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Paroles et Visages

  • Dans un grand han de heurts

    Lorsque les contestations se déclinent en mouvements – de foule, de groupe – et en manifestations, en expressions violentes et en crispations exacerbées, s’imposent dans l’espace public – et notamment sur les réseaux sociaux les plus utilisés – deviennent d’épuisantes polémiques entre interlocuteurs inconciliables figés dans leurs convictions ; et qu’elles s’invitent dans les débats, dans les entretiens de plateaux et émissions de télévision ; elles contribuent à l’émergence de nouvelles dominations dans un ordre établi qui se renforce…

    Et ce sont alors les strates en décomposition et en brisures éparpillées de la société toute entière – locale ou à l’échelle de toute la planète- qui se heurtent en un grand han de haines et de violences que l’éclat des paillettes, que la volerie des masques et que les cérémonies ou commémorations ne parviennent pas à dissimuler…

    Nous n’avons jamais été dans un aussi « grand han de heurts » !

    Les JT de 13 et de 20h sur TF1 ou sur France 2, ne font chaque jour, qu’état de violences, de faits divers dramatiques de, par exemple, de parents abandonnant leurs enfants dans une forêt, d’un mari qui assassine sa femme, d’un incendiaire, d’une attaque au couteau d’un collégien ou d’un lycéen contre un professeur ou contre un autre jeune ; d’une manif (je dis une « manouf ») qui dégénère, d’un déchaînement de violence de supporters d’une équipe de foot, de bandes armées d’un trafic de stupéfiants qui terrorisent un quartier ou une cité et qui se tirent dessus et tuent des personnes aux alentours ; tout cela auxquel s’ajoutent des actes d’incivilités, des vols, des agressions, des cambriolages… Sans compter, encore et encore et à répétition, les catastrophes causées par le dérèglement climatique – tempêtes, ouragans, pluies diluviennes, inondations, incendies, tornades, qui n’épargnent aucune région, aucun lieu de notre pays ; et « pour couronner le tout » les guerres en cours…

    « Ça commence à bien faire » avec ces JT de toutes les horreurs… Et avec les réseaux sociaux qui distillent de la haine, de l’invective, de l’insulte, du déni, de la menace, des informations mensongères…

     

     

  • The Old Oak, film de Ken Loach ...

    Sur France 5 le vendredi 22 mai 2026, sorti en salle en 2023 le 25 octobre, sélectionné officiellement en compétition au festival de Cannes 2023 ainsi qu’au festival international de Locarno ; acteurs Dave Turner, Ebla Mari… Une production Britanno franco belge…

    Dans une bourgade d’Angleterre durement impactée par la fermeture d’une mine de charbon, le propriétaire d’un bar qui est le seul lieu de rencontre du coin, accueille les habitués, tous des chômeurs et des gens vivant dans la précarité.

    Mais lorsque tous ces gens en grande difficulté voient arriver dans leur bourgade, des réfugiés Syriens pris en charge par une association humanitaire locale en partie subventionnée par l’État ; alors survient une situation conflictuelle qui sépare les « gens du coin » vivant dans la précarité, en deux « camps » opposés, l’un des deux refusant d’accueillir ces Syriens et « le faisant savoir » autour d’eux, et particulièrement dans ce bar « The Old Oak » (le vieux chêne)…

    Et la situation s’envenime lorsque « T.J », le propriétaire, met à disposition une salle désaffectée de son établissement, afin d’y faire préparer des repas pour non seulement les réfugiés Syriens mais aussi pour les précaires du coin en famille avec leurs enfants.

    Des « réparations » très sommaires et très provisoires, réalisées en commun entre réfugiés et locaux, permettent la mise en place d’une cuisine avec fourneaux, tables et bancs…

    Mais l’« expérience » est un échec parce qu’un jour, des canalisations se rompent et provoquent l’inondation du local et que de surcroît, survient un court circuit qui fait sauter le compteur…

    Du « pur Ken Loach » ce film ! L’on y retrouve cette « dimension émotionelle » qui en fait, dépasse le caractère « purement et uniquement émotionnel » des autres films du même genre…

    Notamment lorsque la jeune femme Syrienne, l’un des deux personnages centraux du film, évoque avec ses mots à elle, de tout son regard, de tout son visage, la situation des prisonniers dans son pays sous la dictature de Bachar…

     

    Cette dimension « emblématique » on va dire, de sensibilité, de « ressenti » qui est l’une des grandes caractéristiques de ce qui divise nos sociétés notamment européennes et d’Amérique du Nord, à propos des migrants – réfugiés de pays en guerre ou réfugiés « économiques » voire « climatiques » - s’articule principalement sur une réalité ne pouvant être occultée, niée, ou évacuée, à savoir le danger que représente l’infiltration dans les flux migratoires, de terroristes, de groupes mafieux… Ainsi que sur une autre réalité qui est celle liée à la répartition de l’aide sociale faite d’une part aux « précaires locaux » et d’autre part aux réfugiés « venus d’ailleurs »… (répartition perçue « injuste ou trop délibérément partisane et donc trop en faveur des migrants, par certains)…

