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Paroles et Visages

  • Le Sénégal aujourd'hui

    Lundi 11 mai en fin de JT de 20h, sur France 2 Léa Salamé, ce reportage sur le Sénégal avec cette nouvelle ville en construction « pour désengorger Dakar »…

    Déjà il y a une quinzaine d’années avant que le monde soit devenu ce qu’il est aujourd’hui, ce pays le Sénégal figurait dans la liste des pays « où je n’irai jamais de ma vie »…

    La France durant les près de cent années de sa présence en Afrique du nord, de l’ouest et du centre, des pays du Sahel du Mali, du Niger, du Tchad… N’a pas réussi à infléchir, à amoindrir l’emprise de la religion (l’Islam) ainsi que les rites ancestraux, superstitions, pratiques « divinatoires », sorcellerie, griots, devins, et autres gourous locaux… En dépit de ce que l’on pourrait appeler « les effets positifs de la colonisation » c’est à dire l’éducation, l’hygiène, la médecine et « toutes ces valeurs civilisationnelles » qui sont les nôtres…

    L’on peut même dire qu’au Sénégal et que dans ces pays du Sahel Africain, les obscurantismes se sont « lookés 21ème siècle » par la grâce des nouvelles technologies, des téléphones portables, de l’internet, des réseaux sociaux, du scooter, de la mobylette, du poulet européen, d’Amazon, des centres commerciaux galeries marchandes et des immeubles de vingt étages, des autoroutes, des campagnes urbanisées, tout cela sur fond de rapp et de tam-tam de brousse, de danses folkloriques et rituelles locales, gri-gris et amulettes en sautoir sur le poitrail…

    Il faut dire que ce « formidable développement économique et civilisationnel » mû par les « effets positifs » du colonialisme de 1850 juqu’en 1960 ; a profité « en priorité » (et de beaucoup) aux colons, aux capitaines d’industie, aux grands propriétaires de domaines, à toute une « caste » de privilégiés, aux « caïds locaux du coin »… Mais n’a eu guère trop d’effets sur les populations locales vivant dans la misère, la précarité (avec oui disons le tout de même l’école et des toubibs en plus qu’il n’y avait pas au 18 ème siècle sauf des griots et des sorciers)…

    Au « désengagement à vrai dire forcé provoqué organisé sciemment et par pur intérêt autant stratégique qu’économique de marché » de la France en Afrique, se sont substituées dans les pays d’ ancienne AOF -AEF, du Sénégal au Soudan par tout le travers et le centre du continent Africain, ces nouvelles puissances étatiques que sont la Russie et surtout la Chine, cette dernière étant pour plus d’un tiers partenaire économique, d’investissements massifs et d’influences ; et avec une accélération très nettre depuis 2020… La France ne tenant qu’à peine que 5 % des parts de marché tous secteurs d’activité confondus…

    D’où les chantiers gigantesques, ces villes qui sortent des sables du désert en un temps record, et ces dizaines de milliers d’emplois pour les « locaux » qui, d’un revenu de 10 Francs CFA par jour en 1960 passent dans les années vingt du 21ème siècle, à un revenu de plus de cent euros ou dollars par mois voire davantage – tant mieux pour eux vive la croissance économique de développement durable ! …

    Et les Russes, et surtout les Chinois, eh bien les gri-gris, les superstitions, l’obscurantisme, l’Islam dominant, les rites et les pratiques rituelles ancestrales… « Ils font avec, cela ne les gêne en aucune façon » pourvu que l’argent rentre dans les caisses !

    Et, ne les gênent guère non plus, les « nouveaux conquérants » l’homophobie qui, au Sénégal en particulier mais aussi dans tous les pays du Sahel à 95 % pays d’Islam ; y est endémique, généralisée, et où les « homos » sont condamnés à de lourdes peines de prison, quand ils ne se sont pas lynchés dans la rue !

    Nous sommes loin, très loin, en 2026 au Sénégal, de ce que fut – ou de ce qu’a essayé d’être ce pays – entre le 7 septembre 1960 et le 31 décembre 1980, sous la présidence de Léopold Sedar Senghor, né le 9 octobre 1906 et mort le 20 décembre 2001…

    Léopold Senghor poète et écrivain…

     

     

     

  • Ce qui s'en est allé ne reviendra jamais

    Visages

    Éclats de visages

    Photographies d’album de famille par milliers dans des cartons lors de vide-greniers

    Instants de vie et de situations

    Singularités

    Cartes postales collées sur un mur long et haut de plusieurs mètres représentant des paysages, des marchés, des scènes, des personnages

