par tradition, de naissance, sans pratique religieuse même si l’on se marie à la Synagogue, à l’Église, à la Mosquée (et l’on s’enterre)…

    Il n’y a que les fanatiques, les intégristes, qui « posent problème » , et ceux- là, il faut pas les laisser occuper la scène publique…

     

    Le juif de 1942 en France ou en Pologne, il était laïque en majorité même s’il se conformait à quelques pratiques ancestrales…

    L’Ephraïm du roman d’Anne Berest, lui, il était « laïque à cent pour cent » ! Et ses trois enfants Noémie, Myriam et Jacques, également…

     

    Des films documentaires sur la rafle du vel’d’hiv du 16 juillet 1942 à Paris, sur les camps de Drancy, de Pithiviers et de Beaune -la- Rolande ont été maintes fois diffusés, présentés à la télé, au cinéma…

    Les images étaient « insoutenables »…

    Mais ce qui décrit, minutieusement et très précisément décrit dans tous les détails, par Anne Berest dans son livre, dépasse de loin ce que l’on voit dans les films documentaires…

    Les conditions effroyables, inimaginables, de saleté, de violences, de brutalité, de traitements ignobles, de manque total d’hygiène, de privation d’eau, de lait et de langes pour les bébés, les tinettes qui débordent, la chaleur étouffante en été, la froidure en hiver, les mouches, les rats, les poux, le typhus, la dysenterie, etc. … dans lesquelles furent traités des êtres humains, des bébés, de jeunes enfants, des femmes, des vieillards, des hommes… Dans ces camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande où mères et enfants étaient séparés… Ces camps Français du régime de Vichy de Pétain et de Laval et de sa police, de sa gendarmerie, de son administration…

     

    Avec ce livre « La carte postale » d’Anne Berest, « on bat le film du Vel’d’Hiv de très loin à la course » ! Avec des mots, des phrases, plus encore qu’avec des photos et avec des images… Et c’est bien là que l’on mesure la puissance de l’écrit par rapport à l’image !

    « Les Télés sont comme des enfants de chœur avec leurs séquences filmées, en face de la Littérature lorsque les pires des démons sont les protagonistes de l’histoire ou du récit raconté »…

     

    Mais il faut dire aussi que la Littérature (et c’est tout également là sa vocation) n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais son pareil… Pour extraire du « tableau raté » du monde, toute la beauté du monde… Plus et mieux encore que ne peuvent le faire les yeux avec le regard, et les photographies, les images, les films des cinéastes…

     

    Nous serons finalement sauvés par la beauté du monde quand bien même nous ne la verrions jamais de nos yeux !

     

    Pour donner « une idée précise » concernant les violences et brutalités commises par des policiers et gendarmes Français (oui Français) dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande en juillet 1942 :

    Dans des wagons de marchandises fermés – 8 chevaux/40 hommes mais en l’occurrence 80 hommes femmes et enfants – le train ne partant pas avant plusieurs heures d’attente sous une chaleur accablante, à l’intérieur des wagons, des gens passaient leurs doigts et leurs mains au travers des planches du wagon en suppliant que l’on leur donne à boire… Et les gerndarmes Français, alors, frappaient les doigts et les mains à coups de crosse de leurs fusils…

    Dans les files d’attente pour monter dans les trains, les gens devaient se délaisser de leurs objets précieux, de leur argent ; les femmes de leurs bijoux, boucles d’oreille, bracelets…

    Et quand les femmes n’allaient pas assez vite pour se débarrasser de leurs bagues, boucles d’oreille et autres petits objets auxquelles elles tenaient ; les gendarmes leur arrachaient directement du lobe de leur oreille, la boucle !

