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Paroles et Visages

  • Mon 1er trimestre en 6 ème A2 en 1959 au lycée Duveyrier à Blida, Algérie

    J’avais 11 ans et venais de l’école primaire d’Aurillac dans le Cantal où j’avais dû interrompre début juin l’année scolaire en classe de CM2.

    Je pris avec ma mère, le 12 juin 1959, l’avion – un « constellation » - à Marseille Marignane, pour rejoindre mon père en poste au central téléphonique de Blida… Nous atterrîmes donc ce 12 juin 1959 après une traversée de la Méditerranée – 800 km- à l’aéroport d’Alger Maison Blanche, 2h 15 de temps de traversée…

     

    Mon père n’ayant pas encore obtenu un appartement, nous logions à l’étage au dessus du central téléphonique, dans 3 pièces vides, dormant sur des matelas pneumatiques, avec valises et cartons autour de nous, et dans la cuisine un petit réchaud à alccol, une table pliante et 3 chaises…

     

    Durant ce mois de juin je suppliai mes parents de m’envoyer en colonie de vacances tant je m’ennuyais à mourir dans ce « logement » provisoire et chagriné que j’étais d’avoir quitté mes copains de l’école d’Aurillac…

    Donc le 27 juin je reprenais un avion, cette fois avec une trentaine d’enfants de 6 à 14 ans, direction Nice puis ensuite en train jusqu’à Fongaillarde dans les Basses Alpes où je passais 40 jours – jusqu’au 4 août – en colonie de vacances… Un séjour ayant été pour moi « aussi heureux que mémorable »…

     

    Le lundi 5 octobre 1959 je fis ma rentrée scolaire au lycée Duveyrier de Blida en classe de 6 ème A2 – avec latin à partir du second trimestre.

    Ce fut « un piètre premier trimestre » au vu de mes résultats dans les compositions, ayant « quelques lacunes » dans chacune des matières principales.

    En Français (rédaction) le sujet avait été « vous accompagnez votre mère au marché, racontez »… Vu la banalité du sujet et mon manque d’inspiration, j’obtins 6 sur 20 classé 26 ème sur 37.

     

    Mon professeur principal – Français, Latin, Histoire et Géographie – s’appelait monsieur Ramain, un « pathos » (un métropolitain originaire de Grenoble) qui « notait sec », d’ailleurs le 1er, de cette composition française du 1er trimestre avait obtenu 11 sur 20 et c’était un nommé Persohn)… Suivi de 2 avec 10, le 4ème avec 9.

     

    Ma « bête noire » c’était le prof de maths monsieur Canarelli, un corse, très arrogant, en costard vert pâle léger et « pompes de marque » … 5 sur 20, avec lui, à ma première « compo de maths »…

     

    7 et 32ème à la compo d’orthographe et explication de texte, 14 en géo mais 6 en histoire… (les Egyptiens – les Pharaons- puis les Grecs avec les mythologies, les oracles et les éphèbes, ça me barbait)…

     

    Je me souviens en particulier de la prof de musique, une dame avec une coiffure en chou-fleur, la cinquantaine, assez revêche mais qui « avait pour chouchou » un nommé El Kaïm, un « véritable prodige » et « sage comme une image », toujours premier en musique cet El Kaïm…

    Je ne savais pas faire la différence, à l’écoute, entre un Do et un La ou un Sol, aussi en composition de musique, avec dictée, j’obtins zéro …

    Et également zéro en dessin avec monsieur Plas qui, dans sa blouse blanche et tout fier qu’il était et sûr de la qualité de son enseignement – très « académique » - « se prenait pour Picasso »… Il m’avait qualifié sur le bulletin trimestriel « d’étranger à la classe » parce que je me livrais selon lui à des « griffouillages absurdes »…

     

    J’étais « demi-pancul » donc à midi j’allais au réfec’ où l’on était 10 par table. Un jour nous eûmes – c’était marqué sur le menu affiché - « lapin chasseur » ; ce jour là je me trouvais à mon tour, dernier servi et je récoltais, du « lapin », le « cheval » c’est à dire le thorax avec les côtes…