    Éclats d’histoires

    Instantanés de vies

    Le temps d’alors

    L’époque

    Hier et aujourd’hui

    Mais pour demain ça, pas encore

    L’argentique puis le numérique

    Les albums en stockage sur la Toile

    Le réel déréélisé arrangé modifié faussé perverti

    Le qui n’existe pas existé par la technologie et par l’Intelligence Artificielle

    Le demain imaginé

    L’hier interprété reproduit par la technologie

    Ayant été vécu par des gens qui ont existé

    Les nostalgies d’un avant

    Et d’un demain auquel on rêve

    L’impermanence

    L’immanence

    Ce qui s’en est allé ne reviendra jamais

    Ayant pourtant existé

    Le souvenir

    Qui n’est pas le même à trente ans qu’à cinquante qu’à quatre-vingt

    Ça en fait tout ça

    Du roman

    De l’imaginaire

    De l’attente

    Du perdu

    De l’oublié

    Assis sur un banc

    Un ciel floconneux

    Ce silence empli de voix que l’on n’entend pas

    L’horloge de l’église du village arrêtée à deux heures moins le quart

    Et cette pie

    Sans son pihi

    Qui trottine puis s’envole

    Dans le ciel qui a tout bu

    Et a eu à chaque instant de chaque jour

    Des contours et des couleurs et des formes de nuages différents et d’une seule fois en quatre milliards d’années

    Ce qui s’en allé ne reviendra jamais

    Mais à vrai dire revient toujours reformé revisité revécu recoloré redimensionné rescénarisé

    Dans l’histoire qui aujourd’hui se fait

    Qui demain se fera

    Tous les chatons de douze jours ont le même regard

    Ils auront comme leurs géniteurs grandets devenus les mêmes mouvements d’oreilles de queue selon leurs humeurs leurs peurs leur surprise

    Mais ils sont tous chacun d’eux ces minous d’une seule fois tels qu’ils sont, si différents les uns des autres, d’une seule et unique fois dans une longue, très longue « éternité provisoire »

     

     

  • À propos du dernier livre de Michel Onfray : "Proudhon... L'anarchie positive"

    L’analyse que fait Michel Onfray, de l’œuvre et – surtout- du personnge même de Pierre Joseph Proudhon ; en dépit du concept « d’anarchie positive » auquel j’adhèrerais bien ; ne m’incite guère à « porter aux nues » le personnage que fut durant une partie du 19 ème siècle, Pierre Joseph Proudhon.

    Un personnage en effet « empli de contradictions », d’un orgueil démesuré, et « par certains côtés » de son caractère… Un « repoussoir »…

    Son « anarchie positive » se révèle, par l’analyse de Michel Onfray, laquelle analyse semble fondée sur une étude « fiable » - et donc « bien documentée » - « très peu convaincante – c’est le moins que l’on puisse dire »…

    Plus qu’un bémol, à vrai dire « un énorme caca » sur la vie et l’œuvre de Pierre Joseph Proudhon : la place à laquelle Proudhon assigne la femme dans la société, dans un statut nettement inférieur, tel celui qui prévalait et s’imposait dans la société catholique française du 19 ème siècle – et jusqu’à plus de la moitié du 20 ème (et aussi objet de plaisir et d’apparat dans la bourgeoisie catholique)  ; tel celui qui a cours, également – et de nos jours- dans les sociétés islamisées, dans les pays de régimes autoritaires ou totalitaires…

    Et « ça », cette vision Proudhonnienne de la Femme, je ne puis l’accepter !

    C’était aussi – soit dit en passant- la vision « Baudelairienne »… Que Aurore Dupin George SAND a durant toute sa vie combattue…

    C’est une véritable haine assortie d’un rejet absolu, que je voue, personnellement, à ces sociétés patriarchales et bourgeoises de l’Église Catholique Apostolique et Romaine – et Chrétienne en général – et de l’Islam, sociétés dans lesquelles la Femme, « assignée à résidence » doit obéir à son mari ou à un représentant mâle de sa famille…

    Outre son sexisme patriarchal, Pierre Joseph Proudhon avait aussi un autre « défaut majeur » à savoir son antisémitisme virulent…

    Si Proudhon se souciait – tel qu’il l’a exprimé dans ses écrits- de la cause du prolétariat ; et si sa critique de la propriété privée et du capital est bien enracinée en lui, tel que cela transparaît dans son premier ouvrage « Qu’est-ce que la propriété »…

    Il n’en demeure pas moins qu’il a manqué de dévouement, de détermination, de combativité pour la cause de la Révolution (notamment la révolution de 1848)…