    Mais il faut dire qu’en ce qui concerne la répartition des aides et des secours, souvent – et c’est heureux »- les précaires du coin s’associent aux réfugiés afin de collaborer ensemble en mettant en commun leurs savoirs faire en tel ou tel domaine, leur ingéniosité, leur énergie, volonté, créativité, etc. …

     

    Ce « risque » qu’il y a – effectivement- à accueillir des réfugiés, des gens « venus d’ailleurs », lié à l’infiltration dans les flux migratoires, de personnes « vraiment dangereuses » …

    Me fait penser à celui ou celle d’entre nous qui s’assoit sur un rebord de WC public de lieu très fréquenté : les fesses – donc la peau- entrant en contact avec le rebord sur lequel vient précédemment de s’asseoir une autre personne qui « peut-être » était porteuse d’un virus, d’un germe, d’une bactérie, sans le savoir (cela en effet peut arriver bien que le risque soit moindre ou quasi infime, que le risque par infiltration de personnes dangereuses dans un flux migratoire)…

    « Faudrait-il » donc en arriver à éviter d’utiliser des toilettes publiques ? Et alors « comment ferait-on hors de chez soi » ?

    Bien que l’on puisse « difficilement comparer » le risque qu’il y a, dans l’utilisation de toilettes publiques, d’« attraper une saloperie » ; et le risque qu’il y a dans l’accueil de migrants, de voir un jour un terroriste agresser au couteau quelqu’un dans la rue…

    Une réflexion s’impose – ou « devrait s’imposer » – à mon sens- lorsque l’on se rend dans un WC public : « oui, comment on fait alors ? On évite ? On « fait dans sa culotte » ?

    Et cette réflexion que l’on se fait sur l’utilisation d’un WC public, ne s’élargit-elle pas en quelque sorte, à la réflexion que l’on se fait sur l’accueil des migrants ?

     

     

     

  • Le pain rouge, de Marie-Paul Armand

    Marie-Paul Armand est une auteur écrivain romancière Française, de la région du Nord, qui, après des études universitaires à la faculté de Lille, enseigna les mathématiques à l’école publique durant dix ans, et s’engagea dans l’écriture…

    Elle est née le 14 août 1946 et décédée le 7 octobre 2011 ; a publié son 1er livre en 1985 « La poussière des corons », puis « le vent de la haine » en 1987, « les nouvelles du Nord » en 1998, « l’enfance perdue » en 1999, « un bouquet de dentelles » en 2001, « le cri du héron » en 2004…

    « Le pain rouge » est son 3ème roman, publié en 1989…

     

    Dans ce livre « Le pain rouge », Marie-Paul Armand fait le récit de ce qu’ont été dans les villages des campagnes du département du Nord, les années de la Révolution Française entre 1789 et après 1795…

     

    Il ressort de ce récit – à mon sens- que ces années de la Révolution Française, en 1789 au moment de l’établissement des « cahiers de doléances », puis avec l’Assemblée Constituante, suivie de la Convention et enfin du Directoire, avec les décrets dont il était fait lecture jusque dans les villages des provinces françaises, ont eu en général beaucoup plus d’impact (ont pesé davantage) dans les villes, que dans les campagnes ; en ce sens que, plus la population était nombreuse (comme à Paris et autour de Paris à l’époque) ainsi que dans les grandes villes et dans les villes moyennes – Dans le Nord Arras, Cambrai, Douai entre autres- et plus en conséquence les gens étaient « aux premières loges », impliqués et agissant… Alors que dans le fin fond des campagnes, dans les villages, il n’en était pas du tout de même, car les « nouvelles » n’arrivaient que quelques semaines plus tard, ne faisant état que de l’essentiel (et du plus marquant ou contraignant)… Et de ce fait, l’emprise des changements et des décisions survenant, de l’Assemblée Nationale, de la Convention, siégeant à Paris, était moins forte, moins prégnante que dans les grandes villes (à l’exception toutefois surtout en 1793 et en 1794, de la lutte menée par les révolutionnaires contre la religion, contre les traditions liées à la religion ; ce qui dans les campagnes était très mal ressenti…

     

    Ce qui est « frappant » aussi – et qui « à mon sens ne m’a guère étonné »- c’est cet engouement autant provoqué qu’entretenu, pour la « cause », d’une majorité assez large de la population française en général surtout des villes, des zones densifiées d’habitat… À tel point que durant la période de la Terreur entre octobre 1793 et début juillet 1794, les gens du commun venaient assister « comme au spectacle » aux exécutions et que, pratiquement au pied même de la guillotine, des marchands de boissons et de fanfreluches, s’installaient ; que les gens « comme un seul homme » criaient « à bas les aristocrates » et autres invectives et insultes à l’adresse des condamnés menés à l’échafaut… (Les femmes n’étant point loin s’en fallait les dernières à vociférer, à crier et insulter ; pourtant mères qu’elles étaient pour bon nombre d’entre elles!)…