    À la sortie avec deux copains, nous passâmes par derrière les cuisines où se tenaient les poubelles, nous soulevâmes un couvercle et aperçûmes dans la poubelle des têtes de chat…

    Un autre jour ce fut « veau marengo » et une autre fois « poule Stanley » et encore « couscous à la panse de mouton »…

     

    Au premier jour des vacances de Noël – qui duraient à l’époque 10 jours – (j’habitais alors avec mes parents au Bâtiment R appartement 57, 9ème étage, cité Montpensier Blida ) … Au vu du bulletin trimestriel que le facteur venait de déposer dans la boîte aux lettres chez la concierge de l’immeuble, mon père « verdit littéralement de visage » ! « quel crétin ce gosse » !

    Aussi ces vacances furent-elles pour moi cette année là, « très loin d’être miraculeuses » !

     

    Et, depuis la « loggia » avec vue sur Blida, je portais mon regard sur les pentes raides de l’Atlas Tellien avec Chréa tout en haut de la crête, à 1800 mètres d’altitude… Et cette loggia étant contiguë à celle de l’appartement d’à côté où demeuraient les « Champion » une famille de quatre enfants plus la vieille grand-mère et un lapin « Titain » ; je fis la connaissance de Mireille – un an de moins que moi- qui fut jusqu’à notre départ en catastrophe d’Algérie le 21 mai 1962, ma « grande copine »…

     

     

  • En ces années-là, fin du 20 ème siècle

    Du temps où j’étais conseiller clientèle à la Poste de Bruyères dans les Vosges, du 2 octobre 1989 au 12 janvier 1999, en ces années là, j’avais pour les deux-tiers de mes « clients » se rendant dans mon bureau ou visités à domicile, des retraités dont les plus âgés avaient 90 ans et plus certains, et les plus « jeunes » on va dire, des « rassis » ayant tout juste cessé leur activité professionnelle…

     

    C’étaient ces « rassis » - « jeunes retraités »- qui « me donnaient le plus de fil à retordre » (rire)… Mon rapport avec les « très vieux » était en général meilleur – un peu comme si ces gens là auraient pu être mes grands voire arrière grands parents…

    J’avais aussi, cependant, pour un tiers environ, de jeunes personnes – en majorité femmes – et même des très jeunes… Et avec ceux-là en général le « courant de communication » s’établissait « assez facilement » …

     

    Les « rassis » quant à eux, étaient « bourrés de certitudes confortables et rassurantes, de genre souvent « assez individualiste », toujours pressés, impatients, parfois arrogants et « donneurs de leçons de morale »… Je les revois encore « tambouriner du bout des doigts » sur le comptoir des deux guichets où « officiaient mes petites fées Marie José et Françoise » (rire)…

     

    Ils avaient tous, ces « rassis » de « coquets livrets d’épargne » - livret A, voire B, Codevi… Pleins, et des placements financiers en majorité d’obligations et certains autres « peut-être plus avisés » d’actions avec dividendes annuels…

     

    Tout juste en face de la Poste – un grand bâtiment ancienne halle aux grains puis ancien lycée, reconverti en centre postal courrier et guichets ( inauguré et mis en service postal le 11 janvier 1982 et ayant nécéssité à l’époque pour sa rénovation complète plus de 700 000 Francs de travaux durant au moins deux ans) – de l’autre côté de la place Jean Jaurès, se tenait un coiffeur pour hommes ouvrant à 8h sans rendez-vous le mardi…

     

    Eh bien, tous les mardis matin dès 7h et demi, l’on pouvait voir « une brochette de cinq ou six retraités » dont certains n’avaient qu’une couronne de cheveux autour de leur tête, casquettés ou non, visages « plus ou moins ravagés mais encore portant beau » (rire), devisant sans doute « patates-salades-le monde qui va mal- la météo » et « faisant le pied de grue » en attendant que le coiffeur ouvre son salon à huit heures tapantes…

     

    En 2026, quelque plus de trente ans plus tard, tous ces « très vieux » de l’époque, ainsi d’ailleurs que les « rassis » sont morts… Et « reposent » au cimetière de Bruyères sous de « grands pieux de marbre »…