    Il a ainsi « cru devoir se fonder » sur « un principe de non violence dans l’anarchie » - en somme sur « ce qu’il y a de positif dans l’anarchie » ; pour justifier lors de « passages à l’acte » sa position de « non intervenant »…

    Nous sommes tous chacun de nous, emplis de contradictions… « Plus ou moins bien ou mal gérées » à vrai dire… Mais en ce qui concerne les contradictions de Pierre Joseph Proudhon, « elles gênent aux entournures comme sur des épaules devant supporter une veste trop étroite »…

    Je «dépiédestalise » donc Pierre Joseph Proudhon, lui péférant de loin Louise Michel, Elysée Reclus, Georges Brassens, Léo Férré, Jacques Brel (ces trois derniers pour leurs textes dans leurs chansons)…

     

     

     

  • L'océan Erythréen de demain

    Les représentations du passé et du futur, en manifestations culturelles, artistiques, de commémorations d’évènements marquants relatifs à l’Histoire ; tout ce qui est projeté, de l’avenir, en images de synthèse, mis en panorama tri dimensionnel et comme à nos pieds animé et encore avec le « vivant » et avec les environnements qui seraient…

    Tout cela, passé et futur, dans le monde de la technologie, de l’intelligence artificielle… Et il faut dire aussi, de l’industrie du loisir…

    C’est comme ces grands manèges à sensation que l’on voit dans les fêtes annuelles d’été ou d’automne dans les villes.

    Le passé ? Seuls les vivants de telle ou telle époque éloignée ou même proche de notre époque, l’ont vécu…

    Le futur ? Il n’existe qu’en imaginaire, aussi « construit et projeté » qu’il soit par la technologie…

    Cependant, la Terre dans « quelques millions d’années » avec l’Afrique coupée en deux et

    un océan Erythréen entre les deux parties de ce que fut l’Afrique au début du 3 ème millénaire… (mais comme « vue de très loin » c’est à dire sans le détail précis des contours des continents) ; ça, c’est du réel qui sera… Mais en revanche pour le détail et surtout pour ce qui existera, vivra, réllement sera, au temps de l’océan Erythréen dans plusieurs millions d’années, alors là ce qu’on en dit et ce qu’on en représente aujourd’hui c’est du pur imaginaire…

     

     

  • La grande misère

    Grande misère.jpg

    La population humaine sur Terre était, en 1871, de un milliard et trois cent millions de personnes…

    En dépit des progrès de la science, de la technologie, de la médecine, de l’évolution des modes de vie ; et en dépit, aussi, du fait que davantage, bien davantage de personnes aujourd’hui, qu’en 1871, ont accès aux biens de consommation – dont les produits alimentaires en particulier – il n’en demeure pas moins vrai, pas moins réel, qu’avec un peu plus de huit milliards d’humains sur Terre, forcément, les gens sans asile, sans vêtements, sans pain, vraiment miséreux… Sont plus nombreux aujourd’hui en 2026, qu’ils ne l’étaient en 1871…

    En face de cette très grande misère – d’aujourd’hui d’environ deux milliards de personnes- si l’on « compare » les millions de gens qui en 1871 dépensaient en turpitudes et possédaient à eux seuls 90 % des richesses de la planète, avec les quatre vingt millions les plus riches d’aujourd’hui…

    La différence – en moyens de réduire la grande misère – est bien plus évidente aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1871 : en effet, en 1871, proportionnellement à la population de l’époque il aurait été plus difficile de réduire la grande misère… Et sans doute de ce fait, les riches de 1871, confortés qu’ils étaient dans l’idée que « partager n’aurait pas suffi », étaient-ils si accrochés à leur argent, à leurs privilèges… Et si ennemis du partage…

    Mais en 2026, les riches étant cent fois plus riches qu’en 1871, l’idée que le partage pourrait peut-être suffire en 2026 indispose bien plus les riches d’aujourd’hui, qu’il ne les indisposait en 1871.

    Habitants des campagnes – ou plus communément habitants des « campagnes urbanisées » - avez-vous vu autour de vous, de ci de là, ces couples de retraités passionnés de jardinage, entretenant dans leur jardin un carré de douze, quinze énormes potirons alors qu’ils ne sont que deux dans la maison, leurs enfants à mille kilomètres ne venant les voir qu’une fois par an ; pas spécialement diserts et conviviaux avec leurs proches voisins… Mais néanmoins « très fiers de leurs gros potirons » et peu désireux de les distribuer autour d’eux et vous déclarant si vous vous risquez à une critique à leur égard : «  Au restaurant du cœur ils n’en voudraient même pas ! »