
… Le menu :
Crudités et charcuterie (tout ce qu’il y a de plus ordinaire : carottes rapées, tomates, betteraves coupées en petits dés ; salami, pâté de foie, saucisson cochonou)…
Choucroute
Fromages
Salade
Brioche
Vin rouge du « père Anselme » le plus gros marchand de boissons du coin, en bouteilles à étoiles 1 litre à 10 degrés ( 10 bouteilles pour 24 personnes )…
Mousseux « prestige » pour accompagner la brioche
Café
Une bouteille d’un litre d’eau de vie de mirabelle (offerte par un ami de Cunégond et de Trésibonde)
Les « festivités » se déroulent au Foyer Rural du village , un « orchestre » de trois musiciens a été sollicité pour une animation, de l’apéritif jusqu’après le dessert, à partir de 11h fin prévue vers 16h…
Trois jours auparavant, Cunégond et Trésibonde se sont fait accompagner à l’hypermarché de la ville proche, par leur voisin et ami qui lui, a une voiture avec un grand coffre…
Bien en évidence dans l’entrée de l’hypermarché, en « offre du moment » une pyramide sur palette d’une trentaine de bouteilles de vin mousseux « Prestige » à 5 euro la bouteille de 75 centilitres…
Cunégond : « à ce prix là, on prend tout » !
Dans l’hypermarché au rayon pâtisseries viennoiseries, en « offre promo » de longues brioches (d’un mètre)… Soit dit en passant, descriptif du produit en très petits caractères, lu par le voisin et ami accompagnant : « poudres d’œufs et de lait, additifs, conservateurs, colorants... » 5,99 euro la brioche…
Trésibonde : « on en prend 4 » !
L’on charge les quelque trente bouteilles de « Prestige » dans le coffre de la voiture du voisin ami, avec les 4 brioches d’un mètre de long, plus d’autres denrées – entre autres un bocal d’un litre de moutarde, des paquets de biscuits d’apéritif « en promo », trois bouteilles de Ricard, trois autres bouteilles de Rivesaltes, trois de Martini…
Les invités :
Les deux fils de Cunégond et Trésibonde, Hubert 45 ans marié à Joséphine 39 ans (femme « accorte » et « plantureuse », venus de Moulins ; et François, 40 ans, célibataire, employé à l’usine du coin, demeurant dans une vieille caravane achetée d’occasion et située juste à côté de la maison de Cunégond et de Trésibonde.
Le François, question pinard et apéro, « il y va fort »… D’ailleurs le papa Cunégond garde en permanence nuit et jour attachée à une ficelle autour du cou, la clef de la cave où sont entreposées les bouteilles de pinard…
Outre le pinard et l’apéro, le François en tient aussi pour des revues porno qu’il se procure au bistrot bazar du village d’à côté …
Les autres invités :
Les voisins de Cunégond et de Trésibonde, quelques personnes du village…
De l’apéro jusqu’à la « goutte » - la mirabelle… « Tout va bien »… Plaisanteries « salées » de Trésibonde, que des personnes du village surnomment « la mère Tampone » (parce qu’une fois lors d’une réunion familiale festive et animée elle avait attrapé l’un de ses chats, un plantureux matou, brandi le matou au bout de son bras levé, et lui avait « tamponé les roustons » devant l’assemblée en s’écriant «voyez-moi celui-là les belles qu’il se coltine ! ») … Et de l’épouse « accorte » d’Hubert – soupçonnée de relations extra -conjugales, toute aussi encline que Trésibonde, à des plaisanteries grivoises…
Les musiciens de l’orchestre avec leur répertoire de chansons de Michel Sardou et de Mireille Mathieu, et, « pour mettre de l’ambiance » quelques airs d’accordéon incitant deux ou trois papys et mamys à de « tortiller le derrière », et le « clou » de la fête : tout le monde la danse des canards avant que ne soit servi le café…
Le « problème dans cette affaire là » c’est que, depuis l’apéro, contrairement à ce que tout le monde aurait pu penser, ce n’est point le François « si porté sur la bouteille » le plus « paf » au moment de la mirabelle… Mais bel et bien le Cunégond qui lui, « en tenait une sacrée » ! Au point qu’il en devenait « un peu méchant », notamment lorsque son fils aîné l’Hubert, essaya de le « raisonner »…
Cunégond alors dans une « colère noire » s’en prenant à son fils : « toi espèce de cocu ferme ta grande gueule » !
S’ensuivit une bagarre entre le père et le fils, dans laquelle intervinrent plusieurs invités, trois tables furent renversées, des bouteilles volèrent jusque devant l’estrade où se tenaient les musiciens…
L’un des musiciens : « ça suffit on remballe, parce que, messieurs dames, vous voyez : du matos qui nous a coûté au bas mot dans les cinq mille euros avec la sono et tout, s’il y a du dommage on préfère éviter, on s’en va » !
Du coup, en « moins de deux » la fête est finie, tout le monde se barre…