     

     

     

  • Croissance économique "durable" et PIB par an et par habitant

    Si la croissance – du marché et de la consommation- « durable » avec le PIB par habitant – de la France et des pays Européens- c’est :

     

    La possibilité pour un quidam lambda de revenu « moyen » d’acheter un smartphone du dernier modèle à 1300 euros – au lieu d’un smartphone « moins coté » mais ne coûtant que 250 euros…

    De partir une semaine ou quinze jours en croisière méditérranéenne…

    D’opter pour des équipements technologiques, électroménagers et d’appareils nouveaux, performants, pour un usage dans sa vie au quotidien…

    De s’habiller avec des vêtements de marque…

    De se rendre 2 ou 3 fois dans le mois dans un restaurant à 30/40 euro le menu…

    De dépenser pour des loisirs- séances de cinéma, pièces de théâtre, expositions, musées, spectacles festifs et culturels, achat de livres nouvellement sortis…

    De partir en vacances d’hiver à la neige stations alpines ou d’été à la mer en location ou en hôtel…

    De pouvoir s’alimenter avec des produits de qualité…

    De se faire poser des implants dentaires…

    De prendre des rendez-vous médicaux chez des spécialistes à dépassement d’honoraires…

    Et de dépenser pour d’autres choses, services, utilitaires ou « de confort » ou même du « superflu », nécéssitant pour tout cela, de disposer d’un budget suffisant…

     

    … Il n’y a pas pour autant, de quoi pavoiser, d’applaudir, de se réjouir outre mesure, de considérer « référent » ou « d’ordre consensuellement admis par beaucoup », d’être quand on le peut, un bénéficiaire privilégié de la croissance économique du marché de la consommation, d’être d’un PIB par habitant et par an, supérieur à 40 000 euros…

    Ou au contraire de s’indigner du fait que la France soit placée au 7 ème – ou 8 ème rang ? – en terme de PIB comparé aux autres pays de l’Union Européenne…

     

    Ce que « vaut » un pays, ce que « vaut » un peuple », ce que « valent » des gens… Dans l’Ordre référent du monde d’aujourd’hui, se mesure, s’évalue, se considère, se modélise, pour l’essentiel, sur le socle constitué par la croissance économique durable et par le PIB par habitant.

    Et c’est bien là – à mon sens – une aberration !

     

    Quelle est la place – sinon une place « en arrière-plan » et « ne faisant guère l’objet de considération » - de la relation humaine, de la « culture de la relation humaine » pour « préciser les choses », des liens d’amitié et de famille… Dans un « ordre référent du monde » qui privilégie et « essentialise » la croissance économique de marché, et le PIB par habitant qui exercent conjointement autant et toujours plus de pression sur les ressources de notre planète, alors même que se pose la question essentielle du maintien et de la survie de l’espèce humaine ?

     

     

     

  • Soirées "pyjama"

    Si l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes de moins de 15 ans fait débat, alors que ne stigmatisions pas, que n’interdisions pas, aux enfants de 8, 9, 10 ans, de se réunir entre eux, en pyjama, lors de soirées festives d’anniversaire ou autre ?

     

    Ces « soirées pyjama » très à la mode aujourd’hui, sont – dis-je- « ridicules, indécentes, et suspectes » dans la mesure où, vu l’âge des enfants, est présent un « animateur » (un homme en général bien que cela puisse aussi être une femme), lequel « animateur » peut avoir -à son insu où même « de par ses penchants » une « attirance pour les jeunes enfants…

     

    Haro donc, sur ces « soirées pyjama » qui « devraient être interdites », n’ont pas lieu d’être et sont d’un ridicule et d’une indécence caractérisés !

    Je ne vois pas du tout ce qu’il pourrait y avoir de « mignon » ou de « gentil » dans ces « soirées pyjama » ! … Où de surcroît peut être introduit dans l’orangeade ou le coca cola un « petit chouia de dope » ! Et où le « gentil et rigolo » animateur, lui-même sinon en pyjama du moins en tenue de clown avec boule rouge au nez, peut porter un « regard langoureux et concupiscent » à une petite fille ou à un petit garçon…

     

    Aussi – selon la mode, la « tradition » en cette première moitié de 21 ème siècle succédant à ce qui prévalait déjà dans les années 1990 – une fête d’anniversaire avec les copains – et les jeunes parents voire les grands-parents- « chez Mac-Donald’s »… C’est « nettement préférable » (et plus « sain » - si l’on excepte le côté « mal bouffe » de la restauration rapide MacDo) … (rire)…

     

  • "Dans mon Panthéon" ...

    Qui a pour configuration une grande salle générale et tout au fond la « crype sacrée », entrent dans la grande salle générale tous les grands auteurs, écrivains, romanciers, historiens, scientifiques, producteurs d’« œuvres majeures » ; tous les artistes, peintres, musiciens, sculpteurs, chanteurs, compositeurs – de grand talent ; tous les grands hommes et femmes d’état personnages politiques et autres « figures historiques et emblématiques » des inventeurs entre autres, qui ont de leur vivant contribué à « apporter quelque chose » - de novateur, d’heureux, de bénéfique, à la société des gens de leur époque… Quel qu’ait pu être de leur vivant leur comportement à l’égard de leurs proches, de leurs semblables, quoique l’on puisse leur reprocher qui a pu choquer, qui a pu faire débat, polémique…

     

    Cependant en ce qui concerne tous ces personnages figurant dans la grande salle générale, il en est quelques uns dont je porte le tombeau dans la « crypte sacrée », laquelle « crypte sacrée » est le lieu « à part » où l’on y trouve les personnages dont l’œuvre accomplie de leur vivant est « en adéquation » avec le meilleur ou le « bon côté » de leur personnalité, avec leur comportement à l’égard de leurs proches, de leurs semblables, quand bien même ces personnages-là, ont eu « un côté sombre » ou « critiquable » (ce « côté sombre qui il faut le dire est commun à tous les êtres humains, sans pour autant que ce « côté sombre » ait pu se faire le moteur d’agissements répréhensibles et condamnables)…

     

    Ainsi « place’je » dans la « cypte sacrée » (liste « non exhaustive » parce que tout simplement tous et toutes ne me viennent en tête à l’instant) :

    Albert Camus

    Emile Zola (que d’aucuns jugent « trop cru », « trop réaliste dans le pessimisme ») et qui de son temps « n’a point fait l’unanimité »

    Louise Michel (en dépit de ses fautes d’orthographe)

    Serge Gainsbourg ( je fais l’impasse sur le billet de 500 balles qu’il a brûlé à la télé)

    Jacques Brel

    Georges Brassens

    Léo Férré

    Louis Ferdinand Céline (personne ne comprend qu’un type comme moi, si « anti-antisémite hyper déclaré » et « anti France de Vichy » , puisse autant aimer Céline… Je leur dis « un peu fâché sur les bords » : « Céline a soigné gratuitement des juifs pauvres quand il était médecin à Clichy, Bezons, Sartouville dans les années vingt trente »…

     

    Je ne place pas Victor Hugo dans la « crypte sacrée, à cause de « feu ! » qu’il a ordonné le 23 juin 1848 contre les ouvriers manifestant à la fermeture des ateliers nationaux, alors qu’il était au Gouvernement de la Seconde République…

    Quant à Frédéric Mitterrand j’ai pas encadré qu’il ait exclu Céline… Et qu’il ait été un pédophile fortement soupçonné : dans la salle générale, je passe pas la poussière sur son tombeau et je retiens pas une « louffe intempestive fusant de mon trou de bale »

    Enfin pour Gabriel Matzneff – que j’ai lu – bon c’est vrai il « appréciait les ados filles et garçons – surtout filles » mais il a jamais touché aux non-pubères ! (il figure, lui, dans la salle générale, alors qu’André Gide est « dans la crypte sacrée » … Gide lui non plus n’a jamais touché aux non-pubères, amateur de jeunes hommes qu’il était)…

     

    Enfin «ultime remarque » de ma part (rire) :

     

    « Au Panthéon ça me fait penser à un beau pantalon qu’on te fout sur le cul » !