    Il y avait d’ailleurs, organisé, prévu par les autorités en place chargées d’appliquer les décrets durant la Terreur, des gens qui étaient payés pour « crier insulter » …

     

    C’est fou ce que de tout temps, sous tous les régimes, il y eut, il y a, toujours (c’est une réalité), une majorité de gens « servant ou adhérant à une cause, à un ordre établi ; un courant d’opinion publique majoritaire – souvent entretenu par les tenants de l’Ordre… C’est « assez désespérant » de constater cela !

     

    « J’ai dans l’idée » que si j’avais vécu à cette époque là, adulte âgé de 30/40 ans entre 1789 et 1795, étant « ce que je suis aujourd’hui », et pour peu que j’eûsse pu diffuser autour de moi des « écrits iconoclastes et contestataires assez critiques de l’ état social et des différents régimes et ordres en place », j’aurais sans doute été « un anarchiste de tendance girondine » et assez certainement destiné à figurer sur une liste de suspects… Et guillotiné ! ( Et ce n’est point ma vindicte iconoclaste contre la Religion qui eût pu pour autant me sauver)…

     

     

     

  • Mutation accélérée du monde (suite)

    Dans les années vingt et trente du siècle dernier, le 20 ème, s’est également opérée une grande mutation, avec la venue et avec le début d’une généralisation dans la société Française, Européenne et d’Amérique du Nord mais aussi dans une moindre mesure dans les empires coloniaux Français et Anglais ; de l’électricité, de la transmission par les ondes (la radio), du télégraphe, du téléphone, de l’automobile, des appareils électro ménagers, du train et de l’aviation… Tout cela en fait, à l’exception toutefois de l’aviation, de la radio et des appareils électroménagers, dès les années 1890…

    Ainsi les personnes qui étaient nées autour des années 1850, qui furent âgées de 70 ans en 1920 et de 80 en 1930, dans leur enfance sous le Second Empire de Napoléon III, puis dans une grande partie de leur vie active jusqu’à environ 60 ans, n’auraient jamais imaginé qu’un jour l’on puisse se parler, l’un demeurant à Lille et l’autre demeurant à Perpignan ( et à plus forte raison l’un depuis New York ou de Melboure) ; et de même n’auraient imaginé non plus, que l’on puisse recevoir des informations et des nouvelles de ce qui se passe dans l’actualité du monde, grâce à un appareil posé tel un meuble à côté de la cheminée par exemple ; ni que l’on puisse se déplacer comme on l’avait toujours fait, dans une voiture n’étant plus tirée par des chevaux, et encore moins que l’on puisse se rendre en un lieu éloigné du monde dans les airs au lieu de sur les océans…

    Soit dit en passant, question rapidité de mutation technologique au 20 ème siècle, en ce qui concerne la généralisation de l’électricité déjà pour le seul éclairage, ce n’est qu’en 1950 qu’est arrivé l’éclairage électrique dans un village Vosgien Rehaupal situé entre Lépanges sur Vologne et Gérardmer… Et que, dans les villages des campagnes en France, jusqu’aux années 1940, l’on s’éclairait avec une lampe à suspension (pétrole) au dessus de la table…

    Les né(e)s autour de 1950 – donc un siècle plus tard que 1850 – dans l’enfance qui fut la leur, puis dans une partie de leur vie active (au travail), n’imaginaient pas qu’un jour l’on puisse se voir et se parler et s’envoyer des images, des séquences filmées, au moyen d’un petit appareil tenu dans la main, doté d’un écran…

    Et, tous ces bébés qui naissent en 2026, qui seront âgés de 74 ans en 2100, dans quel monde devenu vivront-ils la vie au quotidien qui sera la leur alors ?

     

     

  • La grammaire des visages et des regards

    Des torrents de lumière estivale, ces jours prochains de mai 2026, vont faire porter chapeaux, casquettes et lunettes de soleil…

    L’haleine frisquette des jours hivernaux de ce même mai 2026 il y a dix jours à peine, faisait porter bonnets, écharpes et doudounes matelassées…

    Mais par tous les temps et en tous lieux ; d’un visage rebelle au chapeau, à la casquette ou au bonnet, ainsi que d’un regard que n’occulte pas une paire de lunettes de soleil ; dans la dureté ou dans la beauté du monde, s’envolent aux alentours, tous ces mots écrits dans la langue et dans la grammaire de ce visage et de ce regard…

    Ça n’existe pas un dictionnaire qui traduit des mots de visage et de regard en mots de n’importe langue du monde…

    Mais les mots de visage et de regard ont néanmoins une grammaire…