    Ces trains – il y en avait au moins un par jour, de quelque mille personnes – Partaient directement des gares de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande pour rejoindre en 3 jours et 3 nuits, le camp d’extermination d’Auschwitz, passant par 53 gares…

    Ces policiers, ces gendarmes Français, de 1942 du régime de Vichy, sont en 2026 tous morts et leurs enfants – leurs fils et filles- ainsi que leurs petit-enfants sont les descendants de ces policiers et gendarmes de 1942…

     

     

     

  • Les différences

    Les uns – les  gens du commun  tout comme les gens que l’on dit ne pas être du commun- reprocheront toujours, consciemment ou non, aux autres – qui sont les mêmes gens du commun tout comme les gens que l’on dit ne pas être du commun – leur culture, leurs connaissances, leurs capacités intellectuelles…

     

    Et les autres, les cultivés, les connaissants, les intellectuels ; de quelque milieu social qu’ils soient, de quelque vécu et de « parcours de vie » qu’ils soient ; reprocheront toujours, consciemment ou non, aux uns, à ces uns qui sont pour eux les autres, ce qu’il y a en eux de « primaire », d’ordinaire, de vulgaire et d’en leur sens « d’un peu court » et qui ferait d’eux des êtres « frustres » peu portés sur les « choses de l’esprit, de la culture »…

    C’est là une réalité…

    La réalité de ce que nous sommes, nous, les êtres humains : nos différences…

     

    Dès lors que tu « sors ta culture » - même le plus naturellement du monde, et sans ostentation, c’est, de l’autre, de celui, de celle qui n’a pas cette culture, pas ces connaissances là en particulier sur tel ou tel sujet… C’est donc « Il, elle se la pète »… Ou quelque chose qui ressemble à ça, d’une manière ou d’une autre…

    C’est là une réalité…

    Et nous vivons, êtres humains que nous sommes, dans cette réalité…

     

    Comment se défaire de ce que fait de nous, de chacun de nous, cette réalité ? Comment parvenir à nous situer, chacun de nous, au-delà de cette réalité ? …

    Sinon – peut-être – par cette seule et unique possibilité : celle que procure la conscience aiguë de qui nous est commun à tous, à chacun de nous à savoir la réalité de nos besoins essentiels – manger, boire, dormir, respirer, se mouvoir, éliminer nos déchets naturels provenant de ce que l’on mange et boit…

    Et la conscience aiguë aussi, de ce qui entre en nous – dans le champ de nos connaissances et qui fait qu’on est dans telle ou telle culture – apporté, transmis, par tout ce qui est extérieur à nous, à chacun de nous…

    Quant à ce qui « est en nous » - d’inné, de naturel – cela vient de ce qui nous précède, qui nous vient de « très loin »…

    Donc, que ce soit « venu d’en dehors de nous » ou « existant en nous à notre naissance », rien ne nous appartient en propre car nous ne l’avons ni inventé ni créé par nous-mêmes… Nous sommes en quelque sorte des « dépositaires » ou des « relais de transmission »…

     

    Chez les non-humains, ce sont les différences, des différences naturelles – liées par exemple à la faculté de réagir au mieux dans telle ou telle situation difficile, de s’adapter, d’évoluer dans l’utilisation des ressources existantes en un environnement donné…

     

     

  • Restrictions d'eau : mais pour le maïs ?

    27 départements Français viennent d’être déclarés en crise sècheresse et canicule, et en conséquence subissent des restrictions d’eau interdisant l’arrosage des jardins et le remplissage renouvellement en eau des piscines privées, quand ce ne sont pas des coupures d’alimentation en eau, ponctuelles, de telle heure à telle heure, décidées dans les cas extrêmes…

     

    Mais en ce qui concerne l’arrosage du maïs cultivé sur de grandes surfaces, pas de restriction pour le pompage direct dans les rivières ou en profondeur pour puiser dans les nappes phréatiques ou pour constituer d’immenes réserves (des bassines)…

     

    Si l’on compare la quantité d’eau utilisée en usage domestique au quotidien, et même en incluant dans cet usage l’arrosage des jardins (des plants de tomates, haricots, etc. … Et de parterres de fleurs) – en excluant tout de même les piscines – avec la quantité d’eau pour la culture du maïs, le rapport peut s’établir de l’ordre de 1 pour 5 soit 1 pour l’utilisation de l’eau en usage domestique et 5 pour le maïs… Ce qui fait bien là, une disproportion notable !

     

    C’est que le maïs en culture intensive sur de grandes surfaces dans les régions françaises, dont le besoin en eau s’accroît durant les périodes de sècheresse et de canicule – et qui est déjà très important en période « normale » - c’est :

     

    - La production d’amidon, de cet amidon que l’on retrouve partout dans notre alimentation notamment les produits à base de céréales, le lait, les fromages, les pommes de terre, les plats cuisinés préparés prêts à consommer, etc. …

     

     

    -La production de méthane pour faire rouler les bus urbains au biogaz et en usage industriel (chaleur, énergie), et aussi en usage domestique (chauffage, climatisation dans les habitations, eau chaude des salles de bain, cuisson)

     

    -La production d’Ethanol (GNL) pour les véhicules roulant au bio-carburant, pour les navires de croisière…

     

    -Enfin aussi pour la production de maïs d’ensilage dans lequel sont inclus toutes sortes de composants agro chimiques afin que ce maïs d’ensilage nourrisse des vaches qui vont faire, par leurs bouses, du méthane ; des veaux d’élevage intensif et accéléré, d’énormes quantités de poulets, de poules pondeuses en élevage industriel  ; des porcs…

     

    L’on imagine alors, si l’on n’arrosait plus autant le maïs, ce qu’il adviendrait en matière de conséquences pour la production alimentaire, pour la production d’énergie… Mais aussi et surtout il faut dire, le « manque à gagner » pour les géants des marchés de produits de consommation, de véhicules, d’équipements ; pour l’économie de croissance de tout un pays !

    Impensable ce « manque à gagner » ! Trop d’emplois en jeu ! Il faut donc « ces énormes quantités de maïs en culture intensive »… Et bien évidemment, l’eau nécessaire pour que ce maïs pousse !

     

    Le maïs, oui…

    Mais il n’y a pas QUE le maïs pour entretenir et « doper » la croissance économique définie comme incontournable ; le maïs n’étant que l’un des principaux « fer de lance » de la « marche du monde », une marche qui interdit tout retour en arrière et dans laquelle nous sommes entraînés inexorablement comme dans le courant d’une rivière…

    Tout ce que l’on peut faire « au mieux » c’est de ralentir le courant (un peu comme des gosses qui joueraient à construire des barrages dans un petit ruisseau avec des bouts de bois ou en entassant des cailloux en travers)…

     

     

     

  • Les USA c'est pas Donald Trump !

    Et c’est pas non plus tout ce que l’on n’arrête pas de dire – de médire- de ce pays, des gens de ce pays !

    Que de préjugés, d’imprécations, de raccourcis !

    Une réalité s’impose, dont il semble qu’en Europe l’on ne tienne point compte : 60 % de la population des États Unis d’Amérique « toutes sociologies confondues » ( riches, pauvres, bourgeoisie, catholiques et autres Chrétiens, intellectuels, paysans, ouvriers, artisans, démocrates, républicains, et même chez les MAGA et les Tea-Party) est contre l’Intelligence Artficielle des Géants du Numérique, des Data Center à perte de vue du Middle West et des grandes plaines, qui bouleversent le paysage ; contre ce que l’IA détruit en emplois, contre ce que l’IA aux mains des Géants du Numérique veut faire de la société humaine !

    Tous ces gens là ne sont pas des « beu-beu » et c’est pas parcequ’ils sont accros de danse country et de rodéo au Texas et au Montana, qu’ils font la prière à table… Que l’on doit pour autant les mépriser !

    De cette opposition à l’IA et aux Géants du Numérique – et des conséquences que cela a sur la société humaine… L’on ne peut en dire autant des Européens ! ( « bataille du numérique et de l’IA pour contrecarrer le puissant Chinois qui nous taille des croupières : c’est le grand credo de l’époque, en France et en Europe pour la promotion et pour le développement de l’IA « soit-disant dans le bon sens c’est à dire pour le bien de l’humanité – mais en minimisant les risques